44 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
Ceux de l’île Hood ne dépassent presque jamais 1 mètre. Sur l’île de Santa
Cruz et sur San Cristobal, ils atteignent 1,20 mètre tandis que sur l’île
Tower, une variété pygmée ne mesure que 45 centimètres.
Leur mine féroce est surtout due à la forme de leur tête, à leurs yeux
noirs, à leurs griffes. Ils semblent un peu diaboliques. Des incarnations de
l’enfer. Mais quand on les attrape, ce qui est relativement facile, on est
tout surpris de sentir que leur peau est extrêmement douce et que leur crête
n’est pas épineuse. Aucune partie de leur corps ne pique ni ne blesse. Et
ils ne mordent guère. Ils se laissent prendre, manier, entraîner sous l’eau en
plongée. Ce sont, sous des apparences rébarbatives, les animaux les plus
débonnaires.
Dans leurs yeux, on ne distingue pas vraiment un regard. C’est le cas
de bien d’autres animaux marins à sang chaud et également des poissons.
Ils ne laissent jamais voir cet air de compréhension ou même d’affection que
montrent si volontiers les otaries. On peut passer au milieu d’un troupeau
d’iguanes sans qu’aucun d’eux semble regarder l’intrus ou manifeste qu’il le
voit. Comme si l’on défilait devant les gargouilles de Notre-Dame. Mais si
on essaie d’en attraper un, on constate que son champ de vision est très
étendu, notamment vers l’arrière.
Leur particularité la plus étrange réside peut-être dans l’aspect de leur
langue. On s’attend à ce qu’elle soit mince, longue, effilée comme celle
d’un caméléon, or c’est presque une langue humaine, rouge, bien arrondie,
assez épaisse, charnue. Elle paraît jouer un grand rôle dans leur comportement. Ils la laissent voir souvent. C’est pour eux un organe d’orientation :
ils lèchent le sol et appuient ensuite leur langue sur le palais où sont placées
des cellules olfactives. C’est par ce moyen bizarre qu’ils trouvent leur
chemin.
Ils ont une autre habitude non moins surprenante. Nos camarades du
camp 1 se sont aperçus qu’ils crachent l’un sur l’autre ou sur les autres
animaux et sur les hommes qui viennent les déranger. Il serait plus vrai de
dire qu’ils projettent de l’eau ou lâchent des bulles par les naseaux, et parfois
à une distance d’une trentaine de centimètres. Ils ne peuvent le faire que
grâce à la présence dans leur tête d’une paire de « glandes salines ». En
effet, l’iguane marin boit l’eau de mer et ces glandes lui servent à filtrer
l’excès de sel. Elles sont situées sous la peau, de chaque côté de la tête,
entre les yeux et les narines avec lesquelles elles communiquent.
Cette sécrétion saline est très importante et elle est violemment et
régulièrement rejetée par l’animal. Mais lorsque l’iguane est menacé, qu’il
se sent en danger ou qu’il se bat, il se sert de ce jet comme d’un moyen
de défense.
Ceux de l’île Hood ne dépassent presque jamais 1 mètre. Sur l’île de Santa
Cruz et sur San Cristobal, ils atteignent 1,20 mètre tandis que sur l’île
Tower, une variété pygmée ne mesure que 45 centimètres.
Leur mine féroce est surtout due à la forme de leur tête, à leurs yeux
noirs, à leurs griffes. Ils semblent un peu diaboliques. Des incarnations de
l’enfer. Mais quand on les attrape, ce qui est relativement facile, on est
tout surpris de sentir que leur peau est extrêmement douce et que leur crête
n’est pas épineuse. Aucune partie de leur corps ne pique ni ne blesse. Et
ils ne mordent guère. Ils se laissent prendre, manier, entraîner sous l’eau en
plongée. Ce sont, sous des apparences rébarbatives, les animaux les plus
débonnaires.
Dans leurs yeux, on ne distingue pas vraiment un regard. C’est le cas
de bien d’autres animaux marins à sang chaud et également des poissons.
Ils ne laissent jamais voir cet air de compréhension ou même d’affection que
montrent si volontiers les otaries. On peut passer au milieu d’un troupeau
d’iguanes sans qu’aucun d’eux semble regarder l’intrus ou manifeste qu’il le
voit. Comme si l’on défilait devant les gargouilles de Notre-Dame. Mais si
on essaie d’en attraper un, on constate que son champ de vision est très
étendu, notamment vers l’arrière.
Leur particularité la plus étrange réside peut-être dans l’aspect de leur
langue. On s’attend à ce qu’elle soit mince, longue, effilée comme celle
d’un caméléon, or c’est presque une langue humaine, rouge, bien arrondie,
assez épaisse, charnue. Elle paraît jouer un grand rôle dans leur comportement. Ils la laissent voir souvent. C’est pour eux un organe d’orientation :
ils lèchent le sol et appuient ensuite leur langue sur le palais où sont placées
des cellules olfactives. C’est par ce moyen bizarre qu’ils trouvent leur
chemin.
Ils ont une autre habitude non moins surprenante. Nos camarades du
camp 1 se sont aperçus qu’ils crachent l’un sur l’autre ou sur les autres
animaux et sur les hommes qui viennent les déranger. Il serait plus vrai de
dire qu’ils projettent de l’eau ou lâchent des bulles par les naseaux, et parfois
à une distance d’une trentaine de centimètres. Ils ne peuvent le faire que
grâce à la présence dans leur tête d’une paire de « glandes salines ». En
effet, l’iguane marin boit l’eau de mer et ces glandes lui servent à filtrer
l’excès de sel. Elles sont situées sous la peau, de chaque côté de la tête,
entre les yeux et les narines avec lesquelles elles communiquent.
Cette sécrétion saline est très importante et elle est violemment et
régulièrement rejetée par l’animal. Mais lorsque l’iguane est menacé, qu’il
se sent en danger ou qu’il se bat, il se sert de ce jet comme d’un moyen
de défense.
