UN PARADIS DEUX FOIS PERDU 81
beaucoup sont étranges. Il est surprenant par exemple que des oiseaux
marins habitués des mers très froides comme les manchots* d’origine
antarctique y vivent en colonies relativement importantes. On estime qu’il
en existe environ sept cents couples. C’est évidemment le courant froid de
Humboldt qui leur a permis de gagner ces îles et d’y vivre.
Ces oiseaux aquatiques n’ont plus que des ailes très petites et transformées en nageoires. Elles pendent le long de leur corps comme des
battoirs et sont couvertes par de très petites plumes d’aspect écailleux. Les
manchots se nourrissent d’animaux marins, de poissons et surtout de céphalopodes.
Parmi les espèces d’oiseaux dont les ailes sont atrophiées, les cormorans aptères vivent notamment dans l’île de Fernandina à la pointe Espinosa.
Ils sont incapables de voler, mais lorsqu’ils reviennent à terre après avoir
pêché leur nourriture, ils étendent leurs ailes tronquées pour les faire sécher.
C’est un curieux spectacle que ces oiseaux tout noirs, de la même couleur
que la lave, restant ainsi de longs moments au soleil les ailes étendues comme
des épouvantails.
Les cormorans aptères plongent remarquablement bien et vont chercher assez loin de la surface des poissons et surtout des poulpes que leur
bec long et fort leur permet d’arracher à leur trou rocheux. Nous aurions
beaucoup aimé les filmer, mais malheureusement s’ils sont assez familiers
sur terre, ils se montrent beaucoup plus méfiants dans l’eau et nous n’avons
pas réussi à les approcher pour prendre des images de leur chasse sousmarine.
Il y a beaucoup de fous dans presque toutes les îles. Des fous à pattes
rouges qui nichent dans les arbres contrairement aux fous à pattes bleues
et aux fous de Bassan qui vivent à terre. Nous avons assisté plusieurs fois
aux séances d’entraînement des jeunes fous qui apprennent à plonger, et
surtout à se poser sur l’eau. Ils sont d’abord très maladroits et ne réussissent
pas à amerrir correctement. Ils passent à plusieurs reprises en effleurant
l’eau et l’on devine qu’ils ont peur. Au lieu de se poser les pattes les
premières, ils tombent brutalement de tout leur corps ou bien ils plongent
sans l’avoir vraiment voulu. Les parents ne se mêlent pas de leur apprentissage, les jeunes s’exercent tout seuls.
Nous avons trouvé des pélicans mourant de faim car la poche placée
sous leur bec avait été ouverte d’un coup de couteau. Ce sont les pêcheurs
Le paysage aride de l'îlot Plaza, au premier plan un opuntia.
beaucoup sont étranges. Il est surprenant par exemple que des oiseaux
marins habitués des mers très froides comme les manchots* d’origine
antarctique y vivent en colonies relativement importantes. On estime qu’il
en existe environ sept cents couples. C’est évidemment le courant froid de
Humboldt qui leur a permis de gagner ces îles et d’y vivre.
Ces oiseaux aquatiques n’ont plus que des ailes très petites et transformées en nageoires. Elles pendent le long de leur corps comme des
battoirs et sont couvertes par de très petites plumes d’aspect écailleux. Les
manchots se nourrissent d’animaux marins, de poissons et surtout de céphalopodes.
Parmi les espèces d’oiseaux dont les ailes sont atrophiées, les cormorans aptères vivent notamment dans l’île de Fernandina à la pointe Espinosa.
Ils sont incapables de voler, mais lorsqu’ils reviennent à terre après avoir
pêché leur nourriture, ils étendent leurs ailes tronquées pour les faire sécher.
C’est un curieux spectacle que ces oiseaux tout noirs, de la même couleur
que la lave, restant ainsi de longs moments au soleil les ailes étendues comme
des épouvantails.
Les cormorans aptères plongent remarquablement bien et vont chercher assez loin de la surface des poissons et surtout des poulpes que leur
bec long et fort leur permet d’arracher à leur trou rocheux. Nous aurions
beaucoup aimé les filmer, mais malheureusement s’ils sont assez familiers
sur terre, ils se montrent beaucoup plus méfiants dans l’eau et nous n’avons
pas réussi à les approcher pour prendre des images de leur chasse sousmarine.
Il y a beaucoup de fous dans presque toutes les îles. Des fous à pattes
rouges qui nichent dans les arbres contrairement aux fous à pattes bleues
et aux fous de Bassan qui vivent à terre. Nous avons assisté plusieurs fois
aux séances d’entraînement des jeunes fous qui apprennent à plonger, et
surtout à se poser sur l’eau. Ils sont d’abord très maladroits et ne réussissent
pas à amerrir correctement. Ils passent à plusieurs reprises en effleurant
l’eau et l’on devine qu’ils ont peur. Au lieu de se poser les pattes les
premières, ils tombent brutalement de tout leur corps ou bien ils plongent
sans l’avoir vraiment voulu. Les parents ne se mêlent pas de leur apprentissage, les jeunes s’exercent tout seuls.
Nous avons trouvé des pélicans mourant de faim car la poche placée
sous leur bec avait été ouverte d’un coup de couteau. Ce sont les pêcheurs
Le paysage aride de l'îlot Plaza, au premier plan un opuntia.
