LE PREMIER MÈTRE
Non pas seulement parce qu’il est un
collectionneur invétéré. Si vous essayez
d'attraper l'animal, ses bras aux multiples
ventouses se saisiront de tous ces objets
hétéroclites pour en barricader l’entrée de
sa demeure.
Mais on avait décidé de ne pas
déranger la pieuvre. En revanche, on peut
essayer d'éveiller sa curiosité en agitant
la main ou une grande algue. Mieux : on
mémorise l’endroit de son repaire et on
revient le lendemain avec un petit crabe
ou un morceau de poisson. On dépose
ce cadeau juste devant elle, et on attend.
liOctopus semble réfléchir. Quand il est
persuadé que nous ne lui voulons pas de
mal, il sort lentement de sa cachette. Deux tentacules traînent derrière
lui, pour lui permettre de se retirer rapidement, si besoin était. Soudain,
un bras attrape la nourriture, et il retourne dans son antre pour la dévorer.
Si vous avez la patience de répéter la manœuvre pendant quelques jours,
vous vous ferez un ami, qui vous attendra au pas de sa porte. Le moment
est venu de le caresser ! Doucement ! Au début, il montrera une réaction
R
Une pieuvre
/□ctopus vulgarisé
dans son antre.
Le plus curieux
des deux, c’est vous
ou c’est elle ?
de peur : sa peau change rapidement de couleur et se hérisse de
nombreuses aspérités. Mais avec du tact et de la douceur, il se laissera
faire : vous l'installerez sur votre avant-bras et, de l'autre main, vous
le caresserez délicatement entre les yeux. Il adore ça, comme les chats.
Il ne manque que le ronronnement ! En revanche, si vous êtes trop brutal
dans votre approche, il se saisira de vous comme vous vous saisissez de
lui : avec force. Et il en a de la force dans ses huit tentacules ! C'est
effrayant, et vous le relâcherez. Il a eu autant peur que vous, et se servira
de son moteur à réaction (un jet d'eau expulsé avec force par son siphon)
pour s’enfuir, rapide comme l’éclair. Vous ne verrez plus que le nuage
d’encre qu'il aura laissé en manœuvre de diversion !
Des poissons qui marchent...
Il n'est pas facile de nager dans l’eau turbulente près de la surface. Essayez
donc un jour de vent, et vous imaginez ce que cela peut donner un jour de
tempête ! Impossible de se maintenir près du rocher, impossible d’y chercher
et d'y attraper la nourriture dans ces conditions. C’est pourquoi nombre de
poissons se sont adaptés à une vie benthique : ils n’ont plus de vessie natatoire
et préfèrent ramper. Leurs nageoires pectorales se sont transformées en
pattes pour marcher ou en ventouses pour se cramponner.
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