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GÉOCHIMIE MARINE
toxique dont l’abondance a été multipliée par 5. La réduction des rejets de phosphate dans
les années 1990 ne semble pas l’affecter. Son développement est d’autant plus important
qu’elle n’est pas broutée par le zooplancton. De plus, la surexploitation des océans peut
conduire à des modifications significatives des écosystèmes. Le changement climatique peut
avoir des conséquences très variables sur la production biologique (Exercices d’approfondissement 6 et 7).
Vertes ou rouges des opportunistes indésirables...
En août 2009, un cheval est mort après s’être enlisé dans une zone de ce qui fut une grande et
belle plage bretonne. Son cavalier s’est évanoui avant d’être secouru par une tractopelle, qui...
justement, ramassait ces algues. Tous deux victimes d’intoxication à l’hydrogène sulfureux
(H,S, odeur de boule puante), issu de la décomposition des algues vertes. Ces algues - ou
marée verte - sont des ulves, dont le développement est opportuniste, c’est-à-dire qu’elles
profitent d’un déséquilibre du milieu naturel pour proliférer. En effet, en cinquante ans, la
concentration en nitrate des rivières bretonnes s’est multipliée par dix, fruit de l’agriculture
intensive (élevage animal, mais aussi remembrement des champs ôtant toute barrière aux eaux
de ruissellement). Or, les ulves adorent le nitrate. Dès le réchauffement printanier et le retour
du soleil, elles profitent de ces apports fluviaux et poussent en suspension dans les estuaires
et bord de mer, sont transportées par les courants et viennent mourir sur les plages où elles
forment d’immenses dépôts verts, qui se décomposent et deviennent putrides, avec l’odeur et
le danger des gaz toxiques associés.
Autre couleur... mais tout aussi peu désirables, les « marées rouges » sont de plus en plus
fréquentes sur les côtes du monde. Or elles sont, pour certaines, porteuses d’un poison paralysant : les toxines responsables de l’intoxication paralysante par les mollusques (PSP) sont si
puissantes qu une quantité de la valeur d’une tête d’épingle (environ 500 microgrammes), facilement présente dans une portion d’à peine 100 grammes de fruits de mer, peut être mortelle
pour 1 homme. En France, les services de l’Ifremer sont des sentinelles redoutables, en veillant
régulièrement sur la qualité des eaux filtrées par les crustacés.
On pense que c est dans la Bible qu’est apparue la première référence littéraire (1000 ans avant
Jésus-Christ) à des efflorescences d’algues nuisibles. «Toutes les eaux du Fleuve se changèrent
en sang. Les poissons du Fleuve crevèrent ; et le Fleuve s’empuantit, et les Égyptiens ne purent
plus boire 1 eau du Fleuve » (Exode 7, 20-21). C’est en 1793 qu’est consigné un des premiers
cas mortels d intoxication alimentaire après ingestion de mollusques et crustacés contaminés,
lorsque 1 explorateur anglais, le capitaine George Vancouver, et son équipage eurent touché
terre en Colombie-Britannique (Canada) dans une zone dénommée, depuis, Poison Cove.
Les efflorescences d algues nuisibles sont des phénomènes tout à fait naturels qui se sont
produits tout au long de l’histoire connue mais, ces vingt dernières années, il semble qu’elles
soient devenues plus fréquentes, plus intenses et plus répandues... Certains attribuent cela au
réchauffement climatique, d autres à la pollution qui induirait un déséquilibre dans les sels
nutritifs necessaires au développement d’un écosystème « non invasif ».
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