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ans plus tard le célèbre archéologue et ethnographe
soviétique S. Tolstov émit l’hypothèse qu’au
cours du peuplement primitif de la Mélanésie du
Sud un des groupes négroïdes dériva, emporté
par le puissant courant de l’Australie orientale
(ce courant va de la Nouvelle-Calédonie vers les
rives de la Tasmanie puis tourne en direction de
l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande) jusqu’à la
côte de la Tasmanie ; se trouvant dans le milieu
riche en ressources vivrières d’une grande île de
type continental, ce groupe perdit certaines particularités de la civilisation de pêcheurs et navigateurs. L’accoutumance subite à de nouvelles
conditions naturelles et à de nouveaux modes de
vie et de travail engendra peut-être une baisse
considérable du niveau culturel général.
Toutefois une régression aussi considérable est
douteuse. En effet, les Tasmaniens descendants
des Nouveaux-Calédoniens étaient parvenus à
perdre toutes connaissances de la navigation (ils
ne possédaient même pas les pirogues les plus primitives) et à passer du néolithique, où vivaient les
Mélanésiens, à l’âge du paléolithique. L’histoire
ne connaît pas de cas de ce genre et ils ne sont probablement pas possibles. L’origine des Tasmaniens reste une énigme. Peut-être sera-t-elle élucidée de la même façon que celle du peuplement
du continent australien.
L’océanographe australien R. Fairbridge a
publié récemment un article où il énumérait une
série de faits témoignant en faveur d’une nouvelle
hypothèse. Toute la partie sud-ouest de l’océan
Pacifique peut être divisée en deux régions, chacune d’entre elles représentant le reste d’un grand
continent. Ces deux continents auraient été la Tasmani de et la Mélanéside. Dans la mer de Tasmanie les océanographes ont découvert des guyots
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