182 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
acquis une réputation mondiale, car il est considéré comme l’ancêtre de
la plupart des vertébrés actuels.
Hélas, il nous a fallu détromper le sympathique pêcheur : son poisson
n’était pas un Coelacanthe, mais il n’est pas impossible qu’il offre tout de
même un intérêt scientifique considérable.
Tamatave
Nous arrivons à Tamatave sous la pluie. Nous venons embarquer les
puces qu’a amenées le cargo de la Havraise péninsulaire, Ville de Brest.
Il faut travailler longuement dans la cale de la Calypso pour y installer
des rails sur lesquels les puces doivent être placées. Mais les engins ont
été construits pour entrer dans les panneaux de cale à 2 centimètres
près. C’est du travail de précision.
Madagascar est très fière que les puces soient embarquées à Tamatave : il faut travailler sous les yeux des journalistes et de la population,
tandis que les photographes prennent des centaines de clichés. La cage
à requins a son succès habituel.
Nous n’avons guère fait de plongées à Tamatave. Le temps n’était
pas favorable et la mer plutôt mauvaise. En revanche ce fut un festival de
fleurs tropicales. Flamboyants, bougainvillées et aussi abondance de fruits :
les lecchis et les mangues étaient mûrs. Nous avions été privés de tout
cela depuis longtemps.
Il y a beaucoup de requins à Tamatave et leur réputation n’est pas
bonne. Pour une fois c’est une réputation qui paraît justifiée. Quand nous
sommes arrivés il venait de se produire deux « accidents » : sur la plage
de Tamatave une jeune fille qui se baignait a eu la jambe coupée par un
requin. Un marin japonais qui était à bord d’un bateau à quai a voulu
pour gagner du temps se rendre du port à la ville à la nage. A moitié
chemin, juste en face du Club Nautique, il a été assailli par un requin.
Un autre marin japonais n’a pas hésité à se jeter à l’eau pour lui venir en
aide, mais il n’a pu que ramener les restes de son camarade.
Ces récits horrifiants et pourtant véridiques nous étonnent un peu.
Depuis plusieurs mois, en Mer Rouge et dans l’Océan Indien, nous avons
côtoyé beaucoup de requins sans avoir à déplorer le moindre « accident ».
Il est vrai que nous autres plongeurs, nous courons moins de risques que
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