* LES TECHNIQUES D’AMENAGEMENT DUNAIRE
I
Ce chapitre n'est pas un catalogue des techniques de restauration des dunes II présente les moyens habituellement mis en
œuvre pour assurer la réhabilitation des espaces dunaires
dégradés. La plupart de ces moyens ont été utilisés sur les sites
■ précédemment décrits.
Le choix de la conduite d'une opération d'aménagement est
fonction du cas de figure. Il doit être déterminé après une étude
approfondie du site (dynamique, végétation, fréquentation...) et
I l'examen des objectifs d'aménagement (protection, valorisation,
récréation...). Cette méthodologie du choix des techniques appropriées a été présentée dans chacune des études de cas précédentes.
B
Les moyens les plus efficaces sont toujours ceux qui « collent »
B au terrain et qui résultent d'une bonne connaissance des phénomènes observés :
I
« Pour bien commander la nature, il faut d'abord apprendre à
lui obéir »
« BUFFON »
Un principe : de la mer vers la terre !
Ce principe, exposé dans les études de cas. notamment celles
concernant le parc littoral de QUEND - FORT-MAHON et la dune
aux Loups, résulte de la dynamique éolienne : les secteurs littoraux. soumis au vent, sont généralement les plus dégradés et
voient leurs sables emportés vers l'intérieur des terres et s’y
accumuler. Dés lors, il est aléatoire d'entreprendre la fixation des
sables sur des secteurs situés en arrière de dunes vives, au risque
de voir la plantation, une fois terminée, être ensevelie sous les
sables.
Aussi, avant d'entreprendre une plantation dans une dune
blanche, l’opération prioritaire sera le MODELAGE de la dune et la
réfection du bourrelet littoral, si celui-ci est dégradé. La remise en
état du bourrelet littoral assurera un effet brise-vent, augmentant la
protection éolienne des dunes situées à l'arrière.
H LES TECHNIQUES DE MODELAGE
Principe
■
Elles ont pour objectif de modifier la topographie existante des
dunes, et généralement d'établir, de rétablir ou de rectifier le profil
' du bourrelet dunaire littoral. Le nouveau profil favorisera les
I
écoulements laminaires du vent. Il appartient au concepteur de
déterminer ce profil en fonction du diagnostic qu il aura établi.
Nous rappelons les éléments essentiels à prendre en considération dans l'élaboration du diagnostic :
I
- l'orientation générale des vents, leur force...
- la présence et l'importance de la zone d'alimentation en sable
■
(haut de plage),
-
la pente de la plage.
I
- 'a présence et la position d'éléments résiduels du bourrelet
dunaire qu'il faut relier entre eux (cas de restauration de
-
bourrelet, comme sur la dune aux Loups (voir fig. 95).
- la présence et la situation d'une dune embryonnaire naturelle.
I
en cours de formation, (voir photo 8).
- l'importance et les modalités de l'érosion marine (phénomène
.
de sape du pied du bourrelet), son évolution prévisible
(voir photo 4)
B
L examen de ces données doit permettre de déterminer :
—
- la distance d'établissement du bourrelet par rapport aux
laisses de haute mer Pour les plages du nord, on peut estimer
I
cette distance à une moyenne de vingt mètres
Cette distance laisse une zone d alimentation en sable suffisante au-delà du niveau de haute mer. et constitue une zone
tampon vis-à-vis de l'érosion marine
■
Elle ne doit toutefois pas être trop large, pour éviter la formation d'une dune embryonnaire naturelle en avant du bourrelet
littoral, qui contrarierait son alimentation en sable
la hauteur du bourrelet Pour les dunes du nord, cette hauteur avoisine 8 à 10 mètres.
les pentes des versants Pour les dunes du nord, le profil
moyen est de 20 à 25 % pour le versant littoral et plus pour le
versant interne • 50 % - (voir dynamique éolienne pages 12
et 13)
Diverses techniques peuvent être utilisées
• la technique lourde :
Elle consiste en l'utilisation d engins - pelle, chargeur sur pneu,
scrapper - qui travaillent par apport de sable pour reprofiler un
dôme dunaire. une ligne de crête ou plus souvent un bourrelet
littoral.
L'utilisation d'engins suppose la possibilité de prélever du
sable à proximité du chantier (quelques centaines de métrés
maximum - la situation idéale étant le travail en deblai-remblai par
engin pousseur ; ceci pour des raisons de coût) Le prélèvement de
sable ne doit jamais s effectuer sur lestran. car il déséquilibrerait la
dynamique sedimentaire de la plage (voir page 10). mais sur les
dunes vives internes. Le sable prélevé ne doit pas déséquilibrer un
profil établi et encore moins dégrader une couverture végétale
établie ou en cours d'installation.
Dans ces derniers cas. le bilan global de l'opération serait nul
réalisation d'un nouveau profil sur le chantier mais création d unç
plage d envol à proximité.
Il implique egalement :
- La mise en œuvre d'un chantier assez important (plusieurs
milliers de m3 minimum) pour que l'opération soit financièrement
intéressante
- Un accès facile, non destructeur du site et une aire de
manœuvre suffisante.
- Un suivi strict du chantier et notamment le balisage du
chemin de roulage et des aires de manœuvre L évolution de
lourds engins dans un milieu aussi fragile peut être lourde de
conséquences si elle n est pas sévèrement contrôlée
Une information précise du personnel de chantier, plus familier
des travaux de terrassement routier, est souvent nécessaire et
efficace.
|
Avantage
|
Rapidité d'intervention, permettant une plantation quasi
।
immédiate
Inconvénient :
I
- risque de dégradation dans la dune et de « dérapage •• du
I
chantier s’il est mal contrôlé
|
• coût parfois élevé, en cas de transport des matériaux
■
Conclusion .
L'évolution d'engins dans la dune effraie toujours un peu 1
'
Rationnellement employée, c est une technique efficace et
I
rapide Elle a été utilisée avec succès sur le parc littoral de
|
QUEND - FORT-MAHON (voir page 38 et photo 41)
|
Récemment, elle a été de nouveau mise en œuvre avec
।
même succès pour la réfection du bourrelet littoral, de b
Pomte de Saint Quentin, sur les dunes du Marquenterre Elle a
'
permis de traiter en quelques jours 1150 mètres de rivage
I
dunaire. avec création d’un bourrelet d'une hauteur de
|
4 métrés
• les techniques douces :
Le principe
Il est base sur la réduction de la portance du vent, par la nu e
en place d'obstacles perméables dans les coulées d air Le sab;e
transporte se sedimente au pied et en arriére de l'obstacle Ainsi
que nous l'exposons pages 13 et 14, le profil de la sédimentation
est fonction de la perméabilité de l’obstacle Ces techniques
nécessitent obligatoirement un apport de sable
• venant de l estran. dans le cas d'un reprofilage du bourrelet
dunaire.
• venant d’une reprise éolienne interne dans le cas d un repro(l'
lage du massif dunaire
Différents types d’obstacles peuvent être utilisés :
- les fascines : Il s agit de petits fagots de brindilles et d®
rameaux assemblés Leur dimension moyenne est de 10 cent '
métrés de diamètre sur 1.5 à 2 mètres de hauteur Ils sont fiches
dans le sable, a une profondeur de 50 à 60 centimètres côte <’
côte, sur la longueur a traiter
*
I
Ce chapitre n'est pas un catalogue des techniques de restauration des dunes II présente les moyens habituellement mis en
œuvre pour assurer la réhabilitation des espaces dunaires
dégradés. La plupart de ces moyens ont été utilisés sur les sites
■ précédemment décrits.
Le choix de la conduite d'une opération d'aménagement est
fonction du cas de figure. Il doit être déterminé après une étude
approfondie du site (dynamique, végétation, fréquentation...) et
I l'examen des objectifs d'aménagement (protection, valorisation,
récréation...). Cette méthodologie du choix des techniques appropriées a été présentée dans chacune des études de cas précédentes.
B
Les moyens les plus efficaces sont toujours ceux qui « collent »
B au terrain et qui résultent d'une bonne connaissance des phénomènes observés :
I
« Pour bien commander la nature, il faut d'abord apprendre à
lui obéir »
« BUFFON »
Un principe : de la mer vers la terre !
Ce principe, exposé dans les études de cas. notamment celles
concernant le parc littoral de QUEND - FORT-MAHON et la dune
aux Loups, résulte de la dynamique éolienne : les secteurs littoraux. soumis au vent, sont généralement les plus dégradés et
voient leurs sables emportés vers l'intérieur des terres et s’y
accumuler. Dés lors, il est aléatoire d'entreprendre la fixation des
sables sur des secteurs situés en arrière de dunes vives, au risque
de voir la plantation, une fois terminée, être ensevelie sous les
sables.
Aussi, avant d'entreprendre une plantation dans une dune
blanche, l’opération prioritaire sera le MODELAGE de la dune et la
réfection du bourrelet littoral, si celui-ci est dégradé. La remise en
état du bourrelet littoral assurera un effet brise-vent, augmentant la
protection éolienne des dunes situées à l'arrière.
H LES TECHNIQUES DE MODELAGE
Principe
■
Elles ont pour objectif de modifier la topographie existante des
dunes, et généralement d'établir, de rétablir ou de rectifier le profil
' du bourrelet dunaire littoral. Le nouveau profil favorisera les
I
écoulements laminaires du vent. Il appartient au concepteur de
déterminer ce profil en fonction du diagnostic qu il aura établi.
Nous rappelons les éléments essentiels à prendre en considération dans l'élaboration du diagnostic :
I
- l'orientation générale des vents, leur force...
- la présence et l'importance de la zone d'alimentation en sable
■
(haut de plage),
-
la pente de la plage.
I
- 'a présence et la position d'éléments résiduels du bourrelet
dunaire qu'il faut relier entre eux (cas de restauration de
-
bourrelet, comme sur la dune aux Loups (voir fig. 95).
- la présence et la situation d'une dune embryonnaire naturelle.
I
en cours de formation, (voir photo 8).
- l'importance et les modalités de l'érosion marine (phénomène
.
de sape du pied du bourrelet), son évolution prévisible
(voir photo 4)
B
L examen de ces données doit permettre de déterminer :
—
- la distance d'établissement du bourrelet par rapport aux
laisses de haute mer Pour les plages du nord, on peut estimer
I
cette distance à une moyenne de vingt mètres
Cette distance laisse une zone d alimentation en sable suffisante au-delà du niveau de haute mer. et constitue une zone
tampon vis-à-vis de l'érosion marine
■
Elle ne doit toutefois pas être trop large, pour éviter la formation d'une dune embryonnaire naturelle en avant du bourrelet
littoral, qui contrarierait son alimentation en sable
la hauteur du bourrelet Pour les dunes du nord, cette hauteur avoisine 8 à 10 mètres.
les pentes des versants Pour les dunes du nord, le profil
moyen est de 20 à 25 % pour le versant littoral et plus pour le
versant interne • 50 % - (voir dynamique éolienne pages 12
et 13)
Diverses techniques peuvent être utilisées
• la technique lourde :
Elle consiste en l'utilisation d engins - pelle, chargeur sur pneu,
scrapper - qui travaillent par apport de sable pour reprofiler un
dôme dunaire. une ligne de crête ou plus souvent un bourrelet
littoral.
L'utilisation d'engins suppose la possibilité de prélever du
sable à proximité du chantier (quelques centaines de métrés
maximum - la situation idéale étant le travail en deblai-remblai par
engin pousseur ; ceci pour des raisons de coût) Le prélèvement de
sable ne doit jamais s effectuer sur lestran. car il déséquilibrerait la
dynamique sedimentaire de la plage (voir page 10). mais sur les
dunes vives internes. Le sable prélevé ne doit pas déséquilibrer un
profil établi et encore moins dégrader une couverture végétale
établie ou en cours d'installation.
Dans ces derniers cas. le bilan global de l'opération serait nul
réalisation d'un nouveau profil sur le chantier mais création d unç
plage d envol à proximité.
Il implique egalement :
- La mise en œuvre d'un chantier assez important (plusieurs
milliers de m3 minimum) pour que l'opération soit financièrement
intéressante
- Un accès facile, non destructeur du site et une aire de
manœuvre suffisante.
- Un suivi strict du chantier et notamment le balisage du
chemin de roulage et des aires de manœuvre L évolution de
lourds engins dans un milieu aussi fragile peut être lourde de
conséquences si elle n est pas sévèrement contrôlée
Une information précise du personnel de chantier, plus familier
des travaux de terrassement routier, est souvent nécessaire et
efficace.
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Avantage
|
Rapidité d'intervention, permettant une plantation quasi
।
immédiate
Inconvénient :
I
- risque de dégradation dans la dune et de « dérapage •• du
I
chantier s’il est mal contrôlé
|
• coût parfois élevé, en cas de transport des matériaux
■
Conclusion .
L'évolution d'engins dans la dune effraie toujours un peu 1
'
Rationnellement employée, c est une technique efficace et
I
rapide Elle a été utilisée avec succès sur le parc littoral de
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QUEND - FORT-MAHON (voir page 38 et photo 41)
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Récemment, elle a été de nouveau mise en œuvre avec
।
même succès pour la réfection du bourrelet littoral, de b
Pomte de Saint Quentin, sur les dunes du Marquenterre Elle a
'
permis de traiter en quelques jours 1150 mètres de rivage
I
dunaire. avec création d’un bourrelet d'une hauteur de
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4 métrés
• les techniques douces :
Le principe
Il est base sur la réduction de la portance du vent, par la nu e
en place d'obstacles perméables dans les coulées d air Le sab;e
transporte se sedimente au pied et en arriére de l'obstacle Ainsi
que nous l'exposons pages 13 et 14, le profil de la sédimentation
est fonction de la perméabilité de l’obstacle Ces techniques
nécessitent obligatoirement un apport de sable
• venant de l estran. dans le cas d'un reprofilage du bourrelet
dunaire.
• venant d’une reprise éolienne interne dans le cas d un repro(l'
lage du massif dunaire
Différents types d’obstacles peuvent être utilisés :
- les fascines : Il s agit de petits fagots de brindilles et d®
rameaux assemblés Leur dimension moyenne est de 10 cent '
métrés de diamètre sur 1.5 à 2 mètres de hauteur Ils sont fiches
dans le sable, a une profondeur de 50 à 60 centimètres côte <’
côte, sur la longueur a traiter
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