Classe Gastropoda
Cuvier 1795
(Gastéropodes)
(Du grec gastir, ventre, podi, pied). Animaux asymétriques pour la plupart, ayant
la structure typique des Mollusques (corps
divisé en 4 parties : tête, pied, sac viscéral
et manteau). Coquille généralement d’une
pièce, le plus souvent enroulée en spirale
ou patelliforme (en chapeau chinois), parfois aussi réduite; en règle générale possède une radula. Les Gastéropodes respirent par des branchies ou par une cavité
pulmonaire.
Les premières classifications des Gastéropodes furent établies d’après la forme de
la coquille. Plus tard, quand on apprit à
différencier et à reconnaître les éléments
de leur anatomie, ils furent classés selon
d’autres critères, notamment en se basant
sur l’emplacement des branchies (Prosobranchia - Opisthobranchia), la structure
du cœur (Monotocardia - Diotocardia),
du système nerveux (Streptoneura -
Euthyneura), de la radula, etc.
La classification des Gastéropodes qui
connut le plus grand succès fut celle de
1929-1931, soutenue par J. Thiele. Il intégra les anciennes classifications basées à
l’origine sur les organes, en tenant compte
de la radula et des systèmes nerveux et
respiratoire. Il créa 3 sous-classes : Prosobranchia, Opisthobranchia, Pulmonata
et les Prosobranchia furent divisés en
3 ordres : Archaeogastropoda, Mesogastropoda, Neogastropoda. Chacun représentait
un niveau d’évolution supérieur.
Par la suite, la classification de Thiele
fut acceptée, défendue, puis remodifiée
par presque tous les malacologistes, y
compris par les auteurs des grands traités
de systématique (Wenz 1940, Hyman
1967, Boss 1982). Mais les faiblesses du
système se faisaient de plus en plus sentir.
Le regroupement des Opisthobranchia et
des Pulmonata dans une seule catégorie,
les Euthyneura (Boettger 1954, Zilch
1959-1960, Taylor & Sohl 1962, SalviniPlawen 1990), ne fut généralement pas
accepté. Les études sur quelques petits
Gastéropodes énigmatiques révélèrent des
particularités anatomiques, qui ne pouvaient être écartées simplement en les
attribuant à la petite taille des animaux.
Les grands «fourre-tout» tels que la
super-famille des Rissooidés, où l’on avait
placé de nombreux petits Gastéropodes à
coquille simple, se retrouvèrent avec des
amoncellements d’espèces de plus en plus
hétérogènes. Même chez les Pyramidella,
longtemps classés dans les Mesogastropoda, on constata beaucoup plus de similitudes avec les Opisthobranchia. Le mala- •
cologiste japonais S. Kosuge (1966) étudia
les Triphoridae et trouva qu’ils ne correspondaient ni aux Prosobranchia, ni aux
Opisthobranchia. Il les plaça avec d’autres
familles différentes (Architectonicidae,
Mathildidae, Epitoniidae, Janthinidae)
dans un nouveau sous-ordre, les Heterogastropoda. La structure des niveaux de la
classification de Thiele fut elle aussi remise
en question quand W. F. Ponder (1973)
révisa les degrés de parenté des Neogastropoda et parvint à la conclusion que ce
groupe ne pouvait en aucun cas dériver
des Mesogastropoda très évolués. Pour les
Patellogastropoda (Diotocardia) jusqu’alors classés dans les Archaeogastropoda, il fallut créer une nouvelle sousclasse (Eogastropoda) en raison de leur
caractère primitif.
La classification actuelle repose sur la
phylogénie. Des taxa paraphylétiques
(basant l’origine sur d’autres systèmes de
référence), comme par exemple les catégories mises entre parenthèses, Prosobranchia, Heterostropha, Opisthobranchia et
Pulmonata, sont invalides, mais sont
encore utilisées par certains auteurs pour
des raisons pratiques. Entre-temps, la
majorité des anciens Archaeogastropoda a
34
Cuvier 1795
(Gastéropodes)
(Du grec gastir, ventre, podi, pied). Animaux asymétriques pour la plupart, ayant
la structure typique des Mollusques (corps
divisé en 4 parties : tête, pied, sac viscéral
et manteau). Coquille généralement d’une
pièce, le plus souvent enroulée en spirale
ou patelliforme (en chapeau chinois), parfois aussi réduite; en règle générale possède une radula. Les Gastéropodes respirent par des branchies ou par une cavité
pulmonaire.
Les premières classifications des Gastéropodes furent établies d’après la forme de
la coquille. Plus tard, quand on apprit à
différencier et à reconnaître les éléments
de leur anatomie, ils furent classés selon
d’autres critères, notamment en se basant
sur l’emplacement des branchies (Prosobranchia - Opisthobranchia), la structure
du cœur (Monotocardia - Diotocardia),
du système nerveux (Streptoneura -
Euthyneura), de la radula, etc.
La classification des Gastéropodes qui
connut le plus grand succès fut celle de
1929-1931, soutenue par J. Thiele. Il intégra les anciennes classifications basées à
l’origine sur les organes, en tenant compte
de la radula et des systèmes nerveux et
respiratoire. Il créa 3 sous-classes : Prosobranchia, Opisthobranchia, Pulmonata
et les Prosobranchia furent divisés en
3 ordres : Archaeogastropoda, Mesogastropoda, Neogastropoda. Chacun représentait
un niveau d’évolution supérieur.
Par la suite, la classification de Thiele
fut acceptée, défendue, puis remodifiée
par presque tous les malacologistes, y
compris par les auteurs des grands traités
de systématique (Wenz 1940, Hyman
1967, Boss 1982). Mais les faiblesses du
système se faisaient de plus en plus sentir.
Le regroupement des Opisthobranchia et
des Pulmonata dans une seule catégorie,
les Euthyneura (Boettger 1954, Zilch
1959-1960, Taylor & Sohl 1962, SalviniPlawen 1990), ne fut généralement pas
accepté. Les études sur quelques petits
Gastéropodes énigmatiques révélèrent des
particularités anatomiques, qui ne pouvaient être écartées simplement en les
attribuant à la petite taille des animaux.
Les grands «fourre-tout» tels que la
super-famille des Rissooidés, où l’on avait
placé de nombreux petits Gastéropodes à
coquille simple, se retrouvèrent avec des
amoncellements d’espèces de plus en plus
hétérogènes. Même chez les Pyramidella,
longtemps classés dans les Mesogastropoda, on constata beaucoup plus de similitudes avec les Opisthobranchia. Le mala- •
cologiste japonais S. Kosuge (1966) étudia
les Triphoridae et trouva qu’ils ne correspondaient ni aux Prosobranchia, ni aux
Opisthobranchia. Il les plaça avec d’autres
familles différentes (Architectonicidae,
Mathildidae, Epitoniidae, Janthinidae)
dans un nouveau sous-ordre, les Heterogastropoda. La structure des niveaux de la
classification de Thiele fut elle aussi remise
en question quand W. F. Ponder (1973)
révisa les degrés de parenté des Neogastropoda et parvint à la conclusion que ce
groupe ne pouvait en aucun cas dériver
des Mesogastropoda très évolués. Pour les
Patellogastropoda (Diotocardia) jusqu’alors classés dans les Archaeogastropoda, il fallut créer une nouvelle sousclasse (Eogastropoda) en raison de leur
caractère primitif.
La classification actuelle repose sur la
phylogénie. Des taxa paraphylétiques
(basant l’origine sur d’autres systèmes de
référence), comme par exemple les catégories mises entre parenthèses, Prosobranchia, Heterostropha, Opisthobranchia et
Pulmonata, sont invalides, mais sont
encore utilisées par certains auteurs pour
des raisons pratiques. Entre-temps, la
majorité des anciens Archaeogastropoda a
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