DARMENDRAIL (1987) rappelle les processus majeurs d'accumulation des polluants dans les
sédiments : adsorption sur les solides fins, précipitation de composés métalliques,
coprécipitation de métaux sur des oxydes de fer et de manganèse, complexation avec des
composés organiques, diffusion dans des réseaux cristallins tels que les carbonates. Par ailleurs,
les remobilisations peuvent être dues à la réversibilité des processus de rétention ou à la
remobilisation du support solide. Il s'agit donc de pouvoir identifier les métaux retenus sur les
différents solides, afin d'estimer les conséquences d'une remobilisation due aux variations des
conditions physico-chimiques du milieu. BOGUSZ (1992) décrit trois méthodes pour évaluer
la toxicité des sédiments (analyses chimiques (1), étude des bioindicateurs, c'est-à-dire des
organismes vivants dans le milieu considéré (2), étude en laboratoire de 1 effet de ces matériaux
sur des espèces animales ou végétales provenant de milieu non contaminé (3)). L'ensemble de
ces méthodes peut permettre de mieux appréhender les risques encourus. D'une manière
générale, on distingue classiquement deux familles de polluants :
- les métaux, qui entrent dans la constitution des roches, sont tout naturellement
présents dans les sols et les sédiments. Ainsi, les explorations géochimiques consistent d'abord
à étudier les éléments d'un bassin versant, pour rechercher d'éventuelles anomalies, signalant la
présence de minerais métallifères par exemple. En dehors de ce contexte naturel, la présence de
métaux sous de fortes concentrations est liée généralement à des rejets provenant de l'activité
humaine (FOX et al., 1993). Or, depuis le début de l'ère industrielle, des changements
importants ont eu lieu dans le bilan global de la répartition des métaux à la surface de la terre.
Les teneurs de certains d'entre eux ont été multipliées par des coefficients allant de 100 à 1000,
entraînant des préjudices graves pour l'environnement.
Ils peuvent changer de forme et devenir de ce fait plus ou moins mobiles. De plus, leur durée
de vie est infinie. Les plus dangereux sont le mercure et le cadmium qui ne possèdent aucune
activité biologique favorable. Ils bloquent l'activité enzymatique indispensable au métabolisme
(oxygénation, digestion, reproduction...). Viennent ensuite le plomb, le cuivre, le nickel, le
chrome ou encore le zinc dont l'accumulation dans les organes cibles (foie, reins...) peut
entraîner la mort (BOGUSZ, 1992).
Deux facteurs accentuent la gravité des polluants métalliques. D'une part, ils ne sont pas
biodégradables, par opposition à la plupart des composés organiques. D'autre part, ils
s'accumulent dans l'environnement et en particulier dans les sédiments en s'associant avec les
matières organiques et inorganiques par le jeu des phénomènes d'adsorption, de complexation
et de combinaisons chimiques. Cependant, les sédiments ne constituent pas un simple réservoir
de micropolluants. Ils doivent être considérés comme de véritables réacteurs biochimiques
capables d'adsorber les polluants, de les transformer, de modifier leur biodisponibilité, de les
métaboliser ou encore de les recycler ou de les transférer vers la colonne d'eau surnageante,
vers le sol ou les nappes profondes (CABRIDENC, 1991 dans PRYGIEL, 1992). /
- les molécules organiques toxiques (composées de carbone, d'hydrogène, d'oxygène,
d azote...) sont pour la plupart des produits fabriqués par l'homme. Il en existe des dizaines de
milliers, dont 60 000 sont couramment utilisés. Par exemple, les composés organiques chlorés
n existent pas naturellement et les organismes vivants ne sont pas adaptés pour les éliminer.
Leur durée de vie est de ce fait importante. Les solvants chlorés s'attaquent à la membrane des
fibres nerveuses, alors que certains pesticides provoquent des influx nerveux anormaux.
S ajoutent à cette liste, les hydrocarbures monocycliques (benzène, toluène...) et polycycliques
(naphtalène, pyrène ...), les phénols ou encore les polychlorures biphényls.
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sédiments : adsorption sur les solides fins, précipitation de composés métalliques,
coprécipitation de métaux sur des oxydes de fer et de manganèse, complexation avec des
composés organiques, diffusion dans des réseaux cristallins tels que les carbonates. Par ailleurs,
les remobilisations peuvent être dues à la réversibilité des processus de rétention ou à la
remobilisation du support solide. Il s'agit donc de pouvoir identifier les métaux retenus sur les
différents solides, afin d'estimer les conséquences d'une remobilisation due aux variations des
conditions physico-chimiques du milieu. BOGUSZ (1992) décrit trois méthodes pour évaluer
la toxicité des sédiments (analyses chimiques (1), étude des bioindicateurs, c'est-à-dire des
organismes vivants dans le milieu considéré (2), étude en laboratoire de 1 effet de ces matériaux
sur des espèces animales ou végétales provenant de milieu non contaminé (3)). L'ensemble de
ces méthodes peut permettre de mieux appréhender les risques encourus. D'une manière
générale, on distingue classiquement deux familles de polluants :
- les métaux, qui entrent dans la constitution des roches, sont tout naturellement
présents dans les sols et les sédiments. Ainsi, les explorations géochimiques consistent d'abord
à étudier les éléments d'un bassin versant, pour rechercher d'éventuelles anomalies, signalant la
présence de minerais métallifères par exemple. En dehors de ce contexte naturel, la présence de
métaux sous de fortes concentrations est liée généralement à des rejets provenant de l'activité
humaine (FOX et al., 1993). Or, depuis le début de l'ère industrielle, des changements
importants ont eu lieu dans le bilan global de la répartition des métaux à la surface de la terre.
Les teneurs de certains d'entre eux ont été multipliées par des coefficients allant de 100 à 1000,
entraînant des préjudices graves pour l'environnement.
Ils peuvent changer de forme et devenir de ce fait plus ou moins mobiles. De plus, leur durée
de vie est infinie. Les plus dangereux sont le mercure et le cadmium qui ne possèdent aucune
activité biologique favorable. Ils bloquent l'activité enzymatique indispensable au métabolisme
(oxygénation, digestion, reproduction...). Viennent ensuite le plomb, le cuivre, le nickel, le
chrome ou encore le zinc dont l'accumulation dans les organes cibles (foie, reins...) peut
entraîner la mort (BOGUSZ, 1992).
Deux facteurs accentuent la gravité des polluants métalliques. D'une part, ils ne sont pas
biodégradables, par opposition à la plupart des composés organiques. D'autre part, ils
s'accumulent dans l'environnement et en particulier dans les sédiments en s'associant avec les
matières organiques et inorganiques par le jeu des phénomènes d'adsorption, de complexation
et de combinaisons chimiques. Cependant, les sédiments ne constituent pas un simple réservoir
de micropolluants. Ils doivent être considérés comme de véritables réacteurs biochimiques
capables d'adsorber les polluants, de les transformer, de modifier leur biodisponibilité, de les
métaboliser ou encore de les recycler ou de les transférer vers la colonne d'eau surnageante,
vers le sol ou les nappes profondes (CABRIDENC, 1991 dans PRYGIEL, 1992). /
- les molécules organiques toxiques (composées de carbone, d'hydrogène, d'oxygène,
d azote...) sont pour la plupart des produits fabriqués par l'homme. Il en existe des dizaines de
milliers, dont 60 000 sont couramment utilisés. Par exemple, les composés organiques chlorés
n existent pas naturellement et les organismes vivants ne sont pas adaptés pour les éliminer.
Leur durée de vie est de ce fait importante. Les solvants chlorés s'attaquent à la membrane des
fibres nerveuses, alors que certains pesticides provoquent des influx nerveux anormaux.
S ajoutent à cette liste, les hydrocarbures monocycliques (benzène, toluène...) et polycycliques
(naphtalène, pyrène ...), les phénols ou encore les polychlorures biphényls.
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