CELLULES ET VIRUS
Ces deux mutants permettent donc de mettre en évidence les phénotypes T2 et
T4 : les types a et b peuvent infecter B/4 car leur phénotype est T2, les types c et d
ne le peuvent pas. Mais le type a, dans ces conditions, donnera exclusivement des
virions T2, tandis que le type b malgré son phénotype T2 et du fait de son génotype
T4 donnera exclusivement des virions T4.
c) Mécanismes de coordination de la maturation
Le fait qu’une structure aussi compliquée que le virion du phage s’assemble avec
autant de régularité prouve, s’il en était besoin, qu’il existe un ou plusieurs mécanismes de coordination. Ceux-ci sont encore mal connus, mais on sait que, dans
le cas du phage T4 relativement mieux étudié que le T2 de ce point de vue, ces
mécanismes sont, au moins en grande partie, génétiques1.
1. Voir le volume «Génétique et évolution» dans cette collection.
Pour ne citer qu’un seul exemple, on sait que la tête du phage est formée de
300 molécules environ d’une seule protéine. Or il existe au moins sept gènes
dirigeant la formation de cette tête. Un grand nombre d’entre eux doivent être
impliqués dans la régulation de l’assemblage des unités protéiques.
d) Matériel viral non incorporé dans le virion
Parmi les substances synthétisées sous la direction de l’acide nucléique viral,
toutes sont loin de s’incorporer dans des virions. On considère, par exemple,
que des protéines élaborées à partir de la dixième minute, moment où la synthèse
des enzymes de la phase précoce a cessé, une moitié seulement sera incorporée
dans les virions.
Nous venons en effet de voir qu’en dehors de ces enzymes une partie de l’ADN
viral et des protéines capsidales, destinés en principe à être incorporés dans des
virions, en définitive ne le seront pas. Il existe aussi des substances qui bien que
codées par l’ADN viral, ne font jamais partie du virion. Parmi celles-ci certaines
ont un rôle connu, enzymatique par exemple, comme dans le cas de l’enzyme de
libération ou endolysine.
22A. LIBERATION DES VIRIONS
11 existe, dans la bactérie infectée, des phages mûrs dès la douzième minute (fin/
de la phase d’éclipse). On ne peut mettre en évidence leur caractère infectieux
qu’après destruction artificielle de la paroi bactérienne.
Ces virions apparaissent dans le milieu vers la vingt-cinquième minute (fin de la
phase de latence). La libération est très rapide (fig. 156), elle se déroule en quelques
secondes. Lorsque les courbes en tirets et traits fins se rejoignent, la libération est
terminée, la bactérie est morte, les synthèses d’ADN et de protéines s’arrêtent.
Cette libération s’effectue par rupture de la paroi à la suite de l’action d’une
enzyme, l'endolysine, qui semble bien être identique à l’enzyme de pénétration.
C’est, en quelque sorte, le pendant de la lyse par le dehors (voir p. 263).
22S. CONCLUSIONS
La multiplication du bactériophage T2 apparaît donc comme le résultat d’un fonctionnement particulier de la cellule (fig. 157).
272
Ces deux mutants permettent donc de mettre en évidence les phénotypes T2 et
T4 : les types a et b peuvent infecter B/4 car leur phénotype est T2, les types c et d
ne le peuvent pas. Mais le type a, dans ces conditions, donnera exclusivement des
virions T2, tandis que le type b malgré son phénotype T2 et du fait de son génotype
T4 donnera exclusivement des virions T4.
c) Mécanismes de coordination de la maturation
Le fait qu’une structure aussi compliquée que le virion du phage s’assemble avec
autant de régularité prouve, s’il en était besoin, qu’il existe un ou plusieurs mécanismes de coordination. Ceux-ci sont encore mal connus, mais on sait que, dans
le cas du phage T4 relativement mieux étudié que le T2 de ce point de vue, ces
mécanismes sont, au moins en grande partie, génétiques1.
1. Voir le volume «Génétique et évolution» dans cette collection.
Pour ne citer qu’un seul exemple, on sait que la tête du phage est formée de
300 molécules environ d’une seule protéine. Or il existe au moins sept gènes
dirigeant la formation de cette tête. Un grand nombre d’entre eux doivent être
impliqués dans la régulation de l’assemblage des unités protéiques.
d) Matériel viral non incorporé dans le virion
Parmi les substances synthétisées sous la direction de l’acide nucléique viral,
toutes sont loin de s’incorporer dans des virions. On considère, par exemple,
que des protéines élaborées à partir de la dixième minute, moment où la synthèse
des enzymes de la phase précoce a cessé, une moitié seulement sera incorporée
dans les virions.
Nous venons en effet de voir qu’en dehors de ces enzymes une partie de l’ADN
viral et des protéines capsidales, destinés en principe à être incorporés dans des
virions, en définitive ne le seront pas. Il existe aussi des substances qui bien que
codées par l’ADN viral, ne font jamais partie du virion. Parmi celles-ci certaines
ont un rôle connu, enzymatique par exemple, comme dans le cas de l’enzyme de
libération ou endolysine.
22A. LIBERATION DES VIRIONS
11 existe, dans la bactérie infectée, des phages mûrs dès la douzième minute (fin/
de la phase d’éclipse). On ne peut mettre en évidence leur caractère infectieux
qu’après destruction artificielle de la paroi bactérienne.
Ces virions apparaissent dans le milieu vers la vingt-cinquième minute (fin de la
phase de latence). La libération est très rapide (fig. 156), elle se déroule en quelques
secondes. Lorsque les courbes en tirets et traits fins se rejoignent, la libération est
terminée, la bactérie est morte, les synthèses d’ADN et de protéines s’arrêtent.
Cette libération s’effectue par rupture de la paroi à la suite de l’action d’une
enzyme, l'endolysine, qui semble bien être identique à l’enzyme de pénétration.
C’est, en quelque sorte, le pendant de la lyse par le dehors (voir p. 263).
22S. CONCLUSIONS
La multiplication du bactériophage T2 apparaît donc comme le résultat d’un fonctionnement particulier de la cellule (fig. 157).
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