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des savants de l’Antiquité. « Au centre de l’océan
à la hauteur de l’Afrique se trouve une île qui
se distingue par son étendue. Elle n’est qu’à
quelques jours de navigation de l’Afrique »,
pouvons-nous lire dans la Bibliothèque historique
de Diodore de Sicile qui poursuit : « Des Phéniciens qui exploraient, pour les raisons que
nous avons citées plus haut, le rivage au-delà
des Colonnes d’Hercule et qui faisaient voile le
long de la côte de l’Afrique furent emportés
loin dans l’océan par des vents puissants.
Après avoir erré un grand nombre de jours ils
atteignirent enfin l’île dont nous avons
parlé ».
Dans ses Vies parallèles, Plutarque évoque deux
îles de l’océan Atlantique, séparées entre elles
par un détroit resserré, et situées à 10 000 stades
(soit environ 2 000 kilomètres) de la côte africaine. Ces îles s’appellent « îles Bienheureuses ».
L'Odyssée d’Homère parle également d’îles heureuses qui se trouvent loin vers l’ouest. R. Avien
dans son œuvre géographique Oera Maritima
mentionne une île située dans l’océan Atlantique,
riche en herbes et consacrée à Saturne. « Si violentes sont ses forces naturelles que si quelqu’un
qui navigue près d’elle s’en approche, la mer
s’émeut près de l’île qui elle-même se met à
trember, toute la mer autour d’elle se met
à s’élever en frémissant tandis que le reste
de la mer demeure aussi calme comme un
lac. »
Les données de Diodore de Sicile, d’Homère,
de Plutarque et d’Avien se rapportent-elles aux
îles Canaries, comme le pensent de nombreux
historiens des découvertes géographiques? La
description par Avien d’une île, dont les « forces
naturelles » sont si violentes, ne peut sûrement
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