AVANT-PROPOS
Le Sahara est le désert le plus étendu et le plus hostile de la planète.
De l'Atlantique à la Mer Rouge, de l'Atlas au Sahel, il couvre plus de
huit millions de kilomètres carrés, soit l/18ème des terres immergées . En
raison de ses dimensions et de son aridité, il constituait depuis le début
de la période historique un obstacle à la circulation des personnes et des
biens vers le centre du continent africain. Ce n'est qu'au dix-neuvième
siècle que cette tache blanche de la carte géographique s'ouvre
progressivement à la connaissance. L'expansionnisme européen, qui va
provoquer l'annexion de diverses parcelles de ce désert, aura pour
corollaire son exploration systématique.
Après que l'esquisse topographique et géographique de ces nouvelles
conquêtes (raisons stratégiques et économiques obligent) ait été posée,
l'inventaire du milieu naturel a été réalisé progressivement : le premier
programme d'étude systématique du milieu saharien, nous le devons à
Bonaparte, dans le cadre de la campagne d'Egypte... Il en résultera
l'important ouvrage "Description de l 'Egypte ", à la partie zoologique
duquel participa, entre autres, Geoffroy Saint Hilaire.
Par la suite, dans les différentes provinces sahariennes, des documents
patiemment collectés ont permis de se faire une idée plus précise de la
physionomie de la faune, de la flore et de l'histoire humaine de cet
immense désert qui paraît homogène et simple dans sa globalité, mais qui
se révèle complexe et disparate dans le détail. Ces documents
naturalistes ont été analysés, classés, répertoriés dans les principaux
musées européens. La publication de ces résultats est, de ce fait, disséminée dans une multitude de revues scientifiques spécialisées, sur une
période de près de deux siècles. Le cloisonnement politique du Sahara,
imposé durant la période coloniale et maintenu depuis, n'a pas facilité la
circulation de l'information et n'a pas contribué à donner une vue
d'ensemble des espèces animales et végétales peuplant le milieu
saharien. Toutes ces raisons rendent la consultation de ces documents
longue et laborieuse.
En arrivant, en 1972, en Algérie, lors de mes premiers contacts avec le
milieu saharien, j'ai été confronté à ce problème, classique pour tout
naturaliste, de trouver des ouvrages pour déterminer les animaux capturés
et les plantes récoltées. Dans le domaine de la botanique, dès la fin des
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