Jean-Michel Cousteau
qui a préparé toute notre
expédition, a adopté la
coiffure du pays.
Avellaneda. Il s’agit bien en effet de blocs entassés et de constructions qui
ont été réalisées de main d’homme mais il est impossible de voir là des
ruines de villes ou de temples. Il s’agit sans doute de bassins aménagés pour
protéger les embarcations contre les tempêtes du large.
Ces entassements qui se trouvent actuellement à 5 ou 6 mètres de
profondeur étaient encore il y a une vingtaine d’années au niveau de la
surface. Les eaux du lac ont évidemment baissé ou monté selon les époques :
elles sont tributaires de tous les cours d’eau de montagne qui s’y jettent et
qui y apportent d’ailleurs les alluvions et les sédiments qui rendent toute
recherche si difficile.
Nous avons trouvé dans la région d’Oré un très bel appareillage
d’autres blocs parfaitement jointifs. Cette construction semble prolonger
sous l’eau le soubassement d’un édifice, sans doute un temple bien connu
des archéologues, situé à une centaine de mètres du rivage actuel.
Notre ami Frédéric Dumas, spécialiste de l’archéologie sous-marine,
qui faisait partie de notre expédition, a découvert dans cette région un bloc
de pierre où figure un serpent sculpté de grandes dimensions. Ce serpent
semble un naja, c’est-à-dire un serpent des terres chaudes, inconnu sous ce
climat et à cette altitude. Peut-être y a-t-il là un témoignage qui viendrait
confirmer l’hypothèse historique selon laquelle les premiers habitants des
Andes ne seraient pas venus de la côte du Pacifique, mais du bassin de
l’Amazone.
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