222 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
qu’ils atteignent l’eau salée sur laquelle ils rebondissent alors comme s’ils
étaient relancés par un tremplin. La séparation des deux zones peut être
aussi nette que celle qui s’établit entre de l’huile et de l’eau. Le phénomène
se produit souvent après de longues périodes sèches. Benjamin s’est ainsi
laissé surprendre dans un trou bleu d’une soixantaine de mètres de large
qui est situé au sud de Stafford Creek, presque au centre de l’île. L’eau y
est claire comme du cristal mais c’est de l’eau douce et on ne trouve l’eau
salée qu’à 35 mètres de fond alors que la profondeur totale est de plus de
60 mètres.
Une eau sulfureuse
Le trou dans lequel l’équipe se propose de descendre est certainement
rempli d’eau de mer. Sa couleur et son odeur sont assez caractéristiques
pour qu’on ne s’y trompe pas. Elle est brouillée et contaminée par des
éléments sulfureux qui dégagent l’odeur tenace de l’hydrogène sulfuré. En
pareil cas, la faune a disparu. Pourtant beaucoup de ces trous bleus sont
réputés pour leur richesse en poissons, surtout en certaines saisons. Et les
pêcheurs y viennent nombreux prendre des lutj ans et des carangues.
La présence d’hydrogène sulfuré peut s’expliquer par la décomposition
des matières organiques. C’est, près de la surface, une mauvaise zone à
traverser pour les plongeurs, mais plus ils descendent, et plus l’eau devient
claire. La plupart de ces trous ont une configuration analogue. La partie
supérieure, quelquefois parfaitement ronde, évoque un immense tonneau.
Les murs descendent à peu près à la verticale et en général, il existe à une
certaine profondeur, sur l’un des côtés, un surplomb ou un balcon où s’ouvre
parfois une galerie qui peut mener à une succession de salles horizontales.
En général, le côté opposé est recouvert de vase et descend doucement vers
ce surplomb.
C’est une ouverture de ce genre qu’ont découverte, au cours de leur
descente, Raymond Coll et Louis Prézelin. Ils s’y engagent et il leur faut
lutter contre un léger courant. Mais à cette profondeur, l’eau est claire et
doit communiquer avec toute une série d’autres boyaux.
L’exploration commence. Elle est lente parce que les plongeurs transportent beaucoup d’accessoires.
Une soucoupe plongeante repose sur des flotteurs pour pouvoir franchir la barrière des coraux.
Double page suivante : L'équipe descend en reconnaissance dans " le trou dans le mur ". (Photo
G.J. Benjamin.)
qu’ils atteignent l’eau salée sur laquelle ils rebondissent alors comme s’ils
étaient relancés par un tremplin. La séparation des deux zones peut être
aussi nette que celle qui s’établit entre de l’huile et de l’eau. Le phénomène
se produit souvent après de longues périodes sèches. Benjamin s’est ainsi
laissé surprendre dans un trou bleu d’une soixantaine de mètres de large
qui est situé au sud de Stafford Creek, presque au centre de l’île. L’eau y
est claire comme du cristal mais c’est de l’eau douce et on ne trouve l’eau
salée qu’à 35 mètres de fond alors que la profondeur totale est de plus de
60 mètres.
Une eau sulfureuse
Le trou dans lequel l’équipe se propose de descendre est certainement
rempli d’eau de mer. Sa couleur et son odeur sont assez caractéristiques
pour qu’on ne s’y trompe pas. Elle est brouillée et contaminée par des
éléments sulfureux qui dégagent l’odeur tenace de l’hydrogène sulfuré. En
pareil cas, la faune a disparu. Pourtant beaucoup de ces trous bleus sont
réputés pour leur richesse en poissons, surtout en certaines saisons. Et les
pêcheurs y viennent nombreux prendre des lutj ans et des carangues.
La présence d’hydrogène sulfuré peut s’expliquer par la décomposition
des matières organiques. C’est, près de la surface, une mauvaise zone à
traverser pour les plongeurs, mais plus ils descendent, et plus l’eau devient
claire. La plupart de ces trous ont une configuration analogue. La partie
supérieure, quelquefois parfaitement ronde, évoque un immense tonneau.
Les murs descendent à peu près à la verticale et en général, il existe à une
certaine profondeur, sur l’un des côtés, un surplomb ou un balcon où s’ouvre
parfois une galerie qui peut mener à une succession de salles horizontales.
En général, le côté opposé est recouvert de vase et descend doucement vers
ce surplomb.
C’est une ouverture de ce genre qu’ont découverte, au cours de leur
descente, Raymond Coll et Louis Prézelin. Ils s’y engagent et il leur faut
lutter contre un léger courant. Mais à cette profondeur, l’eau est claire et
doit communiquer avec toute une série d’autres boyaux.
L’exploration commence. Elle est lente parce que les plongeurs transportent beaucoup d’accessoires.
Une soucoupe plongeante repose sur des flotteurs pour pouvoir franchir la barrière des coraux.
Double page suivante : L'équipe descend en reconnaissance dans " le trou dans le mur ". (Photo
G.J. Benjamin.)
