. Les hammada sont des plateaux rocailleux, secs, pauvres en
végétation. Les points d'eau sont représentés par des flaques temporaires
succédant aux chutes de pluie. Ce milieu n'est donc pas favorable aux
vertébrés aquatiques.
. Les lits d'oueds sont souvent creusés dans les hammada et sont plus ou
moins encaissés. Ils présentent localement des points d'eau permanents
susceptibles d'héberger poissons et batraciens.
. Les montagnes, Adrar (tamachek) ou Djebel (arabe) sont de vastes
zones rocheuses souvent de nature cristalline (Hoggar, Air) ou gréseuse
(Tassili n'Ajjer, Adrar des Ifoghas) qui constituent des réservoirs
présentant souvent un écoulement permanent. Ainsi, les eaux collectées sur
l’Adrar Fadnoun sont lentement restituées après percolation dans les grès,
le long d'oueds comme l'oued Imhirou. Ce suintement permanent rend
possible la vie de batraciens et, dans certains cas, de poissons.
Origine des points d’eau sahariens
Les points d'eau libre que l'on rencontre au Sahara ont des origines
diverses. Il y a bien entendu des sources, là où une nappe imperméable
oblige l'eau à s'écouler en surface. Ailleurs, ce sont des Guettas (Ar.) ou
Aguelmames (Tarn.) constituées par l'accumulation d'eaux de pluie
(parfois complétée de résurgences) dans des vasques rocheuses (grès,
basaltes, granités) ou dans certains biefs d'oueds. Les Tilmas (Tarn.) ou
Redir (Ar.) sont des mares temporaires à fond argileux que l'on rencontre
en divers points du Hoggar, Tassili n'Ajjer ou Adrar des Ifoghas. Ces plans
d'eau, qui permettent le développement de populations de batraciens
(Bufo , Tonwpterna), ont pour point commun d'être peu oxygénés, et de
présenter une forte amplitude thermique quotidienne. Dans les oasis, les
collections d'eau sont la plupart du temps de nature temporaire : ce sont
les canaux d'irrigation (séguia), les bassins où s'accumule l'eau des sources
et foggara (Majen), et les drains ou khandeg. Les réseaux de drainage
constituent souvent un volume d'eau important (Zibans, Oued Rhir)
permettant le développement d'une riche faune de batraciens et de
poissons. Leurs eaux saumâtres (oued Rhir 14 g/1 Nacl) sont riches en
débris organiques en décomposition et abritent d'importantes populations
de cichlidés (oued Rhir).
Les sebkhas enfin sont des zones où la concentration du NaCl avoisine
souvent la saturation (Ouargla, Melghir) et qui ne permettent le
développement que d'espèces supportant ces fortes teneurs en sel :
Gambusia affinis , Sarotherodon galileus , Aphanius fasciatus.
Les sbâkh sont abondants en Algérie, Tunisie, au Tchad (Borkou) et en
Libye (Sebha).
Localisation des points d'eau sahariens
Les principaux points d'eau sahariens intéressants, connus pour leur
faune de vertébrés aquatiques, sont ici répertoriés en fonction de leur
répartition géographique, selon les bassins décrits précédemment.
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