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VI.2. Apport de la télémétrie acoustique pour améliorer les connaissances des stratégies
comportementales du Crabe bleu en Méditerranée
Le milieu aquatique présente des caractéristiques qui rendent la surveillance et/ou
l’observation de la faune plus difficile qu’en milieu terrestre (e.g. difficulté d’accès, opacité de
l’eau aux ondes électromagnétiques). L’emploi de méthodes telles que, le pistage radio, GPS
ou encore balises Argos, se limite souvent au suivi des animaux vivant en surface. Néanmoins,
l’eau est propice à la propagation d’ondes sonores sur de longues distances. La télémétrie
acoustique tire partie de cette propriété en assurant la communication entre un animal, équipé
d’un émetteur, et un hydrophone, via un signal sonore de fréquence spécifique. Depuis les
années 1950, elle est d’ailleurs appliquée à l’observation de la faune aquatique (Wolcott &
Hines., 1990 ; Baras et al., 1991).
Quelques études, employant cette technologie, ont déjà été menées sur des crustacés (AyresPeres et al., 2011) et plus particulièrement sur Callinectes sapidus (Wolcott & Hines., 1990 ;
Hines et al., 1995 ; Clark et al., 1999). Les trois études ont été réalisées durant la période
estivale (de juin à août). En effet, cette période correspond au pic d’activité de l’espèce ainsi
que la période de ponte des femelles.
Afin de suivre les migrations et mouvements de C. sapidus, le système de télémétrie à ultrasons
semble être la méthode la plus adaptée (Wolcott & Hines., 1990 ; Hines et al., 1995 ; Clark et
al., 1999). Le système ultrasons peut utiliser un signal monocanal ou multicanal (Clark et al.,
1999). Le signal monocanal induira une seule donnée, permettant la localisation du spécimen,
alors qu’un signal multicanal permettra d’obtenir des données complémentaires en fonction
du type d’équipement. Clark et al. (1999) ont mesuré par exemple le temps de nutrition du
Crabe bleu par des électrodes placées sur ses mandibules, ou encore Wolcott & Hines (1990)
ont établi le moment précis de la mue à partir d’un système d’aimants.
Les émetteurs utilisés pèsent environ 5 g. une fois immergés (soit 15 g. émergés) ; ce qui
correspondait à 5% du poids d’un crabe (Hines et al., 1995). Les tests en laboratoire ont permis
de noter aucune différence de comportement notable entre des crabes équipés d’émetteurs
et ceux dépourvus d’émetteurs (Hines et al., 1995). Le temps de suivi pour ce genre
d’équipement allait de 17 jours (Wolcott & Hines, 1990) jusqu’à un maximum de 21 jours
(épuisement des batteries ; Hines et al., 1995 ; Clark et al., 1999). Concernant, les récepteurs,
des hydrophones directionnels sur un navire ont été utilisés (Hines et al., 1995) relié par
ordinateur. À noter que depuis les années 1995 d’énormes avancées ont été faites dans ce
secteur. En effet, il n’est plus nécessaire d’avoir un navire pour suivre en temps réel les
spécimens étudiés et le système a été automatisé (Fig. 16 ; Li et al., 2021).
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