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Teissier (1935) a été le premier à signaler que certains crustacés comme l'araignée de mer du
genre Maja ne muaient pas toute leur vie et qu'ils avaient donc une mue terminale. D’ailleurs,
chez Acanthonyx, une autre araignée de mer de petite taille, la glande de mue disparaitrait
après la mue terminale (Chaix et al., 1976). La mue terminale chez les crustacés a été décrite
chez diverses espèces par Carlisle (1957), en particulier chez les araignées de mer de la famille
des Majidés (Conan & Noël 1994). La situation est plus complexe chez de nombreuses autres
familles de crustacés et a fait l'objet de débats entre spécialistes (Chaix et al., 1976 ; Somerton,
1981). Chez les espèces ayant habituellement une mue terminale l'existence d'une mue après
la mue de puberté (théoriquement terminale) a pu être considérée comme une anomalie (Itô
& Kobayashi, 1967); pour certains auteurs il s'agirait d'une preuve de l'absence de mue
terminale (Hooper, 1986).
Chez les crabes, il existe deux principaux types physiologiques assez différents qui conduisent
à une mue terminale et qu'il convient de bien distinguer :
- chez les araignées de mer (Majidés entre autres) la mue conduisant à la première
reproduction (mue de puberté) est la dernière mue et constitue donc une mue terminale
(Hartnoll 1965) ;
« Maia squinado has been the subject of intensive biometrical study by Teissier
(1934-55), who has shown that it never moults again after the moult of puberty.
Sexual maturity is achieved at this moult; copulation takes place while the female is
still soft after the moult and is not possible thereafter. No further growth takes
place. The terminal anecdysis, therefore, is the anecdysis succeeding upon the
attainment of sexual maturity. It follows that female Maia can only breed once. The
earlier moults are separated by long intervals » (Carlisle, 1957).
- chez les crabes dits « nageurs » (Carcinidés, Portunidés) la puberté intervient de façon
précoce car on trouve des femelles ovigères de petite taille. Mâles et femelles continuent
à grandir, donc à muer, jusqu'à une taille limite beaucoup plus grande qui est atteinte lors
d'une mue qui serait terminale.
« In the Plymouth population almost all Carcinus over 70 mm carapace breadth and
all over 75 mm are in the terminal anecdysis. The largest of the males are regularly
86 mm in carapace breadth, never in my experience exceeding this figure by even 1
mm. The females are smaller than the males. (...) The moult of puberty takes place
in Carcinus at about 16mm carapace breadth (Cornubert, Demeusy & Veillet, 1952),
and the animal undergoes about ten more moults before entering on the terminal
anecdysis » (Carlisle, 1957).
Ce qu’il faut donc retenir de ces différents travaux et résultats, c’est que chez les
araignées de mer comme chez les crabes nageurs la mue terminale est une mue de
sénescence annonçant une mort proche après la reproduction.
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