Transfert aux micro-organismes
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vables, phylogénétiquement diverses ont été isolées de ces environnements. Elles
présentent des capacités accrues de résistance aux métaux et/ou aux radiations,
grâce notamment à des processus de réduction, d’oxydation, de biosorption à la
surface cellulaire, de précipitation, et d’accumulation (cf. partie 3 chapitre 21).
Ainsi la présence de fortes concentrations de sélénium dans divers environnements, tels que sols, sédiments, eaux, sources hydrothermales profondes, a favorisé le développement de populations bactériennes très résistantes à ce toxique. Il
n’est pas rare de trouver, pour certaines espèces isolées à partir de ces sites, des
concentrations minimales inhibant la croissance (MIC) supérieures à 200 mM de
sélénium, pouvant même aller jusqu’à 2 M (de Souza et al., 2001 ; Ghosh et al.,
2008). La biodiversité des populations cultivables, isolées à partir de ces sites et
capables de tolérer le sélénium et/ou de réduire les oxydes de sélénium (séléniate
et sélénite) a été étudiée. Les bactéries dominantes identifiées sont des y- Protéobactéries et des bactéries du genre Bacillus, mais aussi des ex et P- Protéobactéries, des Actinobactéries et des Firmicutes (de Souza et al., 2001 ; Siddique et al.,
2005 ; Ghosh et al., 2008).
Les champignons représentent une part importante de la biomasse des microorganismes des sols. Certaines espèces sont connues pour leur forte capacité à
bioaccumuler certains métaux et radionucléides. Par exemple, les études qui ont
suivi la catastrophe de Tchernobyl ont montré que le champignon Elaphomyces
granulatus ou truffe du cerf, est capable d’accumuler préférentiellement le 137Cs
et devient ainsi l’une des premières sources de radioactivité de la chaîne alimentaire dans les zones de retombées du nuage (contamination des sangliers). Récemment, Zhdanova et al. (2004) ont montré que Cladosporium cladosporioides et
Pénicillium roseopurpureum, des espèces saprophytes (capables de se nourrir
de matière organique en décomposition) isolées des sols de Tchernobyl, peuvent
coloniser et dégrader des particules très fortement radioactives.
©
Lavoisier —
La p h o to c o p ie non
a u to ris é e est un
d é lit
2.
Actions macroscopiques des micro-organismes
sur la spéciation des MR et mécanismes
moléculaires impliqués
Par leur action sur les composés organiques et inorganiques du sol, les microorganismes ont une influence directe ou indirecte sur la spéciation des métaux et
leur biodisponibilité. La diversité des populations présentes dans les sols explique
le faible nombre de résultats démontrant le bilan de leur action vis-à-vis des radionucléides in situ. En particulier, si la migration d’actinides sous forme de colloïdes
organiques a pu être mise en évidence à partir de sites contaminés (Roberts et
al., 2004), à notre connaissance, aucune étude n’a démontré à ce jour un transport de radionucléides associé directement à des bactéries. Par ailleurs, comme
nous le verrons dans ce chapitre, les micro-organismes peuvent avoir des effets
contrastés, réduction et oxydation des métaux, fixation par chélation ou précipitation ou remise en solution.
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vables, phylogénétiquement diverses ont été isolées de ces environnements. Elles
présentent des capacités accrues de résistance aux métaux et/ou aux radiations,
grâce notamment à des processus de réduction, d’oxydation, de biosorption à la
surface cellulaire, de précipitation, et d’accumulation (cf. partie 3 chapitre 21).
Ainsi la présence de fortes concentrations de sélénium dans divers environnements, tels que sols, sédiments, eaux, sources hydrothermales profondes, a favorisé le développement de populations bactériennes très résistantes à ce toxique. Il
n’est pas rare de trouver, pour certaines espèces isolées à partir de ces sites, des
concentrations minimales inhibant la croissance (MIC) supérieures à 200 mM de
sélénium, pouvant même aller jusqu’à 2 M (de Souza et al., 2001 ; Ghosh et al.,
2008). La biodiversité des populations cultivables, isolées à partir de ces sites et
capables de tolérer le sélénium et/ou de réduire les oxydes de sélénium (séléniate
et sélénite) a été étudiée. Les bactéries dominantes identifiées sont des y- Protéobactéries et des bactéries du genre Bacillus, mais aussi des ex et P- Protéobactéries, des Actinobactéries et des Firmicutes (de Souza et al., 2001 ; Siddique et al.,
2005 ; Ghosh et al., 2008).
Les champignons représentent une part importante de la biomasse des microorganismes des sols. Certaines espèces sont connues pour leur forte capacité à
bioaccumuler certains métaux et radionucléides. Par exemple, les études qui ont
suivi la catastrophe de Tchernobyl ont montré que le champignon Elaphomyces
granulatus ou truffe du cerf, est capable d’accumuler préférentiellement le 137Cs
et devient ainsi l’une des premières sources de radioactivité de la chaîne alimentaire dans les zones de retombées du nuage (contamination des sangliers). Récemment, Zhdanova et al. (2004) ont montré que Cladosporium cladosporioides et
Pénicillium roseopurpureum, des espèces saprophytes (capables de se nourrir
de matière organique en décomposition) isolées des sols de Tchernobyl, peuvent
coloniser et dégrader des particules très fortement radioactives.
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Lavoisier —
La p h o to c o p ie non
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2.
Actions macroscopiques des micro-organismes
sur la spéciation des MR et mécanismes
moléculaires impliqués
Par leur action sur les composés organiques et inorganiques du sol, les microorganismes ont une influence directe ou indirecte sur la spéciation des métaux et
leur biodisponibilité. La diversité des populations présentes dans les sols explique
le faible nombre de résultats démontrant le bilan de leur action vis-à-vis des radionucléides in situ. En particulier, si la migration d’actinides sous forme de colloïdes
organiques a pu être mise en évidence à partir de sites contaminés (Roberts et
al., 2004), à notre connaissance, aucune étude n’a démontré à ce jour un transport de radionucléides associé directement à des bactéries. Par ailleurs, comme
nous le verrons dans ce chapitre, les micro-organismes peuvent avoir des effets
contrastés, réduction et oxydation des métaux, fixation par chélation ou précipitation ou remise en solution.
