136 TROIS AVENTURES DE LA CALYPSO
Ce petit groupe uru ne peut appartenir qu’à un lointain passé, car il
est composé d’hommes de typle dolychocéphale*, au milieu des populations
andines aux têtes courtes et larges.
Les Urus étaient déjà sans doute passablement dégénérés à l’époque
Inca : ils ne pratiquaient pas l’agriculture, ils vivaient de la pêche et les
Incas se seraient refusés à leur révéler le culte du Soleil, se contentant
d’exiger d’eux des tributs de poissons ou des offrandes de paniers qu’ils
tressaient avec art.
Nos rapports avec les Urus ne se sont pas bornés à l’incursion brusque
qu’a faite Jean-Clair Riant en passant sous les totoras et en jaillissant au
centre de l’île flottante.
Nous nous sommes efforcés d’entrer en rapport et en conversation
avec eux, mais bien qu’il existe une école dans le village de joncs, bien
peu d’habitants comprennent et parlent l’espagnol. Seuls les enfants pouvaient nous servir d’interprètes car l’instituteur de cette école flottante a
déjà réussi à leur faire faire de grands progrès.
Nous avons questionné le vieux chef du village, mais il semblait refuser
de sortir de son rêve apathique longuement entretenu par le pisco et la
cola. A moins que ce silence ne soit un grand témoignage de sagesse. C’est
ce que nous avons fini par penser. Car le tourisme venu de toute part
encercle et menace l’île des Urus. Le refuge qu’on pourrait croire presque
inaccessible est en butte aux curiosités des étrangers qui viennent les photographier sous le nez et leur acheter les quelques objets qu’ils fabriquent et
où subsiste un reflet de leur art très ancien : humbles figurines de terre
cuite, peaux et surtout ces objets de vannerie pour lesquels ils montrent
une habileté ancestrale, des paniers de joncs tressés, des corbeilles, des
modèles en réduction de leurs canots en totoras.
La venue des touristes étrangers représente certainement un danger
pour les Urus. Il est à craindre qu’en perdant leur isolement ils ne perdent
aussi les derniers souvenirs de leur culture et de leur artisanat, qui furent
jadis remarquables. Cette perte est-elle compensée par la perspective d’une
meilleure hygiène et peut-être même d’un certain confort ?
On souhaiterait cependant que le secret de la construction des beaux
canots en totoras dont certains sont même munis de voiles de roseaux ne
soit pas à jamais perdu et que ces embarcations uniques au monde ne
deviennent pas une simple curiosité pour circuit touristique.
Pour notre part nous avons acheté un de ces canots et nous l’avons
offert au Musée de la Mer à bord du Queen Mary, à Long Beach.
Ce petit groupe uru ne peut appartenir qu’à un lointain passé, car il
est composé d’hommes de typle dolychocéphale*, au milieu des populations
andines aux têtes courtes et larges.
Les Urus étaient déjà sans doute passablement dégénérés à l’époque
Inca : ils ne pratiquaient pas l’agriculture, ils vivaient de la pêche et les
Incas se seraient refusés à leur révéler le culte du Soleil, se contentant
d’exiger d’eux des tributs de poissons ou des offrandes de paniers qu’ils
tressaient avec art.
Nos rapports avec les Urus ne se sont pas bornés à l’incursion brusque
qu’a faite Jean-Clair Riant en passant sous les totoras et en jaillissant au
centre de l’île flottante.
Nous nous sommes efforcés d’entrer en rapport et en conversation
avec eux, mais bien qu’il existe une école dans le village de joncs, bien
peu d’habitants comprennent et parlent l’espagnol. Seuls les enfants pouvaient nous servir d’interprètes car l’instituteur de cette école flottante a
déjà réussi à leur faire faire de grands progrès.
Nous avons questionné le vieux chef du village, mais il semblait refuser
de sortir de son rêve apathique longuement entretenu par le pisco et la
cola. A moins que ce silence ne soit un grand témoignage de sagesse. C’est
ce que nous avons fini par penser. Car le tourisme venu de toute part
encercle et menace l’île des Urus. Le refuge qu’on pourrait croire presque
inaccessible est en butte aux curiosités des étrangers qui viennent les photographier sous le nez et leur acheter les quelques objets qu’ils fabriquent et
où subsiste un reflet de leur art très ancien : humbles figurines de terre
cuite, peaux et surtout ces objets de vannerie pour lesquels ils montrent
une habileté ancestrale, des paniers de joncs tressés, des corbeilles, des
modèles en réduction de leurs canots en totoras.
La venue des touristes étrangers représente certainement un danger
pour les Urus. Il est à craindre qu’en perdant leur isolement ils ne perdent
aussi les derniers souvenirs de leur culture et de leur artisanat, qui furent
jadis remarquables. Cette perte est-elle compensée par la perspective d’une
meilleure hygiène et peut-être même d’un certain confort ?
On souhaiterait cependant que le secret de la construction des beaux
canots en totoras dont certains sont même munis de voiles de roseaux ne
soit pas à jamais perdu et que ces embarcations uniques au monde ne
deviennent pas une simple curiosité pour circuit touristique.
Pour notre part nous avons acheté un de ces canots et nous l’avons
offert au Musée de la Mer à bord du Queen Mary, à Long Beach.
