NUCLÉOPLASME ET ORGANITES NUCLÉAIRES
dispersées dans le nucléoplasme, certaines sont accolées à la membrane nucléaire
et aux nucléoles.
Au microscope électronique, après fixation osmique, on reconnaît les masses de
chromatine qui sont plus denses aux électrons? A plus fort grandissement, on voit
que la chromatine possède une structure fibrillaire, les fibrilles qui la constituent
ayant une centaine d’angstrôms de diamètre. Dans les noyaux interphasiques des
eucaryotes il n’est pas possible de reconstituer l’arrangement spatial de ces fibrilles,
car sur les coupes minces on n’en peut observer que de très courts fragments
enchevêtrés. Chez les bactéries au contraire, l’ultrastructure de la chromatine est
plus facile à interpréter : on remarque des fibrilles plus fines que chez les eucaryotes (25 Â de diamètre), souvent disposées les unes à côté des autres, parallèlement au grand axe de la bactérie (fig. 106 a).
Il faut souligner le caractère décevant de ces observations, qui ne permettent pas
de comprendre l’architecture de la chromatine, ni de relier les aspects morphologiques aux données biochimiques.
Cependant il est des cas où le matériel, particulièrement favorable, se prête à une
interprétation satisfaisante des aspects ultrastructuraux. Dans les spermatides
(jeunes spermatozoïdes) de certains mollusques et insectes, la chromatine apparaît
constituée de faisceaux de fibrilles isolées ou accolées les unes aux autres (fig. 106 b).
Ces faisceaux sont disposés selon le grand axe du noyau de la spermatide; bien
visibles dans les jeunes spermatozoïdes, on ne les distingue plus dans les spermatozoïdes mûrs, car ils sont alors masqués par le nucléoplasme devenu très dense
aux électrons. Dans ces cas bien précis, on a l’assurance que la structure fibrillaire
de la chromatine ne résulte pas des procédés de fixation, puisqu’elle peut être
mise en évidence in vivo au microscope polarisant et par diffraction des rayons X
aux petits angles.
2.2.2. CONSTITUTION CHIMIQUE
Dans les noyaux où les masses de chromatine sont d’assez grande taille, les réactions cytochimiques montrent que cet organite prend fortement les colorants
basiques et que c’est à son niveau qu’est localisé l’ADN nucléaire. On a pu,
d’autre part, séparer à partir de noyaux isolés une fraction « chromatine » (Mirsky
et Allfrey, 1955), dont l’analyse permet de compléter les résultats obtenus par les
techniques cytochimiques.
Chez les eucaryotes la chromatine est formée d’ADN associé à des histones, les
liaisons se faisant sans doute par des ponts salins au niveau des groupements
phosphate de l’acide nucléique. La chromatine contient également des protéines
acides, des phospholipides, et le calcium semble jouer un rôle très important
dans le maintien de l’architecture de cet édifice moléculaire complexe. La
variété des constituants associés pour former l'édifice chromatinien entraîne
une grande sensibilité à divers facteurs qui peuvent en modifier l’architecture.
En particulier, si on fait varier la concentration de divers ions (Ca++, Mg4-* ou K4 )
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