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GÉOCHIMIE MARINE
de calcium ou de petits crustacés comme les copépodes qui filtrent de gros volumes d’eau
pour collecter leur nourriture. Les brouteurs sont eux-mêmes mangés par des carnivores.
Enfin, à tous les stades de la chaîne alimentaire, des bactéries dégradent la matière organique
morte, jouant ainsi un rôle majeur dans son recyclage. La matière organique qui échappe au
recyclage dans les eaux superficielles n’est pas perdue pour autant. La grande majorité de
cette matière organique est reminéralisée au cours de sa chute dans la colonne d’eau ou dans
le sédiment (voir chapitre 9).
On classe également le plancton de façon opérationnelle en fonction de sa taille : le picoplancton (0,2-2 pm) est constitué de bactéries dont évidement Prochlorococcus, le nanoplancton (2-20 pm) comporte notamment les coccolitophoridés et certaines diatomées, alors que
d’autres diatomées et les foraminifères font partie du microplancton (20-200 pm).
À la soupe de plancton !
Alain Bombard, médecin et chercheur au Musée océanographique de Monaco, a dédié une
partie de son activité à améliorer la survie en mer suite aux naufrages. Sa théorie argue que
l’homme peut survivre de nombreux jours dans un canot de sauvetage en mangeant du plancton marin et des poissons crus pressés au préalable pour en extraire l’eau douce à boire, accompagnés de toutes petites quantités d’eau de mer, pour éviter un cocktail trop salé qui détruirait
les reins du naufragé déjà mal en point. Il s’est rendu célèbre en testant sa ±éorie sur lui-même.
Il quitte donc un jour de 1952 la principauté avec un volontaire anglais, Jack Palmer, à bord
d’un canot de sauvetage en caoutchouc L’Hérétique, doté d’une voile et de rares équipements
(sextant, filet à plancton et fil de pêche, cartes, livres...). ÀTanger, son coéquipier abandonne.
Bombard repart seul vers l’Atlantique. Bientôt, il se retrouve seul sur l’horizon, au bon vouloir
du vent et des courants. Les premiers jours, il se nourrit comme prévu : eau de mer et jus de
poissons. Mais la pluie met trois semaines à venir. Petit à petit, la peur de la mort, les diarrhées
et la perte de poids l’affaiblissent. Alors, il fait signe à un cargo, L’Arakaka, qui lui donne un
œuf, un ♦ très petit » morceau de foie de veau, une cuillerée de choux et deux ou trois fruits,
mais il refuse d’abandonner, car il donnerait alors raison à tous ses détracteurs. La mer se
déchaîne et 1 oblige à écoper sans arrêt et toujours avec les moyens du bord : sa chaussure
ou son chapeau. Les dernières semaines seront très dures, mais il finit par toucher terre à la
Barbade après 113 jours de mer. Il est dans un état de santé déplorable et doit être hospitalisé.
Aujourd hui après la publication d’un livre et envers les critiques, les dérivés de L’Hérétique sont
obligatoires sur les bateaux. Jusqu’à sa mort, Bombard reçut des lettres de naufragés qui ont
sunécu grâce à son expérience... et aux vitamines et protéines du plancton !
La vie sans photosynthèse
A la fin des années 1970, des oasis de vie peuplées de colonies de mollusques, de crabes et
d animaux tubiformes appelés • riftia » ont été découverts au niveau des sources hydrothermales
qui jalonnent les rides océaniques. La question des sources d’énergie et d’éléments nutritifs
de ces écosystèmes s est rapidement posée. En effet, à plusieurs kilomètres de profondeur,
GÉOCHIMIE MARINE
de calcium ou de petits crustacés comme les copépodes qui filtrent de gros volumes d’eau
pour collecter leur nourriture. Les brouteurs sont eux-mêmes mangés par des carnivores.
Enfin, à tous les stades de la chaîne alimentaire, des bactéries dégradent la matière organique
morte, jouant ainsi un rôle majeur dans son recyclage. La matière organique qui échappe au
recyclage dans les eaux superficielles n’est pas perdue pour autant. La grande majorité de
cette matière organique est reminéralisée au cours de sa chute dans la colonne d’eau ou dans
le sédiment (voir chapitre 9).
On classe également le plancton de façon opérationnelle en fonction de sa taille : le picoplancton (0,2-2 pm) est constitué de bactéries dont évidement Prochlorococcus, le nanoplancton (2-20 pm) comporte notamment les coccolitophoridés et certaines diatomées, alors que
d’autres diatomées et les foraminifères font partie du microplancton (20-200 pm).
À la soupe de plancton !
Alain Bombard, médecin et chercheur au Musée océanographique de Monaco, a dédié une
partie de son activité à améliorer la survie en mer suite aux naufrages. Sa théorie argue que
l’homme peut survivre de nombreux jours dans un canot de sauvetage en mangeant du plancton marin et des poissons crus pressés au préalable pour en extraire l’eau douce à boire, accompagnés de toutes petites quantités d’eau de mer, pour éviter un cocktail trop salé qui détruirait
les reins du naufragé déjà mal en point. Il s’est rendu célèbre en testant sa ±éorie sur lui-même.
Il quitte donc un jour de 1952 la principauté avec un volontaire anglais, Jack Palmer, à bord
d’un canot de sauvetage en caoutchouc L’Hérétique, doté d’une voile et de rares équipements
(sextant, filet à plancton et fil de pêche, cartes, livres...). ÀTanger, son coéquipier abandonne.
Bombard repart seul vers l’Atlantique. Bientôt, il se retrouve seul sur l’horizon, au bon vouloir
du vent et des courants. Les premiers jours, il se nourrit comme prévu : eau de mer et jus de
poissons. Mais la pluie met trois semaines à venir. Petit à petit, la peur de la mort, les diarrhées
et la perte de poids l’affaiblissent. Alors, il fait signe à un cargo, L’Arakaka, qui lui donne un
œuf, un ♦ très petit » morceau de foie de veau, une cuillerée de choux et deux ou trois fruits,
mais il refuse d’abandonner, car il donnerait alors raison à tous ses détracteurs. La mer se
déchaîne et 1 oblige à écoper sans arrêt et toujours avec les moyens du bord : sa chaussure
ou son chapeau. Les dernières semaines seront très dures, mais il finit par toucher terre à la
Barbade après 113 jours de mer. Il est dans un état de santé déplorable et doit être hospitalisé.
Aujourd hui après la publication d’un livre et envers les critiques, les dérivés de L’Hérétique sont
obligatoires sur les bateaux. Jusqu’à sa mort, Bombard reçut des lettres de naufragés qui ont
sunécu grâce à son expérience... et aux vitamines et protéines du plancton !
La vie sans photosynthèse
A la fin des années 1970, des oasis de vie peuplées de colonies de mollusques, de crabes et
d animaux tubiformes appelés • riftia » ont été découverts au niveau des sources hydrothermales
qui jalonnent les rides océaniques. La question des sources d’énergie et d’éléments nutritifs
de ces écosystèmes s est rapidement posée. En effet, à plusieurs kilomètres de profondeur,
