LES ASCIDIES
Microcosmus sabatieri
Violet, vioulé, biju, microcosme,
figue de mer (FR),
Sea-fig, sea-egg, microcosm (EN),
Mikrokosmus-Seescheide, EBbare
Seescheide (DE),
Uovo di mare, limone di mare (IT),
Provecho, patata de mar,
bunuelo de mar (ES),
0oûctkcx - phouska (EL),
Fuska, yenilebilir tünikat (TR),
Té’énatt yam (IV),
Tiinn el bahr (AR),
Microkosmos, begroeide
zakpijp (NE)
71
Les violets ne portent pas
pour rien leur nom de
« microcosme » : toute une
flore et une faune fixées
s’installent sur leur tunique
rigide, à tel point que l’œil
non entraîné ne remarquera
guère ces animaux.
Les siphons buccaux ornés
par huit bandes violacées sont
caractéristiques de cette
espèce comestible. À noter
également le fin anneau blanc
à l’intérieur du siphon.
Chordata, Tunicata, Ascidiacea, Stolidobranchia, Pyuridae. Hauteur
habituelle : 10 à 25 cm. La tunique de cet animal est rigide et rugueuse,
offrant un bon support à une multitude d'autres organismes qui s’y fixent :
algues, spongiaires, anthozoaires, autres ascidies... d’où le nom bien
mérité de microcosme : « petit monde ». Seuls les siphons, ornés de
huit bandes violettes caractéristiques, permettent de repérer facilement
l’animal... s’ils ne sont pas rétractés ! Le violet est un animal qui vit sur
les rochers, surtout les tombants, entre 5 et 200 m (principalement
entre 10 et 40 m) de profondeur. C’est une espèce endémique méditerranéenne, rare dans le bassin oriental. Les « violets de roche » sont
très appréciés comme fruits de mer (on ouvre la tunique et on consomme
les gonades jaunes entourant le sac intestinal), mais devant des rendements
de plus en plus faibles, les pêcheurs se sont rabattus sur d’autres espèces,
notamment le « violet de sable » (Ad. vulgaris), qu'ils draguent au large.
Les années 1980 ont vu un véritable saccage des populations. Alors que
vers 1970 on ramenait environ 7 tonnes de violets par an dans le golfe
de Marseille, cette quantité atteignit 35 tonnes annuelles vers 1982,
pour diminuer ensuite, faute de ressources : en 1986 on n'en ramena
plus que 3 tonnes ! Mais il y a également eu une mortalité massive à la
fin des années 1990, due au réchauffement des eaux, et affectant une
grande diversité d’invertébrés sessiles et filtreurs, parmi lesquels des
éponges, des gorgones et des ascidies. Dans les zones où l'on avait l'habitude de voir les microcosmes, entre 5 et 40 m le long des côtes catalanes, provençales et ligures, ceux-ci ont virtuellement disparu. Il existe
d’autres espèces très proches.
394
Précédent

- 396/530

Suivant