174 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
Nous lui avons d’abord donné des claques pour le faire revenir à lui, puis
dans l’eau même, nous l’avons couché sur un balcon recouvert de sable
pour qu’il respire mieux et c’est là qu’enfin son évanouissement a pris fin. »
Finalement, le docteur a été ramené à bord de la Calypso. Il répétait
sans cesse que les plongeurs lui avaient sauvé la vie. Ce n’était pas tout à
fait faux, puisque à 50 mètres, complètement inerte, il ne nageait plus, tout
près de couler.
Cet accident qui s’est heureusement bien terminé, a évoqué pour Yves
Orner une situation à peu près semblable dans laquelle il s’était trouvé au
cours de la troisième expérience de la « Maison sous la mer »*. C’était à
la fin de son séjour au fond et lui aussi portait des câbles pour démonter
l’installation. Le poids l’écrasait et il lui fallait remonter une pente de vase.
A chaque pas qu’il faisait, il piquait du nez sur le fond et il redescendait
le long de la pente. Heureusement, la soucoupe pilotée par Falco était là.
Elle a pris Yves Orner par derrière, l’a soulevé, lui et ses câbles et l’a
ramené jusqu’à la maison sous-marine. Cette intervention supposait de la
part de Falco une grande présence d’esprit, l’intuition nécessaire pour
deviner que le plongeur était en difficulté et surtout une grande habileté
pour lui venir en aide en manœuvrant doucement et efficacement la
soucoupe.
Bod Dill lui aussi nous donnait parfois des émotions. C’était non
seulement un excellent plongeur, mais aussi un grand amateur de cinéma.
Il aimait beaucoup, dans l’eau, tenir le rôle de celui que nous appelons
« le sujet ». Il se prêtait à toutes les exigences des cinéastes et lui-même
inventait des scènes à filmer et se plaçait toujours de manière à bien dégager
le champ de la caméra. C’était l’acteur idéal.
Il avait conçu tout un plan de tournage où trois éléments joueraient
les rôles principaux : lui-même, son marteau de géologue et une stalactite.
« Je vais descendre, dit-il, j’aborderai la stalactite par la gauche.
Placez-vous à droite, vous me verrez bien détacher d’un seul coup sec un
élément de la stalactite, la mettre dans mon sac et remonter. »
Les cinéastes se mettent en place, voient Bob Dill descendre. Il
s’approche de la stalactite, brandit son marteau, en assène un coup sec...
et s’ouvre un doigt.
Il n’y avait plus qu’à le remonter sur la Calypso où le docteur dut lui
mettre trois agrafes et lui faire un pansement.
Peu de temps après, notre géologue eut des démêlés avec un rémora*
obstiné. Ces poissons se fixent généralement sur les requins. Celui-là avait
cru trouver en Bob Dill un support agréable et il s’était collé sur son épaule
grâce à la ventouse en « persienne » qui lui permet d’adhérer très fortement.
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