BACTÉRIOPHAGES
donné, se traduit par l’apparition de propriétés nouvelles. Nous avons signalé
l’une d’entre elles, l’immunité vis-à-vis du phage correspondant. Il en est d’autres
qui ne paraissent pas liés de manière évidente à la capacité de synthétiser un phage;
on parle alors de « conversion lysogénique ».
L’une des plus remarquables est celle de certaines Salmonella par les phages e.
Les Salmonella possèdent des antigènes de surface de nature polysaccharidique,
antigènes désignés par un nombre. Or une Salmonella, portant par exemple les
antigènes 3 et 10 (S3 10), peut être lysogénisée par un phage e15. On constate
alors que la structure antigénique de sa surface change et que l’antigène 10 est
remplacé par un nouvel antigène, l’antigène 15, qui n’est autre qu’un antigène
10 remanié. Cette conversion est strictement liée à la lysogénisation.
On a cherché a mettre en évidence des phénomènes comparables chez d’autres
virus que les bactériophages.
Il existe en effet de nombreuses infections latentes où un virus ne se manifeste
qu’après action d’un stimulus approprié. C’est en particulier le cas de l'herpès,
dû à un virus provoquant généralement des lésions cutanées toujours localisées
au même endroit (notamment aux environs de la bouche) et qui se développent
après une irradiation solaire trop intense ou un accès de fièvre.
L’une des conditions probablement les plus proches de la lysogénie doit se
trouver à propos de certains virus oncogènes. On n’a cependant jamais pu
prouver, dans ces cas, que les relations entre virus et cellule-hôte étaient équivalentes à celles du prophage et de la bactérie lysogène.
Conclusions 2.4.
La multiplication du bactériophage T2 nous a montré que la multiplication virale
était liée à une supplantation de l’information génétique cellulaire par une information génétique étrangère, portée par l’acide nucléique viral et introduite lors
de l’infection de la cellule.
Le cycle d’un tel virus consiste en une alternance entre une forme inerte, le virion
où l’acide nucléique viral, protégé par sa capside, peut séjourner dans le milieu
extérieur, et une forme végétative active où cet acide nucléique, introduit dans le
cytoplasme de la cellule-hôte, se réplique d’une part et dirige les synthèses cellulaires d’autre part.
Le bactériophage X nous a montré que ce comportement n'est pas le seul possible.
Le virus peut, sous la forme de prophage, se résumer à son seul acide nucléique
intégré dans le chromosome bactéren. Sous cette forme, l'activité de l’acide
nucléique viral reste maitrisée par la cellule. Il en résulte que la multiplication du
virus demeure strictement synchronisée avec celle du chromosome bactérien, et
qu’une toute petite partie de l'information qu'il comporte est seule utilisée (synthèse du répresseur et conversion).
Le système bactérie-bactériophage T ou X est un système particulier. D une part,
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donné, se traduit par l’apparition de propriétés nouvelles. Nous avons signalé
l’une d’entre elles, l’immunité vis-à-vis du phage correspondant. Il en est d’autres
qui ne paraissent pas liés de manière évidente à la capacité de synthétiser un phage;
on parle alors de « conversion lysogénique ».
L’une des plus remarquables est celle de certaines Salmonella par les phages e.
Les Salmonella possèdent des antigènes de surface de nature polysaccharidique,
antigènes désignés par un nombre. Or une Salmonella, portant par exemple les
antigènes 3 et 10 (S3 10), peut être lysogénisée par un phage e15. On constate
alors que la structure antigénique de sa surface change et que l’antigène 10 est
remplacé par un nouvel antigène, l’antigène 15, qui n’est autre qu’un antigène
10 remanié. Cette conversion est strictement liée à la lysogénisation.
On a cherché a mettre en évidence des phénomènes comparables chez d’autres
virus que les bactériophages.
Il existe en effet de nombreuses infections latentes où un virus ne se manifeste
qu’après action d’un stimulus approprié. C’est en particulier le cas de l'herpès,
dû à un virus provoquant généralement des lésions cutanées toujours localisées
au même endroit (notamment aux environs de la bouche) et qui se développent
après une irradiation solaire trop intense ou un accès de fièvre.
L’une des conditions probablement les plus proches de la lysogénie doit se
trouver à propos de certains virus oncogènes. On n’a cependant jamais pu
prouver, dans ces cas, que les relations entre virus et cellule-hôte étaient équivalentes à celles du prophage et de la bactérie lysogène.
Conclusions 2.4.
La multiplication du bactériophage T2 nous a montré que la multiplication virale
était liée à une supplantation de l’information génétique cellulaire par une information génétique étrangère, portée par l’acide nucléique viral et introduite lors
de l’infection de la cellule.
Le cycle d’un tel virus consiste en une alternance entre une forme inerte, le virion
où l’acide nucléique viral, protégé par sa capside, peut séjourner dans le milieu
extérieur, et une forme végétative active où cet acide nucléique, introduit dans le
cytoplasme de la cellule-hôte, se réplique d’une part et dirige les synthèses cellulaires d’autre part.
Le bactériophage X nous a montré que ce comportement n'est pas le seul possible.
Le virus peut, sous la forme de prophage, se résumer à son seul acide nucléique
intégré dans le chromosome bactéren. Sous cette forme, l'activité de l’acide
nucléique viral reste maitrisée par la cellule. Il en résulte que la multiplication du
virus demeure strictement synchronisée avec celle du chromosome bactérien, et
qu’une toute petite partie de l'information qu'il comporte est seule utilisée (synthèse du répresseur et conversion).
Le système bactérie-bactériophage T ou X est un système particulier. D une part,
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