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GÉOCHIMIE MARINE
plus négatif au cours du transport. Il s’agit là du phénomène de distillation de Rayleigh
(voir section 3.11). Ainsi, on observe une corrélation inverse entre la latitude et le ô18O des
précipitations.
Une conséquence fondamentale de ce phénomène est l’existence, à l’échelle locale, d’une
corrélation entre le Ô18O (ou le ôD) des précipitations (pluie ou neige) et la température au
sol (Figure 3.7). En effet, l’air froid a une capacité beaucoup plus faible que l’air chaud à
contenir de la vapeur d’eau. En hiver, les précipitations sont donc issues de masses d’air
qui ont perdu beaucoup plus de vapeur d’eau (et donc de 18O) qu’en été. Les précipitations
hivernales ont donc un ô18O plus négatif que les précipitations d’été. Cette corrélation ô18O -
température constitue un véritable thermomètre isotopique qui enregistre la température des
zones polaires dans les glaces. Il sera utilisé au chapitre 11 pour l’étude du climat.
Le Ô18O de l’eau de mer varie beaucoup moins que celui des précipitations (Figure 3.5).
Dans les eaux de surface, l’évaporation augmente la salinité et le ô18O de l’eau de mer, alors
que les précipitations ont l’effet inverse. Le ô18O de l’eau est donc fortement corrélé avec la
salinité (Figure 3.8). Cependant, le ô18O des précipitations devenant plus négatif quand la
latitude augmente, la pente de la corrélation salinité-ô18O de l’eau de mer augmente avec la
latitude (on parle de « droite locale » des eaux météoritiques). En profondeur, le Ô18O est,
comme la salinité, un traceur conservatif des masses d’eau. Le ô18O se distingue de la salinité
par différents aspects :
- durant la formation de glace de mer, la salinité de l’eau de mer résiduelle augmente
fortement, alors que le ô18O est peu modifié (aglaceciu = 1,0029) et il reste plus ou moins
conservatif ;
Figure 3.7. Évolution du ô,eO dans la neige du Groenland et du ÔD
dans le neige de terre Adélie en fonction de la température.
Modifié d’après Jouzel et al., 1997.
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