BIODIVERSITÉ
DES PEUPLEMENTS
MACROBENTHIQUES DES
SABLES FINS ALGÉRIENS
Résumé
La macrofaune des sables fins des golfes et baies (Oran,
Arzew, Bou Ismail, Alger, Bejaia, Jijel, Fetzara) de la côte
algérienne se caractérise par une grande diversité (637
espèces) au sein de laquelle les Polychètes représentent
presque la moitié des espèces, tandis que les Crustacés
31% et les Mollusques 18% de la diversité totale. Cette
hiérarchisation des groupes zoologiques se retrouve dans
tous les sables fins du littoral algérien. La biodiversité de la
macrofaune des sables est à peu prés similaire (134-164
espèces) dans les golfes et baies algériens, à l’exception
de la baie de Bou Ismail (219 espèces) et la baie d’Alger
où elle est maximale (380 espèces).
Mots - clés : macrofaune, biodiversité, sables fins,
Algérie.
Introduction
Les côtes algériennes se caractérisent par l’étroitesse
de leur plateau continental ou sa disparition en bordure
des massifs montagneux côtiers, et par l’extension
de ce plateau au niveau des côtes basses comme
dans le cas des baies et des golfes. La connaissance,
notamment biologique, de ce plateau continental est une
condition impérative pour son exploitation, aménagement
et protection. A l’heure actuelle, les connaissances
disponibles sur la composante biologique des fonds
meubles de ce plateau, notamment le compartiment
zoobenthos et particulièrement la macrofaune, sont rares,
fragmentaires, dispersées dans le temps et l’espace.
Les petits fonds meubles, plus précisément les fonds de
sables fins infralittoraux, restent un domaine quasiment
inexploré ; les rares travaux s’y rapportant sont ceux de Le
Danois (1925), Vaissière et Fredj (1963), Bakalem (1979).
Ainsi, la macrofaune des sables fins de la côte algérienne
dans sa globalité n’a pas fait l’objet d’étude intégrant
l’aspect biodiversité. Pour les baies et golfes algériens, les
fonds infralittoraux sont occupés par des sables fins ; les
données sur la biodiversité des espèces macrobenthiques
des sables fins sont rares ou quasi-inexistantes selon les
aires géographiques.
Presque la majorité de la population algérienne et la plus
grande partie des activités industrielles sont installées
sur le littoral. Les eaux usées urbaines ou/et industrielles
est évacuée directement (émissaires) ou indirectement
(oueds) vers le milieu marin, en général sans traitement
ou rarement après un traitement partiel ou inefficace. Les
espèces et les peuplements benthiques, en enregistrant
toutes les variations naturelles ou/et anthropiques, sont une
véritable mémoire des conditions passées ou/et actuelles
du milieu. Les peuplements benthiques constituent
des observatoires permanents de l’environnement, de
l’état de « santé » du milieu marin. Le peuplement des
sables fins infralittoraux par sa localisation est un des
premiers compartiments biologiques benthiques exposés
directement aux conséquences des activités humaines ;
ce peuplement constitue un outil de choix dans la biosurveillance pour l’évaluation des perturbations imposées
au milieu marin algérien par l’Homme. Les études de la
biodiversité du peuplement des sables fins des golfes
et des baies algériens peuvent constituer des éléments
d’appréciation de l’état du milieu marin. La biodiversité
des sables fins constitue un état de référence de la qualité
du milieu, état de référence d’autant plus nécessaire vu
les développements urbain et industriel qui affectent le
littoral algérien.
1. Méthodologie
Les zones prospectées sont les fonds de sables fins (0 à
20-25 m de profondeur) des principaux golfes et baies de
la côte algérienne (Fig. 1): Oran, Arzew, Bou Ismail, Alger,
Bejaia, Jijel, Fetzara. Pour chaque région, une série de
prélèvements quantitatifs est réalisée avec une benne
Smith Mc Intyre. (Oran, Arzew, Bou Ismail, Bejaia) ou
une benne Van Veen (Alger, Jijel, Fetzara). Le sédiment
récolté est tamisé sur maille de 1 mm.
2. Biodiversité des peuplements
(Figures 1,2, 3, 4 et 5)
Pour les sables fins d’Oran, 37 espèces ont été
inventoriées. Les Polychètes représentent plus de la
moitié de la diversité totale. Astropecten irregularis est
l’unique représentant des Echinodermes. Les Mollusques
recensés sont quatre Bivalves et un Gastéropode ; les
Crustacés recensés sont : 3 Amphipodes, 2 Isopodes, 2
Décapodes et 1 Tanaïdacé.
Pour les sables fins d’Arzew, 164 espèces ont été
récoltées. Les Polychètes représentent la moitié de la
diversité totale, devançant de loin le second groupe les
Crustacés (quart des espèces recensées) ; ces groupes
représentent les trois quarts de la diversité totale. Les
autres groupes significatifs sont les Mollusques (22
Bivalves et 4 Gastéropodes) et les Echinodermes (21.95
% du total des espèces). La diversité des Crustacés est
due aux Amphipodes (27 espèces). Les autres Crustacés
sont pour l’essentiel des Isopodes (9 espèces) et des
Décapodes (6 espèces).
En baie d’Alger, la biodiversité fluctue d’un secteur à
l’autre : 222 espèces, 191 et 195 espèces, 241 espèces
pour respectivement les secteurs ouest (station HD),
centre (stations OH et F) et est (station BEK). Aux quatre
stations, les Polychètes sont le groupe le plus diversifié;
aux stations OH et BEK, ils représentent presque la moitié
des espèces inventoriées. Les Crustacés et les Mollusques
ont des diversités comparables aux stations HD et OH.
DES PEUPLEMENTS
MACROBENTHIQUES DES
SABLES FINS ALGÉRIENS
Résumé
La macrofaune des sables fins des golfes et baies (Oran,
Arzew, Bou Ismail, Alger, Bejaia, Jijel, Fetzara) de la côte
algérienne se caractérise par une grande diversité (637
espèces) au sein de laquelle les Polychètes représentent
presque la moitié des espèces, tandis que les Crustacés
31% et les Mollusques 18% de la diversité totale. Cette
hiérarchisation des groupes zoologiques se retrouve dans
tous les sables fins du littoral algérien. La biodiversité de la
macrofaune des sables est à peu prés similaire (134-164
espèces) dans les golfes et baies algériens, à l’exception
de la baie de Bou Ismail (219 espèces) et la baie d’Alger
où elle est maximale (380 espèces).
Mots - clés : macrofaune, biodiversité, sables fins,
Algérie.
Introduction
Les côtes algériennes se caractérisent par l’étroitesse
de leur plateau continental ou sa disparition en bordure
des massifs montagneux côtiers, et par l’extension
de ce plateau au niveau des côtes basses comme
dans le cas des baies et des golfes. La connaissance,
notamment biologique, de ce plateau continental est une
condition impérative pour son exploitation, aménagement
et protection. A l’heure actuelle, les connaissances
disponibles sur la composante biologique des fonds
meubles de ce plateau, notamment le compartiment
zoobenthos et particulièrement la macrofaune, sont rares,
fragmentaires, dispersées dans le temps et l’espace.
Les petits fonds meubles, plus précisément les fonds de
sables fins infralittoraux, restent un domaine quasiment
inexploré ; les rares travaux s’y rapportant sont ceux de Le
Danois (1925), Vaissière et Fredj (1963), Bakalem (1979).
Ainsi, la macrofaune des sables fins de la côte algérienne
dans sa globalité n’a pas fait l’objet d’étude intégrant
l’aspect biodiversité. Pour les baies et golfes algériens, les
fonds infralittoraux sont occupés par des sables fins ; les
données sur la biodiversité des espèces macrobenthiques
des sables fins sont rares ou quasi-inexistantes selon les
aires géographiques.
Presque la majorité de la population algérienne et la plus
grande partie des activités industrielles sont installées
sur le littoral. Les eaux usées urbaines ou/et industrielles
est évacuée directement (émissaires) ou indirectement
(oueds) vers le milieu marin, en général sans traitement
ou rarement après un traitement partiel ou inefficace. Les
espèces et les peuplements benthiques, en enregistrant
toutes les variations naturelles ou/et anthropiques, sont une
véritable mémoire des conditions passées ou/et actuelles
du milieu. Les peuplements benthiques constituent
des observatoires permanents de l’environnement, de
l’état de « santé » du milieu marin. Le peuplement des
sables fins infralittoraux par sa localisation est un des
premiers compartiments biologiques benthiques exposés
directement aux conséquences des activités humaines ;
ce peuplement constitue un outil de choix dans la biosurveillance pour l’évaluation des perturbations imposées
au milieu marin algérien par l’Homme. Les études de la
biodiversité du peuplement des sables fins des golfes
et des baies algériens peuvent constituer des éléments
d’appréciation de l’état du milieu marin. La biodiversité
des sables fins constitue un état de référence de la qualité
du milieu, état de référence d’autant plus nécessaire vu
les développements urbain et industriel qui affectent le
littoral algérien.
1. Méthodologie
Les zones prospectées sont les fonds de sables fins (0 à
20-25 m de profondeur) des principaux golfes et baies de
la côte algérienne (Fig. 1): Oran, Arzew, Bou Ismail, Alger,
Bejaia, Jijel, Fetzara. Pour chaque région, une série de
prélèvements quantitatifs est réalisée avec une benne
Smith Mc Intyre. (Oran, Arzew, Bou Ismail, Bejaia) ou
une benne Van Veen (Alger, Jijel, Fetzara). Le sédiment
récolté est tamisé sur maille de 1 mm.
2. Biodiversité des peuplements
(Figures 1,2, 3, 4 et 5)
Pour les sables fins d’Oran, 37 espèces ont été
inventoriées. Les Polychètes représentent plus de la
moitié de la diversité totale. Astropecten irregularis est
l’unique représentant des Echinodermes. Les Mollusques
recensés sont quatre Bivalves et un Gastéropode ; les
Crustacés recensés sont : 3 Amphipodes, 2 Isopodes, 2
Décapodes et 1 Tanaïdacé.
Pour les sables fins d’Arzew, 164 espèces ont été
récoltées. Les Polychètes représentent la moitié de la
diversité totale, devançant de loin le second groupe les
Crustacés (quart des espèces recensées) ; ces groupes
représentent les trois quarts de la diversité totale. Les
autres groupes significatifs sont les Mollusques (22
Bivalves et 4 Gastéropodes) et les Echinodermes (21.95
% du total des espèces). La diversité des Crustacés est
due aux Amphipodes (27 espèces). Les autres Crustacés
sont pour l’essentiel des Isopodes (9 espèces) et des
Décapodes (6 espèces).
En baie d’Alger, la biodiversité fluctue d’un secteur à
l’autre : 222 espèces, 191 et 195 espèces, 241 espèces
pour respectivement les secteurs ouest (station HD),
centre (stations OH et F) et est (station BEK). Aux quatre
stations, les Polychètes sont le groupe le plus diversifié;
aux stations OH et BEK, ils représentent presque la moitié
des espèces inventoriées. Les Crustacés et les Mollusques
ont des diversités comparables aux stations HD et OH.
