LES SECRETS D’UNE STALACTITE 187
Mais la tâche ne sera pas facile. Cette stalactite est grande et certainement très lourde. Elle paraît enfoncée dans les sédiments du trottoir. Il
va falloir travailler dur pour la sortir de là, et à 50 mètres de fond, tout
effort est épuisant.
Il faut placer la Calypso juste à l’aplomb de la colonne que nous
voulons hisser afin que la grue de la plage arrière puisse la remonter.
Nous commençons donc par modifier notre ancrage et par déplacer
lentement la Calypso à l’intérieur du trou bleu.
Pendant ce temps, une équipe descend et dégage la stalactite afin de
pouvoir l’élinguer*, mais elle est fortement prise dans du corail mort que
les plongeurs doivent casser à coups de pic.
Comme je veux filmer toute cette opération, il faut encore installer
des câbles et des lampes pour éclairer brillamment la grotte. Dans tout ce
Travail, Bob Dill se montre un acteur merveilleux, bon plongeur, très à
l’aise ; il sait toujours se placer par rapport aux caméras et les cinéastes
sont certains de bien distinguer les appareils qu’il manie au fond et qui
ont toujours un caractère un peu mystérieux. Il est vrai qu’auparavant, il
avait plongé assez souvent avec Falco et Laban et qu’il s’entendait admirablement avec eux par signes.
Lorsque notre chantier sous-marin fut prêt, la colonne dégagée de sa
gangue de sédiments et solidement ceinturée, un câble fut descendu de la
Calypso et frappé sur les élingues. On vira au treuil et la stalactite monta
dans un grand nuage de vase. Le treuil* de la Calypso peinait sous le poids
de ce trophée qui pesait une tonne et qui mesurait plus de 6 mètres de long.
Pendant tout le temps où la stalactite fut hissée, les plongeurs l’accompagnaient, la dirigeaient aussi pour qu’elle ne se heurte pas aux parois de la
grotte ou ne s’engage pas dans une anfractuosité. Ce fut très long et les
caméramen eurent tout le loisir de filmer cette ascension sous les angles
les plus divers.
Enfin, la colonne apparut en surface : elle était magnifique. Des
concrétions marines la tapissaient de vives couleurs tandis qu’elle apparaissait très blanche sur l’une de ses faces, celle qui était en contact avec les
sédiments du trottoir.
Difficile à couper
Cette colonne brillait d’un merveilleux éclat sous le soleil et surgissait
d’une eau d’un bleu intense dans un bouillonnement d’écume et un ruissellement argenté.
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