254 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
au-dessus de la surface. Il était accroupi au moment où il a reçu la décharge.
Il s’est détendu comme un ressort et il a décollé pour amerrir à deux ou
trois mètres de là. Mais sa combinaison de plongée l’a très efficacement
protégé et il n’a pas eu une égratignure.
Les fantaisies des torches sous-marines ont donné lieu aussi à quelques
incidents tragico-comiques. Il arrivait qu’elles ne s’allument pas tout de suite,
mais les plongeurs ne les abandonnaient pas pour autant. Ils les gardaient
à la main ou dans les bras et deux minutes plus tard, elles s’enflammaient,
crachant tout leur feu dans le masque d’un de nos camarades.
Plus Philippe et son équipe se familiarisaient avec le labyrinthe
d’Andros, plus ils en découvraient les beautés, l’infinie complexité et ils y
rencontraient parfois des habitants qu’ils n’y avaient encore jamais vus. Ils
découvrirent ainsi quelques requins qui s’éloignaient vite et connaissaient
certainement des passages secrets, différents des nôtres, pour parvenir jusqu’à la grotte aux stalactites. Il y avait aussi quelques langoustes et surtout
Philippe constata, à la lueur des lampes, qu’une grande partie de la grotte
était d’aspect rougeâtre, sans qu’on puisse dire, faute de biologiste, ce qui
recouvrait ainsi les parois.
Nous avions décidé de concentrer tout notre travail sur cette grotte
que nous avait révélée Benjamin parce qu’elle était maintenant bien connue
et qu’elle nous paraissait la plus spectaculaire. Nous savions qu’il existait
sur tout ce plateau d’Andros bien d’autres failles analogues, la plupart
inexplorées, mais toutes inclinées parallèlement et s’ouvrant comme les pages
d’un livre. Bob Dill y a fait quelques incursions qui lui ont révélé des vérités
nouvelles sur la géologie compliquée des Bahamas.
*
*
*
Nous n’avons pas résisté au plaisir d’explorer les fonds de coraux le
long du tombant qui borde la Langue de l’Océan. Nous nous étions tellement
acharnés à la réalisation de notre film que nous n’avions même pas pris le
temps de nous promener en pleine eau. Il nous a paru à la fois étrange et
merveilleux de nager librement et de ne plus nous heurter aux murs d’un
couloir ou au plafond d’une grotte. Nous avons retrouvé le bleu sans fin
de l’eau, les gorgones, les requins en promenade. Il nous fallait renouer
connaissance avec le monde qui était le nôtre et que nous avaient fait oublier
les pièges de roc et de ténèbres où nous nous étions glissés.
Trois semaines s’étaient écoulées pendant lesquelles avaient été accom
au-dessus de la surface. Il était accroupi au moment où il a reçu la décharge.
Il s’est détendu comme un ressort et il a décollé pour amerrir à deux ou
trois mètres de là. Mais sa combinaison de plongée l’a très efficacement
protégé et il n’a pas eu une égratignure.
Les fantaisies des torches sous-marines ont donné lieu aussi à quelques
incidents tragico-comiques. Il arrivait qu’elles ne s’allument pas tout de suite,
mais les plongeurs ne les abandonnaient pas pour autant. Ils les gardaient
à la main ou dans les bras et deux minutes plus tard, elles s’enflammaient,
crachant tout leur feu dans le masque d’un de nos camarades.
Plus Philippe et son équipe se familiarisaient avec le labyrinthe
d’Andros, plus ils en découvraient les beautés, l’infinie complexité et ils y
rencontraient parfois des habitants qu’ils n’y avaient encore jamais vus. Ils
découvrirent ainsi quelques requins qui s’éloignaient vite et connaissaient
certainement des passages secrets, différents des nôtres, pour parvenir jusqu’à la grotte aux stalactites. Il y avait aussi quelques langoustes et surtout
Philippe constata, à la lueur des lampes, qu’une grande partie de la grotte
était d’aspect rougeâtre, sans qu’on puisse dire, faute de biologiste, ce qui
recouvrait ainsi les parois.
Nous avions décidé de concentrer tout notre travail sur cette grotte
que nous avait révélée Benjamin parce qu’elle était maintenant bien connue
et qu’elle nous paraissait la plus spectaculaire. Nous savions qu’il existait
sur tout ce plateau d’Andros bien d’autres failles analogues, la plupart
inexplorées, mais toutes inclinées parallèlement et s’ouvrant comme les pages
d’un livre. Bob Dill y a fait quelques incursions qui lui ont révélé des vérités
nouvelles sur la géologie compliquée des Bahamas.
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Nous n’avons pas résisté au plaisir d’explorer les fonds de coraux le
long du tombant qui borde la Langue de l’Océan. Nous nous étions tellement
acharnés à la réalisation de notre film que nous n’avions même pas pris le
temps de nous promener en pleine eau. Il nous a paru à la fois étrange et
merveilleux de nager librement et de ne plus nous heurter aux murs d’un
couloir ou au plafond d’une grotte. Nous avons retrouvé le bleu sans fin
de l’eau, les gorgones, les requins en promenade. Il nous fallait renouer
connaissance avec le monde qui était le nôtre et que nous avaient fait oublier
les pièges de roc et de ténèbres où nous nous étions glissés.
Trois semaines s’étaient écoulées pendant lesquelles avaient été accom
