234 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
avec tout l’équipement cinématographique. Et le 7 février au soir, après
une journée épuisante pour tout le monde, nous rentrons la tourelle définitivement dans la cale : l’opération « grands fonds » est terminée.
Nous possédons maintenant à bord de la Calypso 1 kilo d’échantillons
soigneusement étiquetés et qui ont été prélevés dans la grotte, sur la paroi
de la falaise à différentes profondeurs et sur l’ancien « trottoir » qui marque
le niveau fossile. Tout cela est mis de côté pour être analysé par des spécialistes. C’est, je le crois, aussi intéressant et instructif que les pierres prises
sur la lune.
L’étude des animaux vivants du récif réserve de continuelles surprises,
mais c’est ici, sur le corail mort, que mon imagination s’exalte vraiment,
alors que nous essayons de reconstituer la vie physique de l’atoll, sa très
ancienne histoire.
Les secrets que le corail garde en réserve depuis des milliers d’années
seront peut-être éclaircis lorsque ces prélèvements — et beaucoup d’autres
pris dans différents fonds coralliens — seront analysés. Les pulsations des
océans au cours des périodes glaciaires seront décelées avec précision.
Notre espoir le plus vif est de contribuer à dresser une image exacte de la
terre depuis vingt mille ans.
Les plongeurs ont retrouvé à la base du récif les traces de la vie qui
a édifié ces murs. Le massif a grandi au fur et à mesure que les minuscules
polypes formaient leur squelette à partir du calcaire contenu dans l’eau de
mer. Les générations de coraux se sont empilées les unes sur les autres
selon le cycle de la nature. Le récif est toujours vivant. Il grandit encore
et on lira sur les parois de la grotte les relations complexes qui existaient
entre la faune et la flore à l’époque des hommes des cavernes. A cette
époque comme maintenant des algues calcaires, encroûtantes, ont maçonné
les Madrépores entre eux.
Ces plongées à grande profondeur et le maniement de la tourelle
Galeazzi ont finalement fatigué tout le monde. C’était pour chacun —
plongeurs, cinéastes, équipage, bosco, et commandant — une cause de
tension nerveuse. Je décide, pour nous détendre, de reprendre l’observation
des tortues dans l’eau et de nous livrer à quelques promenades sous-marines.
avec tout l’équipement cinématographique. Et le 7 février au soir, après
une journée épuisante pour tout le monde, nous rentrons la tourelle définitivement dans la cale : l’opération « grands fonds » est terminée.
Nous possédons maintenant à bord de la Calypso 1 kilo d’échantillons
soigneusement étiquetés et qui ont été prélevés dans la grotte, sur la paroi
de la falaise à différentes profondeurs et sur l’ancien « trottoir » qui marque
le niveau fossile. Tout cela est mis de côté pour être analysé par des spécialistes. C’est, je le crois, aussi intéressant et instructif que les pierres prises
sur la lune.
L’étude des animaux vivants du récif réserve de continuelles surprises,
mais c’est ici, sur le corail mort, que mon imagination s’exalte vraiment,
alors que nous essayons de reconstituer la vie physique de l’atoll, sa très
ancienne histoire.
Les secrets que le corail garde en réserve depuis des milliers d’années
seront peut-être éclaircis lorsque ces prélèvements — et beaucoup d’autres
pris dans différents fonds coralliens — seront analysés. Les pulsations des
océans au cours des périodes glaciaires seront décelées avec précision.
Notre espoir le plus vif est de contribuer à dresser une image exacte de la
terre depuis vingt mille ans.
Les plongeurs ont retrouvé à la base du récif les traces de la vie qui
a édifié ces murs. Le massif a grandi au fur et à mesure que les minuscules
polypes formaient leur squelette à partir du calcaire contenu dans l’eau de
mer. Les générations de coraux se sont empilées les unes sur les autres
selon le cycle de la nature. Le récif est toujours vivant. Il grandit encore
et on lira sur les parois de la grotte les relations complexes qui existaient
entre la faune et la flore à l’époque des hommes des cavernes. A cette
époque comme maintenant des algues calcaires, encroûtantes, ont maçonné
les Madrépores entre eux.
Ces plongées à grande profondeur et le maniement de la tourelle
Galeazzi ont finalement fatigué tout le monde. C’était pour chacun —
plongeurs, cinéastes, équipage, bosco, et commandant — une cause de
tension nerveuse. Je décide, pour nous détendre, de reprendre l’observation
des tortues dans l’eau et de nous livrer à quelques promenades sous-marines.
