NOTE SUR LE GENRE CERATIUM
DANS LA RÉGION CENTRE DU
BASSIN ALGÉRIEN
Résumé
Le genre Ceratium se caractérise par une richesse en
espèces et en taxons infra-spécifiques très élevée,
notamment en Méditerranée, et qui semble être en partie
le fruit d’adaptations spécifiques à la température. Ce
genre constitue donc un modèle de choix pour l’étude de la
biodiversité et de l’impact des facteurs environnementaux,
notamment dans le contexte du changement climatique.
Ainsi, dans un premier temps nous avons essayé d’établir
à partir d’échantillonnage au filet une liste des espèces
de Ceratium qui côtoient les eaux marines de la région
centre.
Introduction
Le genre Ceratium faisant partie des dinoflagellés de
grande taille est une composante du micro phytoplancton.
Dans la mer Méditerranée le genre Ceratium a été décrit
et étudié très tôt ; La première monographie a été publiée
dans le début du 20e siècle (Jorgensen 1911) suivie par
de nombreuses autres études taxonomiques. Il représente
une partie significative du micro phytoplancton en termes
d’abondance et de diversité il comporte 80 espèces,
présente une très large répartition géographique, est
facile à récolter, à conserver et à identifier sur des critères
morphologiques simples, par rapport à d’autres genres
du phytoplancton marin. Il joue un rôle important dans
les cycles biogéochimiques. En outre, certaines espèces
de Ceratium sont connues pour former des blooms
important formant des marées rouges (Bockstahler et
Coats, 1993). Le genre est très riche en espèces avec de
nombreuses espèces tropicales et décrite à partir de les
régions subtropicales (Dodge et Marshall, 1994). Le genre
Ceratium a été employé pendant longtemps comme un
indicateur hydrographique et biologique des masse d’eau
dans l’océan Atlantique Nord (Dodge et Marshall, 1994 ;
Raine et al., 2002), dans l’océan Pacifique (Dodge, 1993 ;
Sanchez et al., 2000), dans la mer Méditerranée (Dowidar,
1973), et dans l’océan Arctique (Okolodkov, 1996).
Cependant, comme de nombreux groupes planctoniques,
on connait peu sur les facteurs influençant la biodiversité
de ce genre; plus récemment, il est admis que les
espèces qui composent le genre Ceratium sont un bon
modèle biologique pour examiner les effets potentiels des
changements globaux sur la biodiversité du phytoplancton
(Alina et al., 2009). Cependant, comme beaucoup de
groupes planctonique, dans les côtes algériennes peu
d’information sur la diversité de ce genre ainsi que sur
la variabilité temporels des espèces qui le compose.
Effectivement, nous
ne disposons pas d’une liste
complète floristique de ce genre. Ainsi, l’objectif de notre
travail est de tenter d’établir un inventaire des Ceratium,
de réactualiser la liste des espèces déjà existante et d’en
estimer la richesse qualitative.
1. Matériels et Méthodes
Les récoltes micro planctoniques destinées à l’étude
microscopique des dinoflagellés (le genre Ceratium) ont
été effectuées durant le mois de Juillet de l’année 2008 à
bord du navire océanographique Toufik. Dans 3 stations
positionnées côte-large dans la baie d’Alger nous avons
effectué un trait vertical de 30 m à o m de profondeur,
en utilisant un filet à plancton de Hydrobios de diamètre
25 cm et d’une longueur 50cm. Les échantillons récoltés
dans des piluliers sont fixés immédiatement avec du
Lugol acide ; un volume de 5 à 10 ml a été sédimenté
dans des cuves de type Hydrobios ; selon la méthode
d’Utermhol l’identification des espèces a été effectuée
sous microscope inversé de marque Zeiss Axiovert équipé
d’une caméra HRC. Pour l’identification des espèces nous
avons utilisé les ouvrages de Gourret (1883), Jorgensen
(1911, 1920), Dodge (1982) ainsi que la nomenclature
établie par Sournia (1967) comme référence.
2. Résultats et Discussion
En méditerranée les dinoflagellés planctoniques sont
représentées par 673 espèces avec respectivement
604 et 480 sont signalées dans le basin West et Est de
la méditerranée. Selon Gomez (2003) La mer Ligure
(74%), les Baléares (53%), l’Adriatique (48%), la mer
Tyrrhénienne (42%) et le basin du Levant (40%) montrent
le plus grand nombre d’espèces ; tandis que la mer Egée
(27%), la mer d’Alboran (26%) et le bassin algérien 22%
montrent une plus faible diversité. Selon Gomez (2003)
cette faible diversité (22%) dans le bassin algérien est due
principalement aux manques de données concernant la
répartition spatiale et temporelle du microplancton dans
ces régions.
Ainsi, Gomez (2003) a réalisé un travail de littérature sur la
diversité et la répartition du genre Ceratium dans toute la
méditerranée. Les résultats de cet auteur sont regroupés
dans le tableau I qui montre la présence chaque espèce
(indiquée par un +) dans bassin algérien.
Le tableau I regroupe toutes les espèces du genre
Ceratium rencontrées dans la méditerranée (Gomez,
2003). Nous avons complété cette liste par des espèces
des Ceratidaea établit par Pincemin (1966) dans la baie
d’Alger ainsi que du travail de Ounissi et Frehi (1992)
dans le golfe de Annaba.
Notre inventaire indique une richesse spécifique du genre
Ceratium dans les eaux marines de la région centre par
rapport à la liste établit par Ounissi et frehi (1992) dans
le golfe de Annaba. Nous signalons que ces derniers ont
effectué des pêches planctoniques à l’aide d’un filet WP2.
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