En Emanez même, une projection tendancielle des demandes en eau en
Artois-Picardie pour l'horizon 2000 [Livre blanc de 1’Agence de Bassin)
[5] laisse prévoir un indice d'exploitation régional de la ressource
supérieur à 100 %. De même, cet indice serait globalement de 150 % en
2000 dans le Bassin Seine-Normandie [Livre blanc, 1972) [6], ce qui ne
pourra être rendu possible que par une "remobilisation" accrue, mais
non sans problèmes locaux.
En E-ipagne, dans le cas des bassins côtiers méditerranéens cité plus
haut, le "déficit" (demande -"disponibilités" mobilisables) projeté en
2000 s'élèverait à 5 015 . 106 m3/an (au lieu de 1 760 en 1972) ; le rééquilibre serait assuré par transfert inter-bassins.
VanA an payé pavuticahi.ZKzmzYit aAi.dc et à PME zZzvE, où l'indice d’exploitation a déjà dépassé 100 %, une prospective pour 1985 estime à 15,7 %
la proportion des demandes en eau satisfaite explicitement par des eaux
usées retraitées (contre 5 %, par des eaux dessalées), soit en valeur
absolue à 310.106 m3/an au lieu de 50.106 m3/an en 1974 (SHELEF, 1977)
[7].
Le plan directeur national des eaux de la JoA.danZe., pour les horizons
1985 et 2000, prévoit la nécessité de la R.E.U. dans certains secteurs
tels que la région d'Akaba.
En zone ézmi-aAidz zt uA.baniv>^z d'kfrti.qu.z, un déficit global de 25 %
- estimé à 7,3.109 m3/an - est pronostiqué à l’horizon 2000, par rapport
au potentiel mobilisable. La réutilisation des eaux usées municipales
doit concourir largement à le combler.
En Libye, enfin, une prospective des demandes en eau à l'horizon 2000
les estime à 5,5 à 12.109 m3/an : huit à dix-sept fois la ressource naturelle renouvelable. Les ressources en eau de surface étant minimes et
pouvant satisfaire au mieux 1 % de ces demandes, l’exploitation des réserves d’eau souterraine sera intensifiée, portant l'indice d'exploitation de 210 % actuellement à 428 7, en 1984-1985, avec un prélèvement
global de 3.109 m3/an. En 2000, les approvisionnements en eau domestique
et industrielle (140 à 200.106 m3/an) pourraient être assurés pour 40 %
par la R.E.U. mais le déficit prévisible serait de 2,5 à 9.109 m3/an.
(PALLAS, 1980) [8]. A plus court terme, on a estimé (GAZZO, 1980) [9]
que la R.E.U. s’élèverait à 146.106 m3/an en 1985 - dont 110 en
Tripolitaine -, ce qui correspondrait à 13 % des approvisionnements en
eau totaux.
Toute aggravation prévisible de situation de pénurie induisant en général une croissance des offres en eau usée, le marché de la réutilisation
est nécessairement appelé à s'élargir, même si d’autres voies concourent
a satisfaire les demandes en eau (et surtout dans la mesure où les solutions concurrentes sont plus consommatrices d’énergie ...).
On peut, en particulier, prévoir que la R.E.U. sera le meilleur moyen
d’atténuer les conflits entre les demandes urbaines et les demandes
agricoles (en grande partie induites elles-mêmes par l'urbanisation)
en rendant ces demandes séquentielles plutôt que concurrentes.
Enfin, sur un plan plus géo-politique, la R.E.U. pourra constituer un
moyen de fortifier "l'autosuffisance" d'approvisionnement en eau dans
des pays tributaires de ressources primaires importées (par des fleuves
ou des nappes souterraines allogènes). Exemples : Tunisie, Syrie, Irak,
Jordanie.
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