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GÉOCHIMIE MARINE
variables. Cependant on note, comme le prédisent les modèles, une intensification des floraisons dans les eaux froides et des floraisons moins intenses dans les eaux chaudes et stratifiées.
De plus, on observe des floraisons printanières de plus en plus précoces (comme sur les
continents). Il peut en découler des déséquilibres écologiques, puisque certaines espèces de
zooplancton n’arrivent pas à avancer leur pic de développement autant que le phytoplancton dont elles se nourrissent. Par exemple, en 30 ans, le copépode Calamus finmarchus a
avancé son pic de développement de 11 jours, alors que plusieurs espèces de phytoplancton
dont il se nourrit ont gagné 1 mois. On observe également une migration des écosystèmes
d’eaux tempérées et chaudes vers les hautes latitudes. Par exemple, Calanus trichoceros, qui
ne dépassait pas le sud de l’Angleterre dans les années 1960, se trouve maintenant au large
de l’Ecosse. En parallèle, les espèces d’eau froide ont régressé. Les variations d’assemblage
des copépodes ont un impact direct pour les poissons qui s’en nourrissent et donc sur la
pèche. Par exemple, malgré la surpêche, la morue a été en expansion en mer du Nord dans
les années 1980, car l’arrivée de copépodes de grande taille a permis un développement
important des jeunes morues.
On peut également craindre une conjonction du réchauffement climatique, de la
surpêche et des compétitions entre espèces. Par exemple, la surexploitation des sardines
dans l’upwelling du Bengela le long de la côte de la Namibie a conduit à un effondrement
de leur population, si bien que l’écosystème est maintenant dominé par les méduses dont les
formes juvéniles n’ont plus de prédateurs. D’autres facteurs peuvent favoriser les méduses.
L eutrophisation des zones côtières favorise le développement de bactéries photosynthétiques et d algues de petites tailles (consommées par les méduses) au détriment des diatomées (consommées plus volontiers par des poissons comme les sardines). De plus, l’eutrophisation des eaux de surface s’accompagne d’une baisse de la concentration en O, qui
pourrait être mieux tolérée par les méduses que par les poisons. Dans l’Atlantique Nord, les
périodes durant lesquelles les méduses sont abondantes sont associées à des eaux chaudes.
Les mécanismes sous-jacents restent à déterminer, mais cette variabilité naturelle pourrait
préfigurer les modifications associées au réchauffement de l’océan (Richardson et al., 2009).
Exercices d’approfondissement
à
Exercice 1. Isotopes du soufre et atmosphère archéenne (Ohmoto et al., 2006).
La présence, dans les échantillons de terrestres âgés de plus de 2,4 milliards d’années, de
fractionnements des isotopes du soufre indépendants de la masse a été interprétée comme la
preuve de 1 existence d une atmosphère dépourvue d’oxygène (voir section « l’apparition de
1 oxygène • de ce chapitre). Cependant, une étude récente montre que des séries de roches
sedimentaires de l’ouest de l’Australie âgées de 2,7 Ga et 2,9 Ga n’ont enregistré aucune trace
de fractionnements indépendants de la masse des isotopes du soufre. Comment pouvez-vous
interpréter ce résultat ?
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