50 COMPAGNONS DE PLONGEE
Nous remarquons, pour la seconde fois, le cri grave que nous avons
entendu dans les premiers temps de leur captivité. Serait-ce un cri de
détresse ?
Elles aiment beaucoup le soleil, et elles y resteraient toujours couchées,
si, aux heures les plus chaudes, nous ne les forcions à rester dans leur
piscine.
L’enclos, que nous arrosons abondamment, demeure leur grande consolation. Elles y restent les yeux mi-clos, mais aux aguets. Elles se dressent,
parfois, à demi, pour voir si le chemin de cette mer, devant laquelle elles
rêvent à longueur de journée, est enfin libre.
Nous veillons, car nous devinons très bien maintenant, à certains signes,
ce qu’elles éprouvent. Nous savons que lorsque leurs yeux s’arrondissent
tout grands, et que leurs moustaches se hérissent, cela signifie qu’elles
méditent un mauvais coup. Leurs moustaches sont extrêmement mobiles et
trahissent presque toujours leurs sentiments.
Elles passent leur temps à se nettoyer. Les moustaches, surtout, sont
l’objet de tous leurs soins. Dans le cérémonial de la toilette, elles consacrent
75 à 80 % du temps passé, à s’occuper de leur tête. Elles se grattent le
front, le crâne, les joues, avec une patte postérieure.
La vallée de Jamestown à Sainte-Hélène.
Michel Bernard veut convaincre Christobald de monter sur un tabouret.
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