DES ESKIMOS HEUREUX 217
et une des dernières sociétés communautaires. Un Eskimo, jusqu’à maintenant, ne possédait rien en propre que ses armes, ses outils, son oumiak,
son kayak. S’approprier de la terre inculte ne signifierait rien. Et n’étant
pas un éleveur comme le Lapon, il ne saurait être propriétaire de troupeau.
Les ressources de la nature sont, pour lui, le bien de tous. Il les partage
aussi bien avec ses compagnons qu’avec les étrangers. En revanche, en cas
de maladie, d’accident, toute la communauté est prête à lui venir en aide.
Son souhait n’a jamais été de s’enrichir, mais de se perfectionner, de
devenir de plus en plus habile à la chasse, à la pêche, dans la fabrication
des vêtements, des armes, des pièges, des bateaux. C’était la loi même
imposée par le grand Nord.
Mais c’est aussi dans cette conception même de la vie, que la civilisation moderne a apporté et apportera plus encore de grands bouleversements.
C’est le fondement même de la vie morale dans le Nord qui est en danger.
Face à la société de consommation, les Eskimos ont commencé
d’apprendre la valeur de l’argent et d’acquérir le goût de la propriété. Mais
il n’est pas du tout exclu que le génie de leur race réussisse à sauvegarder
leurs plus hautes qualités. Leur pays étant devenu pour les Occidentaux
un Eldorado à exploiter, ils sont certainement les plus aptes par leurs qualités
physiques, intellectuelles et morales, à le mettre en valeur, tout en acquérant
un plus haut standard de vie. Leur entrée dans le monde moderne ne fait
que commencer.
Les morses se pressent sur les glaces flottantes.
et une des dernières sociétés communautaires. Un Eskimo, jusqu’à maintenant, ne possédait rien en propre que ses armes, ses outils, son oumiak,
son kayak. S’approprier de la terre inculte ne signifierait rien. Et n’étant
pas un éleveur comme le Lapon, il ne saurait être propriétaire de troupeau.
Les ressources de la nature sont, pour lui, le bien de tous. Il les partage
aussi bien avec ses compagnons qu’avec les étrangers. En revanche, en cas
de maladie, d’accident, toute la communauté est prête à lui venir en aide.
Son souhait n’a jamais été de s’enrichir, mais de se perfectionner, de
devenir de plus en plus habile à la chasse, à la pêche, dans la fabrication
des vêtements, des armes, des pièges, des bateaux. C’était la loi même
imposée par le grand Nord.
Mais c’est aussi dans cette conception même de la vie, que la civilisation moderne a apporté et apportera plus encore de grands bouleversements.
C’est le fondement même de la vie morale dans le Nord qui est en danger.
Face à la société de consommation, les Eskimos ont commencé
d’apprendre la valeur de l’argent et d’acquérir le goût de la propriété. Mais
il n’est pas du tout exclu que le génie de leur race réussisse à sauvegarder
leurs plus hautes qualités. Leur pays étant devenu pour les Occidentaux
un Eldorado à exploiter, ils sont certainement les plus aptes par leurs qualités
physiques, intellectuelles et morales, à le mettre en valeur, tout en acquérant
un plus haut standard de vie. Leur entrée dans le monde moderne ne fait
que commencer.
Les morses se pressent sur les glaces flottantes.
