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Dès le siècle dernier les linguistes se sont
aperçus d’étranges analogies entre les langues
parlées sur une vaste aire d’expansion depuis
Madagascar près des côtes de l’Afrique jusqu’à
l’île de Pâques perdue dans la partie orientale
de l’océan Pacifique. Il est aujourd’hui prouvé
que cette similitude n’est pas fortuite: le malgache des habitants de Madagascar et la langue
parlée sur l’île de Pâques qui, de même que
le hawaïen, le maoris, le tahitien et les langues
des autres habitants de la Polynésie, fait partie
du groupe de langues polynésien, les langues des
Micronésiens habitant les îles du nord-ouest du
Pacifique et les langues des Mélanésiens habitant les îles du sud-ouest du Pacifique, les langues des habitants de l’archipel Indonésien ainsi
que la langue de la population autochtone de
l’île de Taïwan proviennent toutes d’une souche
commune et forment la grande famille des langues australonésiennes ou langues des îles du
Sud. La question du lieu d’origine des langues
australonésiennes est cependant loin d’être résolue ; les uns envisagent la Nouvelle-Guinée,
d’autres le sud de la Chine, d’autres encore les
Indes, mais il semble plus probable que leur
patrie ait été l’Indonésie.
Nous ne sommes pas en mesure d’énoncer les
raisons qui incitèrent les Australonésiens à
entreprendre de lointains voyages et à traverser
les étendues de l’océan Indien jusqu’à Madagascar
et celles du Pacifique jusqu’aux îles Hawaii, la
Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques. Pourtant
l’hypothèse, selon laquelle des affaissements catastrophiques des terres fermes aux environs de
l’Indonésie, l’anéantissement d’une Australonéside ont poussé leurs habitants à de lointaines
pérégrinations, n’est pas à exclure si l’on tientt
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