250 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
« Des arbres de Noël »
Comme dit Philippe : « En sortant de ce trou, on a tout de même
conscience d’avoir accompli un exploit ».
Il en avait certainement accompli un en réussissant à filmer toute la
plongée où il n’y avait rien à reprendre alors que nous disposions de si
peu de temps et que moi-même j’allais être obligé de quitter l’équipe en la
laissant au travail. Car il y avait encore beaucoup à faire. Je voulais que
dans le film, les moindres détails de la grotte, les gestes des plongeurs, le
courage dont il leur fallait faire preuve soient clairement exprimés. De plus,
le géologue américain Bob Dill, qui avait exploré avec nous le grand trou
bleu du British Honduras, venait d’arriver et Philippe se proposait de lui
faire les honneurs de la grotte tout en assurant la sécurité de son travail
scientifique.
Philippe se plaignait bien un peu que Bob Dill ait le coup de marteau
facile. A peine voyait-il pointer une petite stalactite qu’il la faisait sauter
et la mettait dans un sac pour l’examiner à loisir en surface.
Les plongeurs américains nous surprenaient beaucoup. D’abord, ils
embarquaient un matériel impressionnant. Et c’était notamment le cas de
Bob Dill qui était pourvu en plongée de nombreux accessoires qui pointaient
un peu partout autour de lui. En outre, ils se mettent à l’eau en se jetant
en arrière et tout ce qu’ils portent décrit avec eux une courbe dans l’espace
pour disparaître dans une gerbe d’écume. Ils ont une tablette pour écrire,
un piolet, un tuba, des cordes, un détendeur de secours et un gilet de
sauvetage qui est destiné à les alléger en raison du matériel qu’ils transportent et qui les alourdit énormément. Mais tous font preuve d’un grand
courage physique et d’une grande détermination.
Leur masque leur complique la vie. Il comporte au centre une espèce
de groin qui prend le nez et leur permet soit d’accommoder soit de chasser
l’eau dans le masque. Mais il en résulte qu’ils voient mal dans l’eau et qu’ils
n’ont qu’un faible champ de vision.
Il est vrai que l’équipe du Scorpio a parfois involontairement joué de
mauvais tours à ces plongeurs américains qui s’étaient montrés si serviables
et si efficaces. Une des principales victimes fut Dusty Way. Il se trouvait
sur le plateau de corail, les deux jambes dans l’eau et il faisait passer dans
la faille les lampes au bout d’un câble. Elles étaient alimentées par le groupe
électrogène du bateau qui faisait 220 volts. Mais ce groupe n’était pas isolé
à la masse. Dusty a tout à coup reçu le courant et il est parti en vol plané
A droite : Sur la plage arrière du Scorpio. Le commandant Cousteau, à côté de son fils Philippe,
se prépare à plonger.
« Des arbres de Noël »
Comme dit Philippe : « En sortant de ce trou, on a tout de même
conscience d’avoir accompli un exploit ».
Il en avait certainement accompli un en réussissant à filmer toute la
plongée où il n’y avait rien à reprendre alors que nous disposions de si
peu de temps et que moi-même j’allais être obligé de quitter l’équipe en la
laissant au travail. Car il y avait encore beaucoup à faire. Je voulais que
dans le film, les moindres détails de la grotte, les gestes des plongeurs, le
courage dont il leur fallait faire preuve soient clairement exprimés. De plus,
le géologue américain Bob Dill, qui avait exploré avec nous le grand trou
bleu du British Honduras, venait d’arriver et Philippe se proposait de lui
faire les honneurs de la grotte tout en assurant la sécurité de son travail
scientifique.
Philippe se plaignait bien un peu que Bob Dill ait le coup de marteau
facile. A peine voyait-il pointer une petite stalactite qu’il la faisait sauter
et la mettait dans un sac pour l’examiner à loisir en surface.
Les plongeurs américains nous surprenaient beaucoup. D’abord, ils
embarquaient un matériel impressionnant. Et c’était notamment le cas de
Bob Dill qui était pourvu en plongée de nombreux accessoires qui pointaient
un peu partout autour de lui. En outre, ils se mettent à l’eau en se jetant
en arrière et tout ce qu’ils portent décrit avec eux une courbe dans l’espace
pour disparaître dans une gerbe d’écume. Ils ont une tablette pour écrire,
un piolet, un tuba, des cordes, un détendeur de secours et un gilet de
sauvetage qui est destiné à les alléger en raison du matériel qu’ils transportent et qui les alourdit énormément. Mais tous font preuve d’un grand
courage physique et d’une grande détermination.
Leur masque leur complique la vie. Il comporte au centre une espèce
de groin qui prend le nez et leur permet soit d’accommoder soit de chasser
l’eau dans le masque. Mais il en résulte qu’ils voient mal dans l’eau et qu’ils
n’ont qu’un faible champ de vision.
Il est vrai que l’équipe du Scorpio a parfois involontairement joué de
mauvais tours à ces plongeurs américains qui s’étaient montrés si serviables
et si efficaces. Une des principales victimes fut Dusty Way. Il se trouvait
sur le plateau de corail, les deux jambes dans l’eau et il faisait passer dans
la faille les lampes au bout d’un câble. Elles étaient alimentées par le groupe
électrogène du bateau qui faisait 220 volts. Mais ce groupe n’était pas isolé
à la masse. Dusty a tout à coup reçu le courant et il est parti en vol plané
A droite : Sur la plage arrière du Scorpio. Le commandant Cousteau, à côté de son fils Philippe,
se prépare à plonger.
