Particularités de la zone littorale
La zone littorale marine est définie comme l'étroite aire (quelques
centaines de mètres de largeur) s'étendant le long des côtes, de part et
d'autre de la limite terre-eau. Le contact de la mer et de la terre constitue le vivier d'une multitude d'espèces animales. La zone de balancement des marées, encore appelée zone intertidale ou estran, est la plus
riche et la plus diversifiée, mais le flux et le reflux perpétuels de la mer
ont imposé des conditions variées et souvent difficiles pour les espèces
qui vivent dans des équilibres de vie fragiles qu'un rien peut bouleverser. Cette fragilité des milieux et des communautés animales est malheureusement trop souvent liée à des destructions et à des pollutions
de toutes sortes, alors qu'elle devrait nous faire prendre conscience de
l'urgence et de l'utilité à les conserver. L'homme est devenu l'unique
acteur du maintien ou de la disparition de ces équilibres.
Étagement vertical (voir tableau en 2e de couverture)
Le littoral est traditionnellement divisé en plusieurs étages, en fonction
des espèces d'algues qui s'y développent. Les mollusques sont répartis
dans ces différents étages et de nombreuses espèces ont une faible
amplitude écologique et auraient pu, à l'instar des ceintures d'algues,
être choisies pour caractériser l'étagement vertical du littoral :
• le supralittoral comprend la zone des hautes mers de vives eaux
de fort coefficient et la zone des embruns. Ce niveau est caractérisé par la présence de lichens (Lecanora,Xanthoria, Verrucaria). La
Littorine bleue (p. 56), la Littorine des rochers (p. 74) et le gastéropode pulmoné Ovatella myosotis sont caractéristiques de cette
zone. Le schorre occupe en grande partie cet étage ;
• le médiolittoral est la zone normale de balancement des marées, caractérisé par une alternance émersion-immersion et par
la présence d'algues brunes (Fucus et Pelvetia). Le Bigorneau
et la Bernique colonisent cet étage. La slikke (voir p. 7) occupe
cet étage ;
• l'infralittoral va de la zone des basses mers de vives eaux de fort
coefficient à une profondeur de 25 m ; il est fréquenté par les
laminaires et les algues rouges. Les Lacuna (p. 48 et p. 58), par
exemple, se rencontrent à cet étage ;
• le circalittoral fait suite à l'infralittoral. Il est représenté par des algues rouges sciaphiles et des algues encroûtantes. Il correspond
au plateau continental. La lumière y est très faible ;
• le bathyal puis l'abyssal font suite au circalittoral à partir de
200 m de profondeur. Ces zones se caractérisent par une faune
appauvrie du fait des conditions difficiles qui y régnent. Peu de
mollusques y vivent.
La distribution verticale des mollusques (et bien sûr des autres invertébrés) est directement liée à cet étagement des milieux de vie.
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