Comme nous l’avons vu précédemment, trois facteurs physiques
du milieu marin jouent un rôle prépondérant dans la composition
des communautés benthiques : l’éclairement, l’hydrodynamisme
et la sédimentation. C’est pour ces raisons que la face supérieure
des pierres diffère de façon spectaculaire de leur face inférieure
et que les communautés du premier mètre sous la surface sont
si différentes de celles que l’on rencontre en profondeur. Les
rochers de la frange infralittorale, encore bien exposés à la
lumière solaire, sont couverts d’une végétation dense composée
d’algues appartenant principalement aux genres Cystoseira et
Dictyota. Dans le circalittoral, caractérisé par des conditions
déjà plus obscures, la flore se compose surtout d’algues rouges,
tandis que la faune est formée en grande partie de spongiaires,
de bryozoaires et de gorgones qui se nourrissent de plancton.
À un niveau encore plus profond, la faune sessile s’appauvrit
rapidement et la flore disparaît complètement. À partir de
300 mètres de profondeur, toutes les formes de vie sont devenues
relativement rares.
Thésée au labyrinthe
Celui qui pénètre dans une grotte sous-marine rencontre, comme s’il
descendait dans les abysses, un univers de plus en plus obscur et calme.
Cela entraîne des changements dans les communautés vivantes, mais, cette
fois-ci, sur des distances étonnamment courtes. A quelques dizaines de
mètres à peine de l’entrée de la grotte, règne déjà une obscurité complète
et l’eau est parfaitement immobile.
Parfois, ces grottes et ces failles se trouvent en surface, masque et tuba
suffiront pour y pénétrer. Mais si la caverne est complètement immergée,
le plongeur devra préparer soigneusement son incursion dans les ténèbres.
Ici, encore plus qu'ailleurs, la devise « Ne plongez jamais seul » est de rigueur.
Il est nécessaire de se munir de lampes puissantes et, éventuellement,
d'un détendeur de secours. Ce matériel doit être en parfait état de
fonctionnement. Lorsque l'entrée de la grotte sera si éloignée qu’on pourrait
la perdre de vue, il faudra imiter Ariane, dont le fil de laine évita à Thésée
de se perdre dans le labyrinthe. On attache ce fil d’Ariane (mieux vaut
prendre du nylon que de la laine I) à l’entrée de la grotte et on le déroule
au fur et à mesure que l’on y pénètre. Même si les lampes tombent en
panne, même si la visibilité est soudainement réduite par la vase qu'un coup
de palme malhabile risque toujours de soulever, on pourra retrouver la
sortie en toute sécurité. Il n’est d’ailleurs pas impossible de se perdre dans
une grotte, même dans d'excellentes conditions de visibilité...
Les
habitants des
ténèbres
G ro tte s
e t épaves
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