IV.4.5 Bilan des essais de décontamination
Les résultats des différentes techniques de traitement de ces quatre sédiments apportent de
nombreuses informations sur les performances des procédés de décontamination. Ces dernières
sont fortement dépendantes de la nature des polluants, ce qui rend indispensable la
caractérisation préliminaire des matériaux. Pour trois des quatre sédiments, le choix des
procédés retenus à l'issue de la caractérisation a été confirmé. Cette étape préliminaire s avère
donc incontournable. Pour le sédiment P2, la caractérisation n'a pas permis de choisir le
meilleur procédé. Pour interpréter les résultats obtenus, une synthèse est proposée. On
constate donc que :
- pour tous les sédiments, les résultats des séparations granulométriques par
hydrocyclone, sont en accord avec ceux obtenus par granulochimie.
- pour les deux sédiments de canaux, la caractérisation minérale, qui montrait la
présence d'argile sur toutes les fractions granulométriques, est confirmée par l'attrition. Ce
procédé permet par ailleurs d'estimer l'importance de l'enrobage des particules grenues par des
fines contaminées, sur la distribution granulochimique des polluants.
- les séparations magnétiques effectuées sur le sédiment P2 permettent de montrer que
près de 20 % du mercure est présent sur la fraction magnétique. Dans ce cas, le résultat du
traitement permet de compléter celui de la caractérisation, qui n'a pas permis cette évaluation.
- la séparation gravimétrique (avec la table à secousses utilisée) conduit, pour le
sédiment P2, à des bilans peu favorables par rapport aux résultats obtenus par liqueurs denses.
La forme sphérique des particules semble particulièrement préjudiciable et explique en partie
les différences entre la caractérisation et le traitement.
- les essais de flottation sont peu efficaces sur les fines particules (sédiments C2 et C3).
Pour les deux sédiments d'estuaire, les collecteurs "sulfure" conduisent à des résultats plus
favorables que les collecteurs "oxyde", contrairement aux résultats obtenus sur le sédiment Cl.
IV .5 Conclusion du chapitre
En élargissant l'expérience du sédiment Cl à quatre autres sédiments, de nombreux résultats
ont été confirmés. Tout d'abord, la caractérisation des polluants par des méthodes de type
"géochimique" permet plus difficilement de déterminer le potentiel d'un procédé de traitement,
que les méthodes de type "minéralogique". Si cette dernière n'est pas toujours efficace pour
déterminer avec exactitude le ou les porteurs métalliques (P2 pollué par du mercure), elle
permet de déterminer la localisation de l'élément sur les fractions granulométriques,
densimétriques ou magnétiques.
En terme de décontamination, il est difficile déjuger de l'efficacité d'un traitement, étant donné
l'absence de norme de référence. Toutefois, en concentrant les polluants sur une fraction
réduite, il est possible de diviser les teneurs initiales par 3 ou 4 sur environ 60 % de la masse de
matériau Pour les sédiments de canaux C2 et C3, ces performances conduisent à des teneurs
résiduelles très faibles. Pour les sédiments d'estuaire, les teneurs restent élevées. Pour de fortes
contaminations, il semble qu'aucune solution de traitement ne soit envisageable, sauf peut-être,
celles qui font appel à une combinaison de procédés. Dans ce cadre, on peut envisager une
première étape qui consisterait à utiliser ces procédés physiques ou physico-chimiques pour
réduire les teneurs initiales. Cette première phase serait poursuivie par une seconde faisant
appel a des techniques pour affiner la décontamination. Pour cela, les traitements biologiques
semblent présenter de nombreux atouts. En effet, sur des contaminations plus faibles, ces
techniques sont potentiellement plus rapides et plus efficaces (meilleure activité des
microorganismes dans des milieux moins stressants).
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