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Préface
Au cours de la dernière décennie, de nombreux acteurs se sont mobilisés pour
l’agroécologie à l’échelle nationale et internationale. Le ministère français en charge
de l’Agriculture lance le « projet agro-écologique pour la France » en 2012. Ce projet
mobilisateur pour toute l’agriculture française vise à produire autrement, en repensant
les systèmes de production agricoles, en les inscrivant dans des dynamiques collectives au travers notamment des Groupements d’intérêt économique et environnemental
(GIEE)
1 . Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) se saisit de la question de l’agroécologie et rend un avis en 2016. L’Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) organise en 2014 le 1
er Symposium international
sur l’agroécologie, pour la sécurité alimentaire et la nutrition, avec l’ambition de promouvoir les systèmes agro écologiques au niveau international. Elle a depuis organisé des rencontres par région du monde, dont les conclusions ont été partagées lors
d’un second colloque, en avril 2018, où elle a lancé l’« Initiative de passage à l’échelle
supérieure de l’agroécologie ». Dans le même temps, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et l’Institut national
de la recherche agronomique (Inra) ont mis en exergue leur convergence de vue dans
une note commune
2 . Celle-ci a stimulé la recherche nationale et internationale, mais
aussi une meilleure articulation entre les initiatives de la société et les dispositifs de
recherche des pays du Nord et du Sud.
Lancé en 2011, le chantier « agroécologie » de l’Inra impulse une nouvelle dynamique
de recherche. L’agroécologie est considérée comme une discipline scientifique à part
entière, à l’interface entre l’écologie et l’agronomie. Ce premier chantier permet d’amplifier une vision systémique et écologique des recherches sur les agroécosystèmes,
les considérant comme des écosystèmes gérés non plus aux seules fins de production
agricole, mais, plus largement, de fourniture de services écosystémiques : à des visées
de production de biomasse sont associés des objectifs de préservation des ressources
naturelles (eau, sol, biodiversité), de patrimoines culturels (paysage), d’atténuation du
changement climatique.
Cinq priorités de recherche sont alors dégagées : la connaissance et l’utilisation des interactions biologiques dans les agroécosystèmes ; l’agroécologie du paysage ; l’évaluation
multicritère des agroécosystèmes, intégrant la biodiversité et la fourniture de services
1. Voir https://agriculture.gouv.fr/pres-de-10-000-agriculteurs-engages-dans-les-groupements-dintereteconomique-et-environnemental-giee.
2. Soussana J.-F., Côte F., 2016. Agro-écologie : le positionnement des recherches de l’Inra et du Cirad,
8 p. Voir https://www.cirad.fr/content/download/11293/132717/version/3/file/Agro-ecologie-Inra-CIRADnote-longue.pdf.
Préface
Au cours de la dernière décennie, de nombreux acteurs se sont mobilisés pour
l’agroécologie à l’échelle nationale et internationale. Le ministère français en charge
de l’Agriculture lance le « projet agro-écologique pour la France » en 2012. Ce projet
mobilisateur pour toute l’agriculture française vise à produire autrement, en repensant
les systèmes de production agricoles, en les inscrivant dans des dynamiques collectives au travers notamment des Groupements d’intérêt économique et environnemental
(GIEE)
1 . Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) se saisit de la question de l’agroécologie et rend un avis en 2016. L’Organisation des Nations unies pour
l’alimentation et l’agriculture (FAO) organise en 2014 le 1
er Symposium international
sur l’agroécologie, pour la sécurité alimentaire et la nutrition, avec l’ambition de promouvoir les systèmes agro écologiques au niveau international. Elle a depuis organisé des rencontres par région du monde, dont les conclusions ont été partagées lors
d’un second colloque, en avril 2018, où elle a lancé l’« Initiative de passage à l’échelle
supérieure de l’agroécologie ». Dans le même temps, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et l’Institut national
de la recherche agronomique (Inra) ont mis en exergue leur convergence de vue dans
une note commune
2 . Celle-ci a stimulé la recherche nationale et internationale, mais
aussi une meilleure articulation entre les initiatives de la société et les dispositifs de
recherche des pays du Nord et du Sud.
Lancé en 2011, le chantier « agroécologie » de l’Inra impulse une nouvelle dynamique
de recherche. L’agroécologie est considérée comme une discipline scientifique à part
entière, à l’interface entre l’écologie et l’agronomie. Ce premier chantier permet d’amplifier une vision systémique et écologique des recherches sur les agroécosystèmes,
les considérant comme des écosystèmes gérés non plus aux seules fins de production
agricole, mais, plus largement, de fourniture de services écosystémiques : à des visées
de production de biomasse sont associés des objectifs de préservation des ressources
naturelles (eau, sol, biodiversité), de patrimoines culturels (paysage), d’atténuation du
changement climatique.
Cinq priorités de recherche sont alors dégagées : la connaissance et l’utilisation des interactions biologiques dans les agroécosystèmes ; l’agroécologie du paysage ; l’évaluation
multicritère des agroécosystèmes, intégrant la biodiversité et la fourniture de services
1. Voir https://agriculture.gouv.fr/pres-de-10-000-agriculteurs-engages-dans-les-groupements-dintereteconomique-et-environnemental-giee.
2. Soussana J.-F., Côte F., 2016. Agro-écologie : le positionnement des recherches de l’Inra et du Cirad,
8 p. Voir https://www.cirad.fr/content/download/11293/132717/version/3/file/Agro-ecologie-Inra-CIRADnote-longue.pdf.
