les formations sableuses sont allongées au bord du rivage et
ne pénétrent pas profondément dans l'arrière pays même si celui-ci
est plat ou marécageux
l'altitude des dunes flamandes est nettement moins élevée
que celle des dunes picardes La hauteur du bourrelet littoral oscille généralement autour de 12 métrés
Vu l'orientation du rivage, les vents de secteur N E (moins
imponants en fréquence mais plus violents) ont un impact
beaucoup plus grand sur le modelé dunaire :
• le bourrelet littoral est rarement régulier et est percé de
nombreux siffle ment (ou caoudeyres. en langage local), qui le
morcéient en un chapelet de * > crocs ■ tailladés par une érosion
éolienne intense
■ derrière les dunes côtières, les dunes présentent un relief
tourmenté, caractérisé par un assemblage de buttes érodées,
couloirs de déflation, cirques et zones d accumulation,
preuves d un remaniement intense (c'est le paysage de la
dune Marchand • BRAY-DUNES).
Ce paysage tourmenté est caractérisé par des formations très
particulières les pannes actives paraboliques, larges dépressions
résultant de I érosion éolienne venant de N O et au fond desquelles apparaît la nappe phréatique Ces pannes sont couronnées de
chaînons dunaires dessinant grossièrement des paraboles Les
noyaux de ces dunes paraboliques se déplacent progressivement
vers le S E sous faction des vents.
1 Dunes bordiéres
2 Traînées paraboliques
3 Noyau parabolique actif
4 Tête de la panne active
(front de déflation)
5 Sables humides dénudés,
correspondant au niveau
de base de la déflation
6 Auréole de plantes pionnières (Carex. Agrostis...)
7 Amas parasitaires fixés par
Ammophila arenana
8 Auréole a Sahx repens
9 Broussaille humide à Sahx
repens
et
Fhppophae
rhamnoides
10 Broussaille humide de la
panne adjacente
Frg 43 Vue d ensemble d'un complexe parabobque actif (chehé pris depuis
le noyau parabolique en direction du nord) (AGUR)
la dynamique végétale :
Les sables sedimontés sont colonisés par une couverture
végétale très particulière. adaptée aux difficiles conditions de
milieu :
• embruns salés.
• vent fréquent, souvent violent.
sécheresse, pauvreté et mobilité du substrat
Notons qu 4 s agit d’une sécheresse toute relative car les
forces de liaison des particules sableuses sont très faibles Bien
que le substrat soit fthrant. le peu d’eau retenue est disponible
pour la plante La tranche d’eau utile est présente la majeure partie
do I année
Les plantes de cette couverture végétale psammophile
présentent une adaptation physiologique à ces conditions, adaptation caractérisée par
En ce qui concerne l'appareil aérien :
- cuticule épaisse, silicifiée résistance au « mitraillage » par le
sable projeté.
- épiderme résistant résistance aux embruns salés.
- réduction de la surface foliaire, stomates protégés, feuilles
pouvant s enrouler, feuilles grasses : résistance à la sécheresse.
• feuilles en gouttières, pilosité, hygroscopie des téguments
utilisation de la condensation.
- forte croissance verticale des tiges et des feuilles : résistance à
l’asphyxie.
- plantes annuelles à cycle printanier court : synchronisation
avec les saisons.
En ce qui concerne l’appareil souterrain :
- pivot très profond, multiplication des rhizomes : opposition au
déchaussement.
- enracinement très profond, (nappe) ou chevelu superficiel
captant l’eau de condensation : résistance à la sécheresse.
- régulation de la pression osmotique : résistance à l’eau salée.
- racines adventives. rhizomes traçants verticaux et horizontaux mise à profit de l’ensablement.
- rhizomes traçants horizontaux : colonisation de sable nu.
Cette couverture végétale fixe les sables. Les particules
sableuses sont enserrées dans le maillage de l'appareil radiculaire
Photo 25 L appareil radiculaire de la couverture végétale
forme un maillage dense.
Par cette •< cohésion •> du substrat, la résistance face à l’effet
érostf éolien augmente.
La dynamique végétale s’oppose donc à l’action érosive des
vents La morphologie d’un site dunaire à un moment donné est
fortement liée a ces deux actions antagonistes.
Cette couverture végétale présente de nombreux faciès a’^ant
d’un tapis herbacé clairsemé sur le bourrelet littoral aux complexes
pré-forestier et forestier, qui s’installent sur les dunes les plus internes
Cette végétation dunaire a fait l’objet de nombreuses études
dont on trouve une synthèse complète dans « la végétation des
dunes maritimes » - colloques phytosociologiques - sous l’égide de
l'Association Internationale de phytosociologie et la Société Française de Botanique • Paris 1971 * .
synthèse à laquelle le lecteur
phyto-sociologue pourra se reporter.
"Colloques phytosociologiques : - la végétation des dunes mant'~
mes • Pans 1971 - édition J. CRAMER 1975 • m der A R Gant Ve'
Verlaq Kommandit-qesellschat • - FL 9490 VADüZ
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