Eléments du cycle
biogéochimique, spéciation
et biodisponibilité élémentaire —
approche théorique et analytique
Rodolphe Gilbin, Eric Ansoborlo, Arnaud Martin-Garin,
Sandrine Frelon, Christophe Moulin, Magali Floriani
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Introduction : la spéciation outil de base
dans de nombreux domaines
Les éléments traces, parmi lesquels les éléments radioactifs d’intérêt dans le
domaine nucléaire, peuvent être toxiques et/ou radiotoxiques pour de nombreux
organismes vivants. Certains comme le cobalt ou le sélénium, font partie des
éléments essentiels à la vie, mais deviennent toxiques à plus forte dose. Nombre
de ces effets toxiques dépend des formes particulières sous lesquelles ces
éléments sont présents dans les composantes liquide, solide et gazeuse d’un milieu
donné. La distribution des éléments sous ces différentes formes ou les espèces
chimiques, définit leur spéciation.
Ce mot est couramment utilisé en chimie et biologie et, selon le domaine, la
spéciation peut décrire des processus statiques (e.g. identification et quantification d’une espèce chimique contenant un élément donné) ou dynamique (e.g.
processus réactionnels, biologiques ou environnementaux, qui conduisent à la
transformation d’une espèce chimique en une autre). Déterminer la spéciation
d’un élément dans un milieu donné implique d’identifier, de caractériser et de
quantifier les différentes formes physico-chimiques de cet élément (Templeton
et al., 2000). Il s’agit donc de définir les formes chimiques (état d’oxydation,
charge, proportion et nature des formes complexées) et physiques (répartition
entre formes solubles, colloïdales ou particulaires et phases solides, nature des
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