336
GÉOCHIMIE MARINE
les raisons de cet assèchement, on analyse la composition isotopique du strontium dans des
carbonates déposés juste avant la crise et des évaporites déposées durant cette époque. Juste
avant la crise, il y a 6 millions d’années le rapport 87Sr/86Sr des carbonates marins méditerranéens était indistinguable de la valeur moyenne de l’océan (0,70898). Durant la crise, le
rapport 87Sr/86Sr des évaporites varie entre de 0,70895 (évaporites les plus vieilles) et 0,70860
(évaporites les plus récentes). Autour de 6 millions d’années, le rapport 87Sr/86Sr de l’océan
(hors méditerranée) était de 0,70898 et le rapport 87Sr/86Sr moyen du strontium apporté en
Méditerranée par les fleuves était de 0,70800. Que pouvez-vous déduire de ces données sur les
changements hydrologiques qui ont produit la crise messinienne ?
▲ Exercice 4. Le néodyme traceur de la circulation thermohaline glaciaire (Rutberg et al.,
2000).
Différents proxies sont utilisés pour reconstituer la circulation thermohaline dans l’Atlantique
durant la dernière période glaciaire, mais ils donnent parfois des résultats contradictoires. Les
données de ô13C suggèrent un arrêt complet de la formation de NADW durant le dernier maximum glaciaire alors que le Pa-Th indique une réduction d’au plus 30 % du flux de la NADW.
Pour obtenir un proxy indépendant des précédents, on dissout sélectivement les oxydes de
manganèse dispersés dans les sédiments et on analyse la composition isotopique du Nd piégé
qu’ils libèrent. On reconstitue ainsi l’évolution de la composition isotopique des eaux profondes Atlantique au cours de la dernière période glaciaire (points sur la figure ci-dessous).
A quoi correspondent les variations de eNd observées ? Sont-elles en accord avec les données de
ô”C (ligne continue sur la figure ci-dessous) ?
A Exercice 5. Fertilisation et CO2 glaciaire (Bopp et al., 2003).
Des modèles numériques sophistiqués permettent d’estimer que durant le dernier maximum
glaciaire, la fertilisation en fer de l’océan par les poussières atmosphériques aurait fait passer la
pompe biologique globale de 1 océan de 11,7 gigatonnes de carbone par an à 12,4 gigatonnes
Précédent

- 343/379

Suivant