Sans les plantes, il n’y aurait (presque... j’y reviendrai) pas de
vie sur Terre ! Elles sont, pour la plupart, autotrophes. Cela veut
dire qu’elles sont capables de produire elles-mêmes de la matière
organique. L’immense majorité des végétaux utilise pour cela
l’énergie solaire dans un processus appelé photosynthèse. Ce qui
explique pourquoi, en mer comme sur Terre, on ne trouvera les
plantes que là où la luminosité est suffisante. En Méditerranée,
aux eaux relativement claires, cela se limite à environ 200 mètres
de profondeur. Les plantes autotrophes captent l’énergie solaire
à l’aide de pigments spécialisés, dont le mieux connu est la
chlorophylle. Cependant, certaines bactéries sont capables
d’autotrophie à l’aide de l’énergie tirée de la transformation de
substances anorganiques : la chimiosynthèse. Ce procédé est à
l’origine des étonnantes oasis sous-marines découvertes à
proximité des failles (« rifts ») dans les grandes profondeurs
océaniques. Finalement, il existe des plantes hétérotrophes,
pour la plupart des saprophytes qui décomposent les restes
d’organismes morts. Ce sont essentiellement des bactéries et
des champignons, organismes que l’on classait jadis dans le
règne végétal, mais considérés maintenant comme des règnes
à part. Pour ne pas alourdir inutilement ce guide, je les maintiens,
artificiellement, dans le chapitre des végétaux.
Le règne végétal en quelques mots
Il est impossible de rendre compte de façon détaillée de la systématique
botanique en quelques lignes. Il y a des organismes primitifs appelés
procaryotes, dont les cellules ne contiennent pas de véritable noyau avec
des chromosomes (ce qui est le cas des eucaryotes), mais juste une « pelote »
de matière héréditaire, l’ADN. Ce sont les bactéries et les cyanobactéries
(« algues bleues »). Parmi les plantes « inférieures » (car d'organisation
anatomique relativement simple, aux tissus non vascularisés) ou thallophytes,
on distingue les champignons hétérotrophes (dont il ne sera pas question
dans ce livre) et les algues autotrophes. Les lichens occupent une place
spéciale : ce sont des symbioses entre un champignon et une algue ! Les
plantes dites « supérieures » (car différenciées anatomiquement en feuilles,
tiges et racines) comportent les mousses, les fougères et les plantes à fleurs
(également appelées phanérogames ou spermatophytes). On n’abordera
que le dernier groupe.
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