LA MÉDITERRANÉE
empêchent un échange facile des eaux atlantiques et méditerranéennes.
De ce fait, les marées n’ont qu’une amplitude de 20-60 cm en Méditerranée.
Le climat chaud et sec entraîne une forte évaporation et une salinité importante.
Lapport d’eau douce par les principaux fleuves (Nil, Danube, Po, Rhône et
Ebre) ne suffit pas à combler ces pertes, et il y a un influx permanent d’eau
atlantique. Sans ces apports, la Méditerranée se transformerait en lac salé
dépourvu de vie.
Une cascade géante
Cela lui est déjà arrivé une fois. Il y a environ six millions d'années, l’Afrique
et l'Espagne étaient reliées par une chaîne montagneuse. Le climat sec fit le
reste, et en un million d’années la Méditerranée fut presque entièrement
asséchée. Puis la chaîne se rompit à Gibraltar, créant la cascade la plus
gigantesque de tous les temps. Durant un siècle, et au rythme de 1,4 million
de mètres cubes d'eau de mer par seconde, la mer se remplit de nouveau
dans un bruit étourdissant, abaissant le niveau mondial des océans de 12 cm !
On trouve encore des traces de ce passé tumultueux. A 200 km à l’ouest
de la Crète, à 3 500 m de profondeur, se trouve un « lac » hypersalin,
profond de 60 mètres. A cause de sa forte densité, cette eau lourde ne se
mélange pas avec l’eau de mer au-dessus.
Un seuil peu profond entre la Tunisie et la Sicile divise la Méditerranée
en deux bassins. Le Bassin Occidental (avec la mer d'Alboran, la mer des
Baléares, la mer Ligure, la mer Tyrrhénienne) subit l’influence atlantique. La
température de l’eau de surface varie entre 12 °C en hiver et 23 °C en été,
alors que la salinité y est de 36 %o (pour mille), c’est-à-dire que 36 grammes
de sel sont dissous dans chaque litre d’eau de mer. Dans le Bassin oriental
(avec la mer Adriatique, la mer Ionienne et la mer Égée) l’influence des
océans se fait moins sentir. Les températures y sont plus élevées ( 16 °C en
hiver, 25-29 °C en été) et la salinité peut atteindre les 39 %o.
Du vent
Nombreux sont ceux qui pensent que la Méditerranée n’est qu’un grand
lac. Pourtant sa surface bleue et sereine est souvent tourmentée par des
vents d une extrême violence venant des montagnes entourant cette mer.
Redoutés par les marins de I Antiquité comme des pêcheurs modernes, ces
vents portent souvent des noms locaux : le meltémi en Grèce, le bora en
Yougoslavie, le mistral et la tramontane en Italie, en France et en Espagne.
Et il y a bien d autres appellations encore.
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