La fraction fine contenant les silts et les argiles représentait dans ce cas 10 à 20 % de la boue
initiale. La teneur en PCB de la fraction sableuse est divisée par six, après cyclonage.
Dans ces trois exemples, le traitement par hydrocyclone est suffisant pour obtenir une fraction
sableuse propre. Cependant, il est parfois nécessaire de poursuivre le traitement par d'autres
procédés. L'hydrocyclone intervient alors comme prétraitement. Une usine spécialisée dans la
décontamination des sols à Anvers fonctionne selon ce principe. Alors que les fines séparées par
hydrocyclone sont déshydratées, la décontamination de la fraction grossière est affinée par
d'autres techniques de tri (spirale, flottation...). De même, des essais d'optimisation menés au
port de Hambourg ont permis de montrer l'intérêt dans certains cas de poursuivre ce traitement
par une élutriation (lavage du sable à contre courant) (KALCK et WERTHER, 1990).
II.2.1.2 L’attrition
Principe :
L’attrition n'est pas un outil de décontamination à proprement parler. Elle est utilisée en
prétraitement, pour conditionner les matériaux à traiter. Ainsi, lorsque la distribution
granulochimique des polluants n'est pas exclusivement sur la fraction fine, cela peut être dû à un
enrobage des grosses particules minérales par des fines polluées. C'est souvent le cas des
matériaux argileux, et par conséquent des sédiments. Des analyses particulières peuvent mettre
en évidence ce type de phénomène. Dans ce cas, la séparation par cyclonage ne peut pas
conduire à des résultats satisfaisants. Il est alors nécessaire d'insérer en amont du circuit de
traitement une étape supplémentaire de nettoyage des surfaces. Le principe de l’attrition consiste
à engendrer des forces de frottement entre les grains au moyen d'une agitation vigoureuse Pour
cela, il existe des cellules d'attrition qui sont équipées de pales inversées favorisant les contacts.
Une attrition efficace de sols contaminés conduit à la désagrégation des substances organiques
nocives d'une part, et au nettoyage des surfaces minérales sans concassage excessif des
composants minéraux cristallins d'autre part.
Exemples d'application :
Des essais ont été réalisés à Francfort sur un sol argileux pollué par des hydrocarbures
polycycliques aromatiques (HAP), des composés cyanurés et des métaux lourds (HANKEL et
al., 1992). La plupart des fines libérées par l’attrition s'est localisée dans la fraction inférieure à
63 pm. Ceci s'accompagne d'une nouvelle distribution des polluants. Les fractions les plus
grossières (> 1 mm), qui présentaient initialement les teneurs les plus élevées, sont nettoyées
efficacement par ce traitement et on note un décalage des fortes teneurs vers les fractions les
plus fines. Les traitements classiques de séparation granulométrique peuvent alors être
appliqués. Actuellement, ce procédé est couramment employé dans les unités de lavage de sols
ou de sédiments existant au Canada (MORTAZAVI et al., 1992), aux Pays-Bas (ENNIS et al.,
1992) ou en Angleterre (PEARL et al., 1994).
Le nettoyage des particules minérales plus grossières est effectué généralement à l'aide d'un
trommel. Cet appareil est constitué d'un cylindre rotatif qui entraîne des mouvements de chute
de particules les unes sur les autres. Un rinçage à l'eau et un criblage des éléments grossiers
permet d'effectuer une première séparation. Cependant, son usage est réservé davantage au
traitement des sols, car les granulométries des sédiments ne sont pas adaptées à ce type d'outil
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