178 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
dante : étoiles de mer, oursins de plusieurs espèces, Aplysies*, Doris, coquillages, vivent sur le fond ou à demi enterrés dans la vase...
Je décide de faire une plongée de nuit. Bien m’en prend. Nous
sommes témoins d’une véritable migration d’oursins*. En plongée, nous
avions été intrigués par un nuage de vase qui semblait se déplacer sur
le fond. C’est en nous approchant que nous nous sommes rendus compte
qu’il s’agissait d’oursins en promenade. Ils avancent à une vitesse surprenante que nous mesurons : 400 mètres à l’heure.
En Mer Rouge nous avions pu déjà constater que les mollusques et
les oursins crayons se mettaient en marche la nuit. Mais dans les fonds
de Sainte Marie la vie nocturne semble particulièrement intense. D’autres
Echinodermes* comme les étoiles de mer ainsi que des coquillages accompagnent les oursins dans leur voyage. Nous filmons cette promenade nocturne
dont on n’avait jamais jusqu’à présent enregistré les images. A la lumière
des lampes, les grandes étoiles de mer, mêlées aux oursins dont elles sont
friandes, apparaissent d’un rouge éclatant.
Sous ses piquants l’oursin représente un mets de choix dont les
poissons raffolent, mais qu’ils n’osent pas attaquer. Ces pelotes d’épingles
constituent un abri sûr pour de petits poissons bleus, les Castagnoles ou
Demoiselles* qui viennent chercher refuge entre les piquants. Demoiselles
et oursins semblent inséparables. Même lorsque les oursins se déplacent
et se regroupent plus loin dans la mer, les Castagnoles les suivent et
reprennent leur place au foyer protecteur.
Nous essayons de voir si nous pouvons rompre cette vie en commun.
Nous enfermons des oursins sous des globes en plastique après avoir
chassé les petits poissons bleus. Ceux-ci sont pris d’une véritable panique
et dès que nous soulevons le globe, ils reviennent à toute allure s’installer
entre les piquants.
Il y avait aussi une population d’oursins plus petits, aux piquants
recourbés vers l’arrière, capables de marcher assez vite sur le fond, mais
aussi de s’enterrer rapidement et de faire du chemin sous la vase : des
oursins fouisseurs ! Nous avons assisté au drame d’un coquillage poursuivant un tel oursin, le rattrapant lentement et le poignardant pour le
dévorer. Le mollusque meurtrier était un cône.
Nous n’avons passé que trois jours à l’île Sainte Marie, mais nous
y avons fait du très bon travail. Nous avons notamment filmé pour la
seconde fois des poissons amphibies qui se promènent hors de l’eau, sur
les rochers. Nous en avons déjà observé sur les côtes d’Afrique, mais
perchés sur les racines des palétuviers.
Ce sont les Periophthalmus koelreuteri dont j’ai déjà parlé, ces
dante : étoiles de mer, oursins de plusieurs espèces, Aplysies*, Doris, coquillages, vivent sur le fond ou à demi enterrés dans la vase...
Je décide de faire une plongée de nuit. Bien m’en prend. Nous
sommes témoins d’une véritable migration d’oursins*. En plongée, nous
avions été intrigués par un nuage de vase qui semblait se déplacer sur
le fond. C’est en nous approchant que nous nous sommes rendus compte
qu’il s’agissait d’oursins en promenade. Ils avancent à une vitesse surprenante que nous mesurons : 400 mètres à l’heure.
En Mer Rouge nous avions pu déjà constater que les mollusques et
les oursins crayons se mettaient en marche la nuit. Mais dans les fonds
de Sainte Marie la vie nocturne semble particulièrement intense. D’autres
Echinodermes* comme les étoiles de mer ainsi que des coquillages accompagnent les oursins dans leur voyage. Nous filmons cette promenade nocturne
dont on n’avait jamais jusqu’à présent enregistré les images. A la lumière
des lampes, les grandes étoiles de mer, mêlées aux oursins dont elles sont
friandes, apparaissent d’un rouge éclatant.
Sous ses piquants l’oursin représente un mets de choix dont les
poissons raffolent, mais qu’ils n’osent pas attaquer. Ces pelotes d’épingles
constituent un abri sûr pour de petits poissons bleus, les Castagnoles ou
Demoiselles* qui viennent chercher refuge entre les piquants. Demoiselles
et oursins semblent inséparables. Même lorsque les oursins se déplacent
et se regroupent plus loin dans la mer, les Castagnoles les suivent et
reprennent leur place au foyer protecteur.
Nous essayons de voir si nous pouvons rompre cette vie en commun.
Nous enfermons des oursins sous des globes en plastique après avoir
chassé les petits poissons bleus. Ceux-ci sont pris d’une véritable panique
et dès que nous soulevons le globe, ils reviennent à toute allure s’installer
entre les piquants.
Il y avait aussi une population d’oursins plus petits, aux piquants
recourbés vers l’arrière, capables de marcher assez vite sur le fond, mais
aussi de s’enterrer rapidement et de faire du chemin sous la vase : des
oursins fouisseurs ! Nous avons assisté au drame d’un coquillage poursuivant un tel oursin, le rattrapant lentement et le poignardant pour le
dévorer. Le mollusque meurtrier était un cône.
Nous n’avons passé que trois jours à l’île Sainte Marie, mais nous
y avons fait du très bon travail. Nous avons notamment filmé pour la
seconde fois des poissons amphibies qui se promènent hors de l’eau, sur
les rochers. Nous en avons déjà observé sur les côtes d’Afrique, mais
perchés sur les racines des palétuviers.
Ce sont les Periophthalmus koelreuteri dont j’ai déjà parlé, ces
