54 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
escale importante sur la route historique des epices. Ce ne sont plus maintenant que des îles de corail très pauvres et rarement visitées. Colonisées
d’abord par les Portugais, elles devinrent possession anglaise au début du
XIXe siècle. Elles sont indépendantes depuis 1965.
Lorsque le lendemain, après avoir fait le tour de l’atoll devant lequel
nous avions jeté l’ancre, nous arrivons à Malé, la capitale de l’Archipel,
nous apprenons que les Maldiviens fêtent le deuxième anniversaire de leur
indépendance. Pendant trois jours les services du port ne fonctionneront
pas. Le pays est paralysé.
C’est vraiment un contretemps imprévisible. Le Docteur, la police, la
douane, tous les fonctionnaires sont extrêmement gentils, mais nous attendons, nous attendons... En vain.
Jeudi 23, c’est toujours fête. L’eau douce dont nous avons besoin ne
vient pas. Barsky est allé aux nouvelles à terre et il ramène à bord Farouk
Ibrahim, chef des douanes et de l’aéroport. Ce Maldivien est intelligent,
extrêmement aimable, doué du sens de l’humour. Après la visite à bord
qui l’intéresse, nous l’invitons à déjeuner. Il nous raconte l’incroyable histoire
de son oncle disparu pendant la guerre.
Son oncle était un « Didi », comme tous les notables des Maldives et
comme lui-même. Didi étant aussi le surnom de notre ami Frédéric Dumas,
l’histoire nous met aussitôt en joie. Elle est pourtant dramatique. Les
Anglais pendant la guerre ont demandé aux Maldiviens de leur céder une
base pour 99 ans, mais tous les ministres refusèrent, le principal opposant
étant l’oncle de Farouk Ibrahim. Ce notable Didi fut embarqué sur un
bateau anglais et il disparut entre deux îles. Les Anglais notifièrent
brièvement aux Maldiviens que le navire avait été coulé et que le plus
illustre des Didi était porté disparu.
Des carrières dans la mer
Après le déjeuner, Farouk Ibrahim nous emmène dans l’île et nous
promène en jeep. Il nous fait visiter l’aéroport où une nouvelle piste a été
édifiée, construite en corail. Il n’y a guère qu’un avion par semaine, venant
de Colombo. Les maisons aussi sont faites de corail. Traditionnellement,
presque toutes les habitations étaient des huttes indigènes en cocotier. Mais
escale importante sur la route historique des epices. Ce ne sont plus maintenant que des îles de corail très pauvres et rarement visitées. Colonisées
d’abord par les Portugais, elles devinrent possession anglaise au début du
XIXe siècle. Elles sont indépendantes depuis 1965.
Lorsque le lendemain, après avoir fait le tour de l’atoll devant lequel
nous avions jeté l’ancre, nous arrivons à Malé, la capitale de l’Archipel,
nous apprenons que les Maldiviens fêtent le deuxième anniversaire de leur
indépendance. Pendant trois jours les services du port ne fonctionneront
pas. Le pays est paralysé.
C’est vraiment un contretemps imprévisible. Le Docteur, la police, la
douane, tous les fonctionnaires sont extrêmement gentils, mais nous attendons, nous attendons... En vain.
Jeudi 23, c’est toujours fête. L’eau douce dont nous avons besoin ne
vient pas. Barsky est allé aux nouvelles à terre et il ramène à bord Farouk
Ibrahim, chef des douanes et de l’aéroport. Ce Maldivien est intelligent,
extrêmement aimable, doué du sens de l’humour. Après la visite à bord
qui l’intéresse, nous l’invitons à déjeuner. Il nous raconte l’incroyable histoire
de son oncle disparu pendant la guerre.
Son oncle était un « Didi », comme tous les notables des Maldives et
comme lui-même. Didi étant aussi le surnom de notre ami Frédéric Dumas,
l’histoire nous met aussitôt en joie. Elle est pourtant dramatique. Les
Anglais pendant la guerre ont demandé aux Maldiviens de leur céder une
base pour 99 ans, mais tous les ministres refusèrent, le principal opposant
étant l’oncle de Farouk Ibrahim. Ce notable Didi fut embarqué sur un
bateau anglais et il disparut entre deux îles. Les Anglais notifièrent
brièvement aux Maldiviens que le navire avait été coulé et que le plus
illustre des Didi était porté disparu.
Des carrières dans la mer
Après le déjeuner, Farouk Ibrahim nous emmène dans l’île et nous
promène en jeep. Il nous fait visiter l’aéroport où une nouvelle piste a été
édifiée, construite en corail. Il n’y a guère qu’un avion par semaine, venant
de Colombo. Les maisons aussi sont faites de corail. Traditionnellement,
presque toutes les habitations étaient des huttes indigènes en cocotier. Mais
