46 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
prêt il n’y a plus rien. La Calypso revient en arrière et nous trouvons approximativement l’endroit du phénomène, mais cela se passe un peu trop
profond pour le filmer et l’eau est encore très trouble. Nous ne saurons
jamais exactement quels étaient ces animaux phosphorescents. Peut-être
des méduses.
Je ne rapporte l’incident que parce qu’il montre combien notre tâche
est difficile malgré tous les efforts déployés. Nous connaîtrons encore bien
des fois ce genre de déception pendant notre tour du monde... Qu’il s’agisse
de cinéma ou d’observation scientifique, je pense qu’il faut compter un
succès pour dix échecs.
Les coraux meurent
Le voyage que nous avons commencé en 1967 n’est pas tout à fait un
voyage océanographique comme les autres. En effet une tâche exceptionnelle
s’est imposée à nous : une mission que nous croyons être les seuls à pouvoir
remplir. Il s’agit du sort que l’avenir réserve au monde des coraux.
Je l’ai dit, les coraux sont des êtres vivants. Cela signifie qu’ils peuvent
être frappés par la maladie et par la mort. Aujourd’hui la civilisation
représente pour les animaux marins des dangers que les plongeurs sont les
premiers et jusqu’à présent les seuls à connaître. La pollution ne menace
pas seulement les hommes, mais aussi la vie marine. Les grands pétroliers
qui parcourent le couloir de corail de la Mer Rouge et de l’Océan Indien
constituent pour toute la faune un danger considérable. Il est probable qu’à
plus ou moins longue échéance, un grand désastre se prépare, dont l’homme
sera à la fois le responsable et la victime.
Nous sommes partis avec la Calypso pour savoir exactement où en
est le mal. J’ai trente ans de plongée et mon équipe a seize ans d’expérience
en Mer Rouge et dans l’Océan Indien. Nous sommes en mesure de juger
si les dégâts que la civilisation provoque dans les mers tropicales, particulièrement en ce qui concerne la vie du corail, sont minimes ou irrémédiables.
J ai consacré ma vie à la mer. Je ne puis la laisser salir, dégrader, polluer
sans protester et sans lutter.
A 1 heure où j’écris, il y a 3 ans que j’ai quitté Monaco pour cette
croisière autour du monde avec la ferme résolution de connaître la vérité.
Lorsque nous sommes partis, bien peu de gens se souciaient des dangers
prêt il n’y a plus rien. La Calypso revient en arrière et nous trouvons approximativement l’endroit du phénomène, mais cela se passe un peu trop
profond pour le filmer et l’eau est encore très trouble. Nous ne saurons
jamais exactement quels étaient ces animaux phosphorescents. Peut-être
des méduses.
Je ne rapporte l’incident que parce qu’il montre combien notre tâche
est difficile malgré tous les efforts déployés. Nous connaîtrons encore bien
des fois ce genre de déception pendant notre tour du monde... Qu’il s’agisse
de cinéma ou d’observation scientifique, je pense qu’il faut compter un
succès pour dix échecs.
Les coraux meurent
Le voyage que nous avons commencé en 1967 n’est pas tout à fait un
voyage océanographique comme les autres. En effet une tâche exceptionnelle
s’est imposée à nous : une mission que nous croyons être les seuls à pouvoir
remplir. Il s’agit du sort que l’avenir réserve au monde des coraux.
Je l’ai dit, les coraux sont des êtres vivants. Cela signifie qu’ils peuvent
être frappés par la maladie et par la mort. Aujourd’hui la civilisation
représente pour les animaux marins des dangers que les plongeurs sont les
premiers et jusqu’à présent les seuls à connaître. La pollution ne menace
pas seulement les hommes, mais aussi la vie marine. Les grands pétroliers
qui parcourent le couloir de corail de la Mer Rouge et de l’Océan Indien
constituent pour toute la faune un danger considérable. Il est probable qu’à
plus ou moins longue échéance, un grand désastre se prépare, dont l’homme
sera à la fois le responsable et la victime.
Nous sommes partis avec la Calypso pour savoir exactement où en
est le mal. J’ai trente ans de plongée et mon équipe a seize ans d’expérience
en Mer Rouge et dans l’Océan Indien. Nous sommes en mesure de juger
si les dégâts que la civilisation provoque dans les mers tropicales, particulièrement en ce qui concerne la vie du corail, sont minimes ou irrémédiables.
J ai consacré ma vie à la mer. Je ne puis la laisser salir, dégrader, polluer
sans protester et sans lutter.
A 1 heure où j’écris, il y a 3 ans que j’ai quitté Monaco pour cette
croisière autour du monde avec la ferme résolution de connaître la vérité.
Lorsque nous sommes partis, bien peu de gens se souciaient des dangers
