CHAPITRE II :
PROCEDES DE TRAITEMENT DES SEDIMENTS
11.1 Généralités
Les premiers programmes de recherche sur les sédiments toxiques sont apparus à la fin des
années quatre-vingt aux Etats-Unis, au Canada, aux Pays-Bas et en Allemagne. Ces
programmes sont assez proches de ceux concernant les sols contaminés. Les analogies entre
ces deux matériaux sont importantes, avec cependant, des particularités propres à chacun
d'eux. La problématique sur les sédiments est dans l'ensemble plus complexe. Plusieurs facteurs
en sont à l'origine :
- D'une part, pour de nombreux sols contaminés, on est en mesure de déterminer
l'origine de la pollution (ancienne activité industrielle, déversement accidentel...). La nature de
la pollution est alors connue et les responsabilités plus facilement établies. Dans le cas des
sédiments, la pollution provient la plupart du temps de rejets d'origines variées (industriels,
urbains ou agricoles) qui sont mélangés entre eux et véhiculés par l'eau et les matières en
suspension. Tous ces phénomènes qui favorisent la dispersion et la transformation chimique
des polluants rendent la caractérisation nettement plus difficile. Or, face aux innombrables
polluants qui existent (notamment organiques), il est difficile de mener une caractérisation
complète, compte tenu du nombre d'analyses à effectuer. En outre, pour caractériser les
pollutions métalliques, une analyse globale n'est pas suffisante. La recherche des formes
chimiques porteuses de métaux est indispensable.
- D'autre part, les caractéristiques physiques des produits sont assez différentes et
influent considérablement sur les bilans des procédés de traitement. Dans les deux cas, les
polluants sont très souvent liés aux particules fines et une simple séparation granulométrique
peut suffire à les récupérer. Pour un sol (distributions granulométriques étalées), la proportion
de matériau grenu (dépollué) et potentiellement valorisable est nettement plus importante que
pour un sédiment, constitués souvent d'une forte proportion de particules fines (argiles,
colloïdes,...).
Au-delà de leurs spécificités, on constate que l'éventail des techniques de traitement de ces
deux produits est en grande partie commun. Un inventaire de ces techniques est présenté au
cours de ce chapitre. Utilisées seules ou en combinaison, ces techniques peuvent être classer en
trois familles :
- Procédés de traitement par concentration des polluants Les polluants sont isolés
de la matrice sédimentaire et le sédiment est décontaminé en tout ou en partie,
- Procédés de traitement par dégradation des polluants. Ces procédés ne sont
applicables qu'à certaines contaminations organiques. Les polluants sont détruits par voie
chimique (oxydation) ou biologique (biodégradation).
- Procédés de traitement par neutralisation des polluants Le matériau contaminé
est alors soit stabilisé (mélange avec de liants hydrauliques, vitrification, ...), soit détruit
(incinération),
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